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Spectacle vivant : Platonov et Fragments

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir nos critiques Fabienne Pascaud de Télérama et Philippe Chevilley des Echos se disputent à propos de spectacle vivant
L'Invité(e) de la Dispute est cette semaine la soprano Donatienne Michel-Dansac Au programme :

  • Platonov d’Anton Tchekhov , mis en scène par la Cie des Possédés, du 8 janvier au 11 février au Théâtre de la Colline
Platonov, d'Anton Tchekhov et le collectif Les Possédés
Platonov, d'Anton Tchekhov et le collectif Les Possédés

Le collectif d’acteurs Les Possédés a fait en 2002 son geste inaugural d’un Oncle Vania mémorable. En travaillant ensuite sur Lagarce, Mauvignier, Céline, ils ont continué à explorer par le jeu ce que nos vies font et défont en chacun de nous, la richesse et la fragilité de ce qui nous lie les uns aux autres. Douze ans après, l’exceptionnel foisonnement humain de Platonov a séduit la troupe, à laquelle se joindra pour cette fois Emmanuelle Devos. Leur Tchekhov est cousin de Dostoïevski, entre fureur de vivre et mort de Dieu. Il n’est pas fait de nostalgie, mais de colère contre la résignation, d’espoir insensé dans l’amour pour se consoler de soi. Pas d’échappatoire pourtant pour Platonov dans un monde aussi orphelin de certitudes que le nôtre... Mais rien de triste non plus dans cette noirceur fiévreuse. Car ce dont le spectacle veut avant tout se nourrir, c’est de la générosité, du chaos, de la maladresse joyeuse propres aux premières oeuvres – le bouillonnement d’une pièce écrite par un auteur de vingt ans. Contre l’ennui, Tchekhov y dresse le désir, tous les désirs, d’aimer, de détruire, d’être riche, et peu importe que ces élans soient grandioses ou ridicules : s’il y a ici échec de la vie, il flamboie ! Théâtre La Colline

  • Fragments de Beckett , mis en scène par Peter Brook , du 6 au 24 janvier au Théâtre des Bouffes du nord
Fragments, de Samuel Beckett et Peter Brook
Fragments, de Samuel Beckett et Peter Brook

Aujourd’hui, avec le passage du temps, nous voyons à quel point toutes les étiquettes qu’on a attribuées dans le passé à Samuel Beckett – un Beckett triste, négatif, désespéré – sont fausses. Ses pièces nous plongent dans la réalité de l’existence humaine, avec humour. Cet humour nous sauve. Beckett rejette les théories, les dogmes. Il est à la recherche de la vérité, il observe les gens, dans l’obscurité, il les plonge dans le vaste inconnu de la vie. Ils découvrent leur vérité à travers des fenêtres en eux-mêmes, dans les autres, le regard tourné tantôt vers l’extérieur, tantôt vers l’intérieur, vers le haut, vers le bas, « to and fro », « de long en large », comme le dit si bien le personnage de Rockaby. Beckett et nous, partageons leur incertitude, leur recherche, leur peine.On ne « reprend » jamais un spectacle – on le « refait » et c’est un nouveau Fragments qui va voir le jour avec ses interprètes Kathryn Hunter, Jos Houben et Marcello Magni. Peter Brook et MH Estienne

Vous avez bien entendu rendez-vous avec Antoine Guillot pour la revue de presse culturelle
Nous passerons également un coup de fil au metteur en scène Laurent Rogero, pour Candide ou l’optimisme de Voltaire les 13 et 14 janvier à Bayonne, scène nationale du Sud Aquitain
Retrouvez également les choix de notre invitée de la semaine, Donatienne Michel-Dansac

Intervenants

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