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Spectacle vivant : Les revenants & Solness le constructeur

59 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir La Dispute s’intéresse au spectacle vivant en présence des critiques suivants :

  • Joëlle Gayot (France Culture)

  • Fabienne Pascaud (Télérama)

  • René Solis (Libération)

Seront abordés les spectacles suivants :

Les Revenants
Les Revenants Crédits : © Mario Del Curto - Radio France

"Les Revenants", c’est d’abord UN revenant, le fils prodigue, Osvald, joué par Eric Caravaca, qui retourne auprès de sa mère, Frau Alving (Valérie Dréville) dans la maison familiale, isolée au bord d’un fjord. Frau Alving s’apprête à inaugurer, le lendemain, un orphelinat en mémoire de feu son mari, le Capitaine et Sénateur Alving. Dans la maison, une charmante bonne, Régine, c’est Mélodie Richard, à laquelle Osvald n’est pas du tout insensible. Il faut y ajouter le pasteur Manders, François Loriquer, vieil ami de la famille, et le père de Régine, le Menuisier Engstrand, Jean-Pierre Gos, et la distribution est complète.

Evidemment, comme on est chez Ibsen, de lourds et scandaleux secrets ne vont pas tarder à revenir à la surface, voici d’autres revenants, d’autant que si Osvald est revenu chez sa mère, c’est parce qu’il porte en lui une maladie aussi honteuse que mortelle, dont l’origine est sans doute à chercher du côté des turpitudes paternelles. « Les fautes des pères retombent sur leur enfant » est d’ailleurs une des répliques et un des thèmes majeurs de la pièce.

La pièce, écrite en 1881, avait fait scandale à l’époque à cause de ce qu’Ibsen dévoilait de la face cachée de la bonne bourgeoisie. Dans l’adaptation qui en est faite par Thomas Ostermeier et Olivier Cadiot, en fait la traduction en français d’une première adaptation du texte par Ostermeier pour la troupe néerlandaise du Toneelgroep d’Ivo van Hove à Amsterdam, Osvald est vidéaste, ce qui permet à la mise en scène de jouer avec l’image vidéo, filmée et projetée en direct sur scène, ou faisant office de décor mouvant sur les trois pans de mur, plus un grand carré en bois. Au milieu, un espace de réception, salle à manger d’un côté, salon de l’autre, installé sur un plateau tournant, qui ne se prive pas de tourner, beaucoup. Une scénographie du vieux complice d’Ostermeier, Jan Pappelbaum.

Ostermeier affectionne particulièrement les pièces d’Henrik Ibsen. C’est sa sixième incursion dans l’univers du Norvégien, depuis "Nora, Une maison de poupée" en 2002, en passant par Solness le constructeur (pour la télévision autrichienne), "Hedda Gabler", J"ohn Gabriel Borkman" et "Un ennemi du peuple" l’an dernier.

Antoine Guillot

Solness le constructeur
Solness le constructeur

Solness est un constructeur, le titre de la pièce n’est pas mensonger. Un bâtisseur d’églises, qui construit maintenant des « foyers pour hommes ». Quoique brillant, il est en fin de carrière, craint plus que tout que la jeunesse « frappe à sa porte » et lui prenne sa place. Pour l'éviter, il garde sous son aile le jeune Ragnar. Il vit avec sa femme, épouse résignée à cause d’une tragédie, encore un passé sinistre derrière les personnages d’Ibsen. Et voilà que, pour de bon, frappe à sa porte une jeune fille, Hilde, qui vient dix ans après une première rencontre réclamer son dû.

Scénographie réaliste et monumentale pour cette mise en scène, qui, Fabienne Pascaud mis à part, ne rencontre qu’éloges dans la presse. Une « mise en scène remarquable de précision » pour Hugues Le Tanneur dans "Les Inrockuptibles", « magistrale mise en scène » pour notre confrère en Dispute de "La Croix", Didier Méreuze, « tout simplement du grand théâtre, comme on n’en voit pas si souvent aujourd’hui » pour Fabienne Darge dans "Le Monde", et encore « la perfection théâtrale est peut-être de ce monde » pour le critique des "Echos", Philippe Chevilley.

Antoine Guillot

Ainsi que le coup de griffe de René Solis:

-Yukonstyle, de Sarah Berthiaume, mise en scène de Célie Pauthe au Théâtre de la Colline jusqu'au 27 avril.

Pour moi ce n'est pas du tout un coup de coeur. J'ai envie de pousser un grand cri de haine contre le théâtre québécois. Moi qui d'habitude aime bien la "telenovela", là ça me laisse froid. On a des personnages très attachants, des saynètes pour que le public ne s'ennuie pas. J'ai beaucoup d'estime pour Célie Pauthe, elle est au service du texte, mais il n'y a pas une seconde dans ce spectacle où on n'est pas en train de raconter quelque chose de très fort.

René Solis

Et le coup de coeur de Fabienne Pascaud:

- Cri et Ga cherchent la paix,de Philippe Minyana mis en scène par Frédéric Maragnani jusqu'au 28 avril au théâtre du Rond-Point.

C'est une forme étonnamment nouvelle, mise en scène avec des moyens minimalistes et novateurs. Ca palpite, il y a des formes radicales, ça respire. La pièce présente deux amis à la "Bouvard et Pécuchet" qui explorent la vie et la nature. Cela brille par la simplicité des émotions et la limpidité de l'écriture. Un émerveillement théâtral dans un décor onirique.

Fabienne Pascaud

Sans oublier la revue de presse culturelle de Christophe Payet.

Et le coup de fil passé à Jérôme Lecardeur, directeur de la Scène Nationale de Poitiers pour le festival "à Corps" du 5 au 12 avril à la Scène nationale de Poitiers.

Pastille introductive: Jacques Lassalle

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