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Spectacle Vivant: Memories from the Missing Room et Le Tartuffe

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité du spectacle vivant avec les critiques suivants:

  • Joëlle Gayot (France Culture)- Anna Sigalevitch (France Culture) - Fabienne Pascaud (Télérama) sur les spectacles suivants: - Memories from the Missing Room , Philippe Dupuy et Marc Lainé, au Théâtre Bastille du 10 septembre au 7 octobre.
Le groupe Moriarty
Le groupe Moriarty

Joëlle Gayot : C'est un spectacle assez pop. Un théâtre qui tente de faire cohabiter plusieurs formes artistiques.Du point de vue de la cohabitation entre théâtre et musique, le travail de Marc Lainé me rappelle les entreprises de Mathieu Bauer ou de Marcial Di Fonzo Bo lorsque celui ci a collaboré avec la chanteuse Claire Diterzi. Marc Lainé ne vise pas la fusion mais le dialogue entre la musique et le théâtre. Ce qui est intéressant, c'est de voir le genre par lequel passent les acteurs, un registre de la parodie qui est peu traité sur les scènes.

Anna Sigalévitch :

Le spectacle est très joli, plaisant , arty, branché. Le côté "live", où chacun s' affaire dans son domaine en direct sur le plateau est très réussi. Mais c'est plus un assemblage de talents que l' invention d' une forme nouvelle. Je n' ai pas pu m' empêcher de penser au spectacle de Guillaume Vincent, La Nuit Tombe, qui va pour moi plus loin.

J' ai été interessée par l' utilisation de la langue.Il y a un anglais très compréhensible dans les scènes dialoguées, il est accessible à tous. En revanche, les chansons sont plus complexes. Et le théâtre est surtitré, pas les chansons. C'est pour moi révélateur du fait que chacun reste finalement dans son cadre, et c' est la limite du spectacle.

Fabienne Pascaud :

Passé le léger agacement pour la naïveté de ces acteurs, j’ai trouvé que ce spectacle avait beaucoup de charme. J’y suis rentrée avec beaucoup de plaisir grâce à l’articulation entre les scènes de théâtre et les scènes musicales pour décrire un monde, une atmosphère à la Edward Hopper.

Il y a un jeu de l’esprit qui montre comment on peut articuler une scène banale sous différentes formes qui est assez excitant.

Ce spectacle est très enjôleur surtout quand on aime le groupe Moriarty.

Arnaud Laporte : C'est un spectacle avec des variations sur le même thème. On peut se demander si c'est un concert augmenté ou une pièce de théâtre musicale, mais cette question importe peu, au regard du plaisir simple que donnent les Moriarty et les comédiens.

  • Le Tartuffe , de Molière, mis en scène par Marion Bierry, au Théâtre de Paris, à partir du 11 septembre.
Affiche du spectacle
Affiche du spectacle

Joëlle Gayot: J'ai apprécié la tentative de Patrick Chesnais dans un spectacle qui semble ne pas avoir de ligne directrice. Il essaie d'amener quelque chose de différent. Il incarne un Tartuffe qui réagit à l'instant, à l'immédiat et à l'instinct. Il jouit de l'opportunité et n'est pas dans la stratégie. On a l'impression que Marion Bierry n'a pas de désir pour cette pièce, pourtant, il y a de très belles idées, comme la scénographie qui révèle une autre scène à chaque passage d'actes. Mais le travail sur Molière est comme une négation de toutes les explorations déjà effectuées sur Tartuffe.

Anna Sigalévitch:

Plus qu’une proposition de Tartuffe, j’ai vu une proposition de casting. C’est Claude Brasseur et Patrick Chesnais qui jouent Orgon et TartuffeJ’ai été sensible à l’interprétation de Claude Brasseur. Il s'est intéressé aux failles du personnage. La solitude et la fragilité qui se dégagent de lui sont touchantes.Le jeu de Patrick Chesnais n' est pour moi pas lisible. A trop jouer l' ambiguïté, on ne comprend plus ce qu' il incarne.

Chantal Neuwirth apporte beaucoup, elle est concrète, elle fait avancer les situations. Telles qu' elles sont utilisées, les idées de Marion Bierry ne prennent pas forme et elles apparaissent comme purement esthétiques et décoratives.

Arnaud Laporte: Il y a beaucoup et peu à dire. La déception principale vient pour moi de Patrick Chesnais. Il est un peu en roue libre qui vient peut-être d'une incompréhension du texte. Les jeunes comédiens sont calamiteux, mais le spectacle est sauvé par l'interprétation de Chantal Neuwirth.

Les coups de coeurs :

Fabienne Pascaud :

  • Buenos Arias , Alfredo Arias, au Petit Montparnasse depuis le 7 septembre.
Buenos Arias
Buenos Arias

Alfredo Arias, épure de plus en plus son travail. Il minimalise avec une grâce et un génie sa mise en scène. Il y a une science de l’illusion et du jeu de l’acteur qui révèle toute sa mémoire argentine. Il explore le tango, le cinéma avec un art du détail formidable.

  • On assiste au jeu exceptionnel de cet acteur qui nous révèle un monde avec un génie bouleversant. Il ouvre des horizons lointains. *

Joëlle Gayot :

La Femme qui tua les poissons
La Femme qui tua les poissons

C'est un spectacle réalisé à partir de chroniques prélevées dans un recueil tenu par l'écrivain Clarice Lispector. Il est interprété par une seule comédienne, Emmanuelle Lafont. C'est une actrice sidérante, qu'on n'oublie pas. Bruno Bayen crée une représentation, comme souvent avec lui, qui n'est conforme à rien, ni au bon goût, ni à la mode. L'écart est cultivé en permanence. C'est un spectacle qui incite au vagabondage du spectateur.

Bien sûr, la revue de presse d'Antoine Guillot: Douche froide, abandon et lutte contre les incivilités.

Et le coup de fil de Seham Boutata à metteur en scène Frédéric Constant , actuellement à la Scène Nationale de Bourges pour sa création, Une Heure en Ville , représentée du 2 au 12 octobre.

Pastille introductive: Fabienne PASCAUD

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