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Spectacle vivant: Le Retour et J'habite une blessure sacrée

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur le spectacle vivant avec les critiques suivants:

  • Joëlle Gayot (France Culture)- Fabienne Pascaud (Télérama)- Brigitte Salino (Le Monde)sur les spectacles suivants:- Le Retour, Harold Pinter, mis en scène par Luc Bondy au Théâtre de l'Odéon, du 18 octobre au 23 décembre

Tournée française et européenne à Luxembourg, Toulouse, Zurich, Rennes, Nice, Grenoble, Milan et Vienne jusqu'en mai 2013.

Joëlle Gayot: Que dit Luc Bondy de sa direction de l'Odéon à travers cette représentation qui en est sans doute l'annonce métaphorique ? Il dit que l'Odéon ne sera pas le théâtre qu'on imagine ou qu'on prévoit. Tout dans le spectacle est décalé et oblige le spectateur à réajuster constamment son regard. On va d'effets de surprises en effets de surprises qui nous déplacent en permanence. : recours aux rôles de composition totalement hors mode, façon de faire d'une pièce anglaise un drame américain. c'est un spectacle qui a tout d'un cloaque où rien n'explose mais tout est menace. c'est passionnant, pénétrant et cela nous poursuit.

Fabienne Pascaud:

J’ai été un peu déçue par le spectacle, d’abord par la traduction de Philippe Djian que j’ai trouvé un peu molle, relâchée et psychologisante.

Djian et Bondy ont essayé de lisser les choses tout en donnant des explications.

Emmanuelle Seigner est une grande prêtresse et la grande maitresse de la fin.

Cette pièce a ce point avantageux qu'elle suscite l’envie d’y retourner.

Brigitte Salino: Cette pièce provoque des effets.

C’est un plateau en or que nous propose Bondy.

Bruno Ganz est un roi prolétaire gracieux, dans la violence, dans la brutalité.

Cette pièce était une bombe en 1965 et maintenant, nous sommes face au trou.

Le Retour n'est une pièce ni américaine, ni prolétaire, mais une famille d’homme. Cette compagnie des hommes est anthropophage. C’est une pièce carnassière.

Arnaud Laporte:

J’ai envie de retourner voir cette pièce pour savoir s’il y a une évolution dans le jeu, s’il y a une plus grande intensité.

Malgré une forte présence de Bruno Ganz, son elocution était un peu heurtée. J’ai été peu convaincu par le basculement du personnage joué par Emmanuelle Seigner.

Jérome Kircher et Micha Lescot ont été époustouflant dès cette avant-première.

La direction d'acteurs de Luc Bondy fait partie pour moi du grand plaisir de cette production.

Le décor faussement naturaliste est très réussi. Il joue sur la frontière d'un espace abstrait, concret et mental.

J'habite une blessure secrète
J'habite une blessure secrète

Joëlle Gayot: Maladroit et artisanal cette représentation signée Mireille Perrier est extrêmement touchante. La chose se fabrique à vue. C'est du théâtre pauvre qui nous permet de ré entendre des choses que nous savons sans les savoir et que l'information, le pus souvent défaillante et trop rapide, ne nous permet pas d'assimiler. Cette pièce, nécessaire, nous permet d'écouter enfin un état du monde qui n'est pas brillant.

Fabienne Pascaud:

C’est un spectacle plein de bonnes intentions mais ça reste de la caricature politique. La mise en scène s’apparent à celles des MJC des années 1970.

C'est désarmant de naïveté.

Brigitte Salino:

Il s’inscrit dans la tendance actuelle du théâtre documentaire.Cette tendance que l’on a vue à Avignon et qui se confirme à la rentrée.

A chaque fois, il y a une tentative, un travail, une enquête.

La bonne cause du théâtre et de la réflexion est mise à mal. On attend le grand soir du théâtre politique.

Les coups de cœurs :

Fabienne Pascaud :

Affiche du spectacle
Affiche du spectacle

C’est une farce noire et surréaliste qui attaque toutes les conventions de la famille bourgeoise.

C’est remarquablement interprété.

Malgré les faiblesses du texte, il faut aller faire un tour voir cette curiosité.

Brigitte Salino :

  • Le Père , de et mis en scène par Florian Zeller au Théâtre Hébertot du 11 septembre au 31 décembre.
Affiche de la pièce
Affiche de la pièce

Florian Zeller fait une mise en scène qui se tient.

La présence de Robert Hirsh est incroyable. C’est un prodige et un miracle. Il est tellement vivant et juste dans son jeu. C’est une leçon de théâtre.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot: les stakhanovistes du théâtre privé.

Et le coup de fil de Seham Boutata au chorégraphe réunionnais Eric Languet pour le Festival de danse Instances à la scène nationale de Châlon-sur-Saône.

Pastille introductive: Jean-Luc MOREAU

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