LE DIRECT
En haut : "La Trilogie de la vengeance" (© Elizabeth Carecchio), à gauche : "Veillée de famille" (© Giovanni Cittadini Cesi), à droite: "Les Chaises" (© Régis Durand de Girard)

Spectacle vivant : La Trilogie de la Vengeance, "un mélodrame maladroit et calibré sur les séries télé"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au programme de cette Dispute figurent trois pièces : "Les chaises" au Théâtre de l'Aquarium, "La Trilogie de la Vengeance" aux Ateliers Berthier et "Veillée de famille" au théâtre du Rond-Point. Enfin, un coup de cœur d'Arnaud Laporte pour “Place des héros”, à voir au théâtre des Gémeaux à Sceaux.

En haut : "La Trilogie de la vengeance" (© Elizabeth Carecchio), à gauche : "Veillée de famille" (© Giovanni Cittadini Cesi), à droite: "Les Chaises" (© Régis Durand de Girard)
En haut : "La Trilogie de la vengeance" (© Elizabeth Carecchio), à gauche : "Veillée de famille" (© Giovanni Cittadini Cesi), à droite: "Les Chaises" (© Régis Durand de Girard)

"Les Chaises" jusqu'au 14 avril au Théâtre de L'Aquarium

"Les Chaises" (© Régis Durand de Girard)
"Les Chaises" (© Régis Durand de Girard)

De : Eugène Ionesco Mise en scène : Bernard Lévy 

Présentation officielle : On connaît l’histoire : un couple âgé a convié le ban et l’arrière-ban pour lui délivrer un ultime message au monde avant de… Mais, pour toute assistance, seules des chaises vides envahissent leur petit appartement... Le merveilleux de la mise en scène de Bernard Lévy est de nous faire redécouvrir ce « classique du XXème siècle » comme si c’était la première fois, à mille lieux de tous nos a priori, et par la grâce de ses deux immenses interprètes que sont Emmanuelle Grangé et Thierry Bosc (ce dernier étant aussi, pour la petite et belle histoire, un des fondateurs de l’Aquarium !). Ici, l’écriture de Ionesco (tout sauf « absurde » une fois débarrassée des clichés qui nous encombrent l’œil et l’oreille !) sonne à plein, débordante de poésie, d’humour, de violence, d’érotisme, de tendresse surtout. Car si tout se déglingue autour de ces deux vieux amants, le monde comme leur mémoire, seul semble résister l’immense mystère qu’est l’amour de toute une vie.

Avec : Thierry Bosc, Emmanuelle Grangé, Michel Fouquet

C'est une lecture très prudente mais sensible du texte de Ionesco pour une pièce très maitrisée mais un petit peu académique. Même si cet académisme n’est pas dérangeant,  j’ai l’impression que cela évacuait le vrai existentialisme de la pièce.  C’est une lecture beaucoup plus sentimentale et concentrée sur les dynamiques de couple qui enlève un peu la folie du texte. Thomas Corlin 

On assiste à une belle histoire d’amour. L’intérêt de la mise en scène de Bernard Lévy est de faire ressortir ce trait là de la pièce de Ionesco. Le couple constitué par Thierry Bosc et Emmanuelle Grangé est formidable.  Marie Sorbier 

La mise en scène m’a permis d’entendre le texte et d’être pour la première fois bouleversée par Eugène Ionesco. Lily Bloom

« La Trilogie de la Vengeance » jusqu’au 21 avril à l’Odéon - Théâtre de l’Europe (Ateliers Berthier)

"La Trilogie de la Vengeance" de Simon Stone (© Elizabeth Carecchio)
"La Trilogie de la Vengeance" de Simon Stone (© Elizabeth Carecchio)

Texte et mise en scène : Simon Stone D'après : John Ford, Thomas Middleton, et William Shakespeare

Présentation officielle : Sa Medea l’avait prouvé, ses Trois Sœurs l’ont confirmé : Simon Stone aime les grands rôles de femme et les réécrit pour notre temps avec une singulière acuité. Cette fois-ci, c’est dans un dialogue avec trois grands dramaturges élisabéthains qu’il puise les matériaux de son travail. Shakespeare, Middleton ou Ford ont inventé une manière nouvelle de représenter la violence, dont l’influence se fait encore sentir aujourd’hui à la télévision ou au cinéma. Mais du même coup, et en particulier dans leurs “tragédies de la vengeance”, c’est un certain partage des rôles entre masculin et féminin qui est reconduit jusqu’à nos jours. Un partage en vertu duquel les femmes sont traitées en criminelles ou en victimes. Souvent objets, à peine sujets, quasiment toujours aliénées. Infâmes à moins d’être innocentes. Actives, elles sont transgressives : leur volonté d’indépendance est un crime de lèse-majesté patriarcale qui doit être châtié. Et passives, elles sont livrées à l’agression des mâles. Autour d’elles ou en elles rôde le monstrueux. Le féminin dont ce théâtre porte souvent témoignage est un point aveugle où se nouent les désirs et les angoisses des hommes. Le drame élisabéthain, en exhibant et en exploitant l’horreur d’un tel statut, a joué de la trouble fascination qu’il peut exercer. Stone veut interroger cet héritage, faire l’autopsie de son obscénité, en le portant sur une triple scène pour le mettre à l’épreuve de la voix des femmes. Une troupe presque exclusivement féminine (un homme, un seul, s'est glissé parmi parmi elles) nous guide dans cette descente aux enfers de la violence misogyne.

Avec : Valeria Bruni Tedeschi, Éric Caravaca, Servane Ducorps, Adèle Exarchopoulos, Eye Haïdara, Pauline Lorillard, Nathalie Richard, Alison Valence et la participation de Benjamin Zeitoun.

J’ai eu la désagréable sensation d’assister à un mélodrame maladroit et calibré sur les séries télé avec un fond potentiellement problématique. La structure utilisée est finalement assez pauvre et binaire. Il y a une surcharge dans l’écriture. Le seul intérêt qu’on pourrait trouver est  le caractère aléatoire de la pièce qui crée une ambiguïté morale. Thomas Corlin 

La pièce est un tour de force technique mais le fond est vraiment un prétexte à une série télé, une espèce de tragédie en creux. Je n’ai entendu aucune trace des auteurs convoqués à part la volonté de faire une tragédie contemporaine. Il n’y a aucune finesse mais une pauvreté dans le style d’écriture assez marquante. Marie Sorbier 

Il est très triste de voir beaucoup d’énergie et de travail déployé pour un résultat qui ne raconte à peu près rien, ni sur le fond, ni sur les rapports humains, ni sur les perversions, ni sur la vengeance. Les interprètes sont tous formidables mais le texte demeure pauvre. Arnaud Laporte

« Veillée de famille », jusqu’au 7 avril au Théâtre du Rond-Point

"Veillée de famille" de Gilles Gaston-Dreyfus (© Giovanni Cittadini Cesi)
"Veillée de famille" de Gilles Gaston-Dreyfus (© Giovanni Cittadini Cesi)

Texte et mise en scène : Gilles Gaston-Dreyfus

Présentation officielle : Agonie de la mère. Elle meurt tranquille, là-bas au fond du couloir. Deux frères et une soeur, la cinquantaine ou un peu plus, veillent. Ils attendent, vont et viennent, évitent les non-dits anciens, fouillent les secrets de famille qui n’en sont pas vraiment. Les lumières de la hotte et du réfrigérateur de la cuisine vieillotte éclairent les parts d’ombre. Comptes à régler au sujet du train électrique cassé, silences à rompre, haines à bon compte, souvenirs de gosses à déterrer... C’est une histoire de rien et de tout, une histoire de vie. La fratrie s’illustre dans tous ses états. Ils passent le temps, s’entraident et s’entretuent, rient, pleurent, s’aiment encore et toujours, malgré tout et malgré eux. La bagarre est drôle et noire. Tout le monde tue sa mère, personne ne veut la voir mourir.

Avec : Dominique Reymond, Gilles Gaston-Dreyfus, Stéphane Roger

Un spectacle de néo-boulevard qui est plutôt anecdotique, assez gras et qui empile des lieux communs sur les liens familiaux. Cela m’a laissé indifférent. C’est efficace, bien exécuté mais c’est très daté. Thomas Corlin

J’ai été bloquée par l’archétype du personnage joué par Dominique Reymond qui était en force et en caricature. Je n’ai pas passé un mauvais moment mais il ne m’en reste vraiment pas grand-chose. Marie Sorbier

Cette mise en scène est une sorte de néo-boulevard avec une écriture basée sur la quotidienneté et l’efficacité. Elle n’utilise pas les points de tension qui pourraient en faire une très belle pièce. Lily Bloom 

>> LE COUP DE CŒUR D'ARNAUD LAPORTE POUR : “Place des héros”,  à voir jusqu’au 31 mars au Théâtre des Gémeaux (Scène nationale - Sceaux)

"Place des héros" (© Crédit : D. Matvejevas)
"Place des héros" (© Crédit : D. Matvejevas)

♪ Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......