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à gauche : "L'Ecole des femmes" (© Simon Gosselin), à droite : "Le Grand Sommeil" (© Matthieu Bareyre), "Demi-Véronique" (© Jean-Louis Fernandez) et "Avion papier" (© Arthur Delaval)

Spectacle vivant : L'Ecole des femmes, "cette pièce a aujourd’hui encore son importance"

55 min
À retrouver dans l'émission

La Dispute spectacle vivant se consacre à "L'Ecole des femmes" dans une mise en scène de Stéphane Braunschweig, "Demi-Véronique" par le collectif La vie brève et "Le grand sommeil" de Marion Siéfert. Jean Christophe Brianchon nous fait part de son coup de cœur pour "Avion papier".

à gauche : "L'Ecole des femmes" (© Simon Gosselin), à droite : "Le Grand Sommeil" (© Matthieu Bareyre), "Demi-Véronique" (© Jean-Louis Fernandez) et "Avion papier" (© Arthur Delaval)
à gauche : "L'Ecole des femmes" (© Simon Gosselin), à droite : "Le Grand Sommeil" (© Matthieu Bareyre), "Demi-Véronique" (© Jean-Louis Fernandez) et "Avion papier" (© Arthur Delaval)

"L'Ecole des femmes", jusqu'au 29 décembre à l'Odéon, Théâtre de l'Europe

De : Molière Mise en scène : Stéphane Braunschweig

Présentation officielle : Lue d’aujourd’hui, L’École des femmes distille un fort malaise. Malaise devant la folie totalitaire d’Arnolphe, qui a tenu à l’écart du monde une jeune fille depuis ses quatre ans dans le projet de l’épouser; malaise devant l’ignorance de cette jeune fille, dont on ne sait si elle relève d’une inadaptation au monde ou d’une ruse de survie. Cette situation d’enfermement, à la fois physique et idéologique, est d’une violence rare; la cruauté qui en découle va peu à peu se retourner contre Arnolphe avec l’intensité des cauchemars. Toute la pièce se déroule devant la maison qui “abrite” Agnès. Mais Molière a ménagé de mystérieuses ellipses entre les actes, pour des scènes qui se passent dans le secret de la maison, et qui seront ensuite – plus ou moins…– racontées. Autant d’espaces de fantasme et d’appels à s’engouffrer dans le roman caché de la pièce. Comme il l’avait fait pour Tartuffe (Odéon, 2008), c’est ce roman que Stéphane Braunschweig se propose d’explorer. Au théâtre d’entrebâiller les volets fermés – pour découvrir peut-être une autre Agnès, celle qui échappe au fantasme d’Arnolphe – et de faire résonner le comique, aussi noir qu’étrange, de la folie moliéresque.

Avec : Suzanne Aubert, Laurent Caron, Claude Duparfait, Glenn Marausse, Thierry Paret, Ana Rodriguez et Assane Timbo

L'avis des critiques :

Faire entendre cette pièce aujourd’hui me paraît relever de la salubrité publique. Je ne vois quasiment que des qualités dans ce spectacle. Le travail scénographique nous donne des images assez saisissantes, assez belles. Je trouve que la vidéo utilisée très sobrement, l’est assez justement, tout comme le travail sonore entre les actes. Il y a quelque chose de très juste et une forme d’élégance inquiétante. Arnaud Laporte

On a peut-être un choix qui retourne quasiment de l’opportunisme sociétal. Toutefois, un prétexte à une mise en scène permet-il d’avoir un propos ? Je trouve Suzanne Aubert effectivement très intéressante, mais ce qui transpire du jeu, c’est le surlignage de la mécanique du texte que l’on connait déjà. La mise en scène est très belle, mais d’une beauté qui peut laisser un peu froid. Jean-Christophe Brianchon

Quand une pièce de Molière est montée, on s’attend à un point de vue sur l’œuvre, ce que je n’ai pas vraiment vu. La pièce commence dans une salle de sport tout à fait masculine. Il y a quelque chose un peu de l’ordre de la farce. Les acteurs sont virtuoses, mais je trouve que c’est quand même une pièce avec un point de vue minime. Marie Sorbier

Je trouve ça intéressant comme regard sur cette pièce qui est très agréable. J’aime comme il creuse le trouble, le grotesque et le pathétique, instaurant un rapport assez intéressant avec Arnolphe. Toute la vision de la femme qui doit être belle mais pas trop, sotte mais pas trop, faisait que je voyais en transparence Trump et sa femme. Je trouve que la peur de la femme jaillit par tous les pores de Claude Duparfait. Pour moi cette pièce a aujourd’hui encore son importance. Marie-José Sirach

"Demi-Véronique", jusqu'au 17 novembre au Théâtre des Bouffes du Nord

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A partir de : la cinquième symphonie de Gustav Mahler Une création collective de : La vie brève

Présentation officielle : La cinquième symphonie de Mahler est la matrice de cette création. Ce qui frappe, ce qui captive au sens physique du terme quand on écoute la cinquième de Mahler c’est cette oscillation entre une humanité sans limite et une douce ironie. Elle ouvre des espaces intérieurs, elle nous fait passer d’une sombre mélancolie à une sauvagerie panique, elle trimbale des mondes secrets qui ne demandent qu’à percer, à naître ou renaître.

Alors voilà : nous avons mis toute cette musique en nous, dans les recoins les plus profonds de nos corps et de nos cœurs et nous avons composé Demi-Véronique, une épopée musicale et théâtrale dans un intérieur calciné, une maison ravagée par le feu. La Demi-Véronique en tauromachie est le nom d’une passe durant laquelle le torero absorbe le taureau dans l’éventail de sa cape, le conduit dans une courbe serrée jusqu’à sa hanche, en contraignant l’arrêt de sa charge. Comme le soupir en musique, c’est une pause, une suspension à partir de laquelle tout peut recommencer et se transformer.

Et voici entre autres : un homme cherchant le cycle des métamorphoses, un poisson invincible, un baiser fumant, des oreilles capricieuses, un émiettement mélancolique, une maison-tragique, un cœur lourd comme le monde, le petit cirque humiliant des contradictions humaines et une biscotte récalcitrante.

Avec : Jeanne Candel, Lionel Dray et Caroline Darchen

"Demi-Véronique" (© Jean-Louis Fernandez)
"Demi-Véronique" (© Jean-Louis Fernandez)

L'avis des critiques :

C’est vraiment une fantaisie musicale totalement déjantée, un parcours ouvert. Ce M. Loyal met tout le monde dans sa poche d’entrée de jeu et puis tout à coup la musique commence et on n’a plus une parole. Il y a le côté hollywoodien de cette musique qui rejaillit partout, avec en permanence un cadavre exquis, puisqu’un geste va en appeler un autre. Cette construction est assez enthousiasmante et c’est un moment vraiment agréable. Marie-José Sirach

J’y ai vu une parabole biblique pour moi assez limpide sur le côté mystique. Ce qui est malin c’est d’avoir associé cette figure de Véronique à la Cinquième de Malher, qui a été composée quand le compositeur était dans un face à face avec la mort. Je vois une parabole des ténèbres vers la lumière. On a une maison brûlée en incipit, totalement noire, avant que se fassent des trouées de lumière. J’ai trouvé Jeanne Candel très juste, ce sont les passages que j'ai trouvés les plus forts. Marie Sorbier

C’est un spectacle très ouvert, voire peut-être brouillon dans la réception qu’on peut en avoir. C’est un spectacle fondamentalement triste, tragique par moment, avec des personnages ancrés dans un discours pessimiste. C’est un spectacle sur la décomposition et notre décomposition. C’est à nous de traverser cette noirceur jusqu’a éventuellement aboutir à quelque chose. Jean-Christophe Brianchon

J'ai un fort souvenir d'une performance de "La vie brève" dans une église désacralisée. J'en parle parce que c'est une des matrices de "Demi-Véronique". Il n’y avait pas non plus de paroles, mais des sons des corps qui s’exprimaient très forts. Je pense que ce spectacle est encore une fois une étape, où un bout du chemin, dans l'exploration des formes de représentations que "La vie brève" mène depuis des années. Arnaud Laporte

"Le Grand Sommeil" jusqu'au 17 novembre à La Commune, centre dramatique national d'Aubervilliers

"Le Grand Sommeil" (© Marion Sieüfert)
"Le Grand Sommeil" (© Marion Sieüfert)

De : Marion Siéfert

Présentation officielle : Le second spectacle de la jeune metteure en scène Marion Siéfert scrute les zones d’ombre de l’enfance : sa part de fantasme, son goût de l’obscène et du monstrueux, sa radicale insolence, son sens du plaisir et du jeu, son exigence vis-à-vis du monde des adultes.

Le Grand Sommeil, c’est celui où se déploient les rêves effrayants et fantasques de Jeanne, le personnage au cœur de la pièce de Marion Siéfert. Jeanne est une pré-adolescente de onze ans qui a collaboré aux répétitions avant d’en être écartée pour des raisons liées à la législation du travail des enfants. Le spectacle s’est alors recomposé pour faire de cette absence le centre névralgique de la pièce. D’un duo entre enfant et adulte, nous sommes passés à un solo vertigineux, tout entier porté par la danseuse, performeuse et chorégraphe Helena de Laurens. Par sa présence explosive, elle donne corps à un personnage monstrueux et hybride : ni enfant, ni adulte, Jeanne-Helena est cette « enfant grande » qui se joue des âges, de la bienséance et des idées reçues sur ce que doivent être les petites filles. La mise en scène de Marion Siéfert fait jouer au corps et à la voix des partitions distinctes, qui se répondent, se font écho ou jouent du contrepoint, recherchant constamment la surprise. Exploitant le corps longiligne de l’interprète, la chorégraphie manie avec jouissance la grimace, l’excès et la fragmentation du corps. Au fil d’une performance d’une folle intensité, le spectacle révèle ce que cet âge peut avoir de brutal et d’inquiétant, et donne à entendre l’exigence de tout enfant d’être considéré avec le sérieux d’un adulte.

Prochaines dates :

  • 20 > 22 novembre : La Ménagerie de Verre

L'avis des critiques :

On a un spectacle performatif où Helena de Laurens incarne une adulte et une enfant, qui aurait dû être là, mais n’a pu l’être. C’est une adulte qui nous parle de l’enfance avec un sac qui en est le symbole. C’est un spectacle assez fort et assez dérangeant dans l’image qu’il nous donne de l’enfance et des adultes que nous sommes. Helena de Laurens est formidable dans son jeu, avec un phrasé qui est celui des enfants. Jean-Christophe Brianchon

C’est une performance troublante et dérangeante. Jeanne qui a onze ans est en train de sortir de l’enfance pour s’ouvrir à ce monde avec une certaine candeur. Pourtant cette enfant n’est pas dupe. Elle change d’avis assez souvent, a un regard extrêmement juste. Le corps parle sans qu’elle sache tout nommer, dans un va et vient permanent. Cette actrice a un côté sorcière, quelque chose de captivant. Marie-José Sirach

On entend parfois dire dans le théâtre français qu’il manque de corps. La véritable découverte pour moi est ici Helena de Laurens. C’est un spectacle qui m’a mise très mal à l’aise, ce qui est un compliment. C’est un spectacle qui nous montre une monstruosité de l’enfance. Elle cache mal la sorcière qui est en elle. Elle a un corps très étonnant et joue avec comme une contorsionniste. Marie Sorbier

>> LE COUP DE CŒUR DE JEAN-CHRISTOPHE BRIANCHON : "Avion papier" du collectif La Méandre, en tournée

Présentation officielle : « Avion Papier » est un spectacle en caravane à la croisée des arts numériques, de la musique et du théâtre d’objets. À l’intérieur de ce micro-cinéma à roulettes l’on découvre un film d’animation, dont les personnages s’échappent et déambulent dans la caravane. Il y a aussi des inventions mécaniques. Elles cliquettent là au creux de votre oreille. Et puis vous n’êtes pas seul dans ce voyage. Un musicien est votre hôte. Il vous laisse pénétrer dans un paysage enfantin et onirique, et jongle avec divers instruments desquels se déversent de lumineuses mélodies.

Prochaines dates : 

  • 30 et 31 mars – Eaubonne en fête (Eaubonne)
  • 3 et 4 avril – La Cave aux Poètes (Roubaix)
  • 20 et 21 avril – Ville de Saint Denis (Saint-Denis)
    mai – FIMFA (Lisbonne, Portugal)
  • 31 mai, 1er et 2 juin - La Passerelle (Gap) / à confirmer
  • 8 et 9 juin – Graines de rue (Bessines)
  • 22 et 23 juin – Drôle de vie au Château (Oignies) / à confirmer 
  • 29 juin – Théâtre Jean Vilar (Bourgoin-Jallieu)
  • 20 juillet – Festival en Plein Art (Talence)
  • 27 et 28 juillet – Puppet Buskers Festival (Belgique)
  • 1,2,3 août – Festival Passage (Helsingør, Danemark)

En Europe c’est un spectacle qui circule dans une caravane avec tout un décor en bois créé à chaque fois. C’est une forme très courte, qui dure une vingtaine de minutes. Arthur Delaval est assis et on assiste à la projection d’un film tandis qu’il créé une partition musicale. C’est très onirique. Jean-Christophe Brianchon

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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