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"Mary said what she said" © Lucia Jansch, "Cataract Valley" © Simon Gosselin, "Vues Lumièr es" © Tuong-Vi Nguyen

Spectacle vivant : Mary said what she said, "un requiem royal, éthéré et acrobatique"

56 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de cette Dispute dédiée au spectacle vivant : "Mary said what she said" au Théâtre de la ville (Espace Cardin), "Cataract Valley" au Théâtre de l'Europe - Odéon (Berthier), "Vues Lumière" au Théâtre de La Colline (Petit Théâtre). Enfin, un coup de coeur de Jean-Christophe Brianchon.

"Mary said what she said" © Lucia Jansch, "Cataract Valley" © Simon Gosselin, "Vues Lumièr es" © Tuong-Vi Nguyen
"Mary said what she said" © Lucia Jansch, "Cataract Valley" © Simon Gosselin, "Vues Lumièr es" © Tuong-Vi Nguyen

"Mary said what she said" jusqu'au 6 juillet au Théâtre de la ville (Espace Cardin)

© Lucie Jansch
© Lucie Jansch

Mise en scène: Robert Wilson  Texte : Darryl Pinckney

Présentation officielle : Le toujours inventif Robert Wilson offre à la grande Isabelle Huppert le trône de Mary Reine d’Écosse, la souveraine qui, à cause de ses passions, perdit sa couronne. Mary est une femme qui a combattu les forces de l’histoire pour contrôler son destin. La veille de son exécution, elle lutte, encore ; elle lutte cherchant la voix pour interpeller la justice céleste. Elle écrit l’histoire. Il y eut son enfance à la cour de France. Puis un veuvage prématuré mit un terme à sa danse. Elle se souvient. Elle avait regagné l’Écosse. Braver la captivité était sa nature. Elle voulait un homme fort. C’est le commencement. Elle se marie, a un fils, et le meurtre survient. Rien n’est plus pareil, la vie prend un autre rythme. Catholiques, Protestants, Mary, Elizabeth, L’Amour, La Mort. Fuir était son destin et c’est ainsi que son règne prit fin. Elle n’essaya pas d’avoir la vie sauve. Elle tenta de se perpétuer. À son dernier matin, Mary Reine d’Écosse était vêtue de rouge.

L'avis des critiques : 

Contrairement à d’habitude, Bob Wilson allie avec un grand talent la chair et l’esprit. L’émotion passe par le texte que j’ai personnellement trouvé très beau même s’il est parfois un petit peu abscon. On retrouve certains des mécanismes habituels de Bob Wilson mais déshabillés de ce qui pouvait parfois m'ennuyer dans ses précédentes créations. Jean-Christophe Brianchon 

J’ai trouvé qu’il y avait plus de chair dans ce spectacle. Je pense que cela tient paradoxalement aux ratés. Hupert est très en danger sur cette scène. Elle reproduit des mouvements chorégraphiques habituellement réalisés par des corps sportifs. Elle s’essouffle. Cela donne à la pièce quelque chose de fragile et peut-être une valeur particulière. Lucile Commeaux

Un beau requiem royal, éthéré et acrobatique. Il y a une très belle écriture nerveuse mais la tragédie reste abstraite, éclatée, hermétique. C’est un peu de l’art pour l’art. On est dans la très belle performance plastique, esthétique mais je suis un peu frustré au bout du compte. Philippe Chevilley 

"Cataract Valley" jusqu'au 15 juin au Théâtre de l'Europe - Odéon (Berthier)

"Cataract Valley" © Simon Gosselin
"Cataract Valley" © Simon Gosselin

D'après Jane Bowles

Adaptation et mise en scène Marie Rémond et Thomas Quillardet

Présentation officielle :

Elle a incarné André Agassi sur scène. À la Colline, elle a rendu la parole à Barbara Loden, la femme d’Elia Kazan. Avec Sébastien Pouderoux, elle a réinventé à la Comédie-Française une mémorable séance d’enregistrement de Bob Dylan. Marie Rémond a décidément un sens très sûr des singularités américaines. Cette fois-ci, elle s’intéresse à Jane Bowles. De son vivant, celle-ci n’a publié que trois livres. Ils suffisent à lui valoir l’admiration de ses pairs : son époux, Paul Bowles, mais aussi Tennessee Williams ou Truman Capote. Son humour énigmatique a la grâce des ponts jetés sur les abîmes. Ses intrigues reposent sur des non-dits, des secrets, des désirs mal compris ou à demi inavouables. Ses personnages de femmes, “incapables de s’acclimater au monde qu’on leur propose”, livrées au flux tourbillonnant de leurs émotions, se heurtent à des choix minuscules qui semblent décider du restant de leur existence tout en étant invisibles du dehors. Pourquoi Harriet manipule-t-elle les sentiments de Beryl, “serveuse blonde et courtaude au regard têtu” ? Pourquoi sa jeune sœur, Sadie, vient-elle lui rendre une visite inopinée ? À Camp Cataract, mi-camp de vacances mi-sanatorium, la folie n’est jamais très loin... 

L'avis des critiques : 

Une belle expérience sensorielle et une réflexion sur le féminin et le féminisme. L'adaptation de Marie Rémond et Thomas Quillardet réussit à capter l’essence du travail de Jane Bowles. Lily Bloom

On ressent assez bien l’univers de Jane Bowles entre le mélodrame réaliste et la comédie grinçante onirique. J'ai toutefois un petit reproche dans cet entre-deux. Le jeu pourrait être un petit plus fort. On a parfois l’impression que c’est assez factice. Philippe Chevilley 

J’ai été saisie d’une constante émotion. Le spectacle est magnifique. L’espace est à la fois scénique et mental. Lucile Commeaux 

Le problème se situe au niveau théâtral et non pas textuel. Bien qu’il s’agisse de parti pris, la mise en scène ne permet pas de rentrer dans la tempête intérieure du personnage interprétée par Marie Rémond. L’espace, selon moi mal occupé, ne ne nous permet pas d'entrer dans le jeu. Jean-Christophe Brianchon 

"Vues Lumières" jusqu'au 5 juin au Théâtre de La Colline (Petit Théâtre) 

"Vues Lumière" Photo de répétitions © Tuong-Vi Nguyen
"Vues Lumière" Photo de répétitions © Tuong-Vi Nguyen

Concept et mise en scène :  Isabelle Lafon

Ecriture collective et interprétation Marion Canelas, Karyll Elgrichi, Pierre‑Félix Gravière, Johanna Korthals Altes, Isabelle Lafon, Judith Périllat

Présentation officielle : Vues Lumière trouve son titre dans l’évocation des premiers films de l’histoire du cinéma réalisés par les frères Lumière à la fin du XIXe siècle. Ils ont comme particularités d’être courts et de présenter un point de vue unique sur le sujet cadré. C’est là que réside la poésie de ces témoignages sur pellicule : un mouvement en silence et surtout le hors-champ infini et mystérieux.

Que nous révèle et que nous cache ce groupe composé de quatre femmes et d’un homme ? Esther est employée à La Poste, Fonfon est mécanicienne, Georges est ouvrière paysagiste pour la ville de Paris, Shali est assistante maternelle et Martin est veilleur de nuit dans un hôtel. Tous décident de se réunir de façon hebdomadaire dans un centre social de l’Est parisien.

L'avis des critiques : 

Une pièce faussement simple mais vraiment brillante. (…) Le spectacle m’a beaucoup plu au-delà du simple divertissement. Les personnages sont très affirmés et présents. L’écriture de plateau est faite ainsi intelligemment pour que l’on soit mis de leur côté. Jean-Christophe Brianchon 

Les comédiens et comédiens sont exceptionnels. Mais l’idée romantique de la pièce, dans le contexte social actuel, me met mal à l’aise. Lily Bloom 

Une sympathique tentative de théâtre d’improvisation qui veut dire la vie et se fige complètement sur le plateau. L’idée n’est pas assez travaillée. Les personnages ne sont pas incarnés. (…) Un documentaire, avec ce qu’il peut avoir de froid, donnerait plus d'émotion que ce que j’ai vu sur scène. Philippe Chevilley 

LE COUP DE COEUR DE JEAN-CHRISTOPHE BRIANCHON : "Sleep No More" à New-York

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Une expérience qui se situe entre l’adaptation du Macbeth de Shakespeare et des films d’d’Alfred Hitchcock. (...) C'est un spectacle intéressant car cela permet de retracer le succès que connaît aujourd'hui le théâtre immersif à Paris. Accessoirement, le spectacle a une ampleur bien supérieure à ce que l'on peut voir à Paris ou ailleurs puisqu'elle se passe dans un espace de 9000m2. Jean-Christophe Brianchon 

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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