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Spectacle vivant: Que la noce commence et Molly Bloom

58 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute portera sur l'actualité du spectacle vivant avec les critiques suivants:

  • Joëlle Gayot (France Culture)- Fabienne Pascaud (Télérama)- René Solis (Libération)sur les spectacles suivants:-Que la noce commence , de Horatiu Malaele, mis en scène par Didier Bezace au Théâtre de la Commune du 27 novembre au 21 décembre.

Du 11 au 27 janvier aux Gémeaux à Sceaux puis à Chambéry, Grenoble, Martigues, Lyon, Alès, Chalon sur Saône, Saint Etienne et Angers.

Que la noce commence
Que la noce commence

Joëlle Gayot:

Le parcours de Didier Bezace est absolument honorable. Mais avec c spectacle il invente le concept de la sur représentation.

Il y a des belles images mais elles sont trop étendues, trop pimentées. La scène finale achève littéralement. Il y a trop de surplus et de boursouflure. Il fallait moins sucrer, moins saler, moins poivrer. Son dosage n’est pas juste.

Fabienne Pascaud:

J’ai été bluffée par certaines scènes oniriques et très théâtrales mais l’ensemble est terriblement long. C’est trop étiré et donc par réussi. Je ne vois pas l’enjeu politique non plus.

On aurait aimé aimer. Le char est déplaisant et vient détruire le village et le public avec.

  • Ce spectacle est un mélange de peine et de plaisir. Il s’assimile au vieux théâtre.*

Arnaud Laporte: Il y a une belle énergie avec un désir de revenir aux fondamentaux du théâtre. Il y a certaines longueurs et une simplicité comme l'emploi de la voix-off qui m'a gêné. Les séquences s'étirent inutilement. Les 2h30 étaient-elles vraiment nécessaires ?

René Solis:

Je ne suis pas certain que ce spectacle soit nécessaire. L’effet troupe marche bien avec un plaisir un peu forcé de produire des images.

Je n’ai pas compris l’idée de nécessité. Les références tournent à vide.

Il y un sous néo-réalisme italien. On en sort en se demandant : Pourquoi ?

-Molly Bloom , d'après Ulysse de James Joyce, mis en scène par Jean Torrent aux Bouffes du Nord du 30 novembre au 15 décembre.

Avec la complicité artistique de Blandine Masson et Marc Paquien.

Anouk Grinberg
Anouk Grinberg

Joëlle Gayot:

J’aime beaucoup Anouk Grinberg mais il y a un obstacle de taille a la réception de la représentation : elle est sonorisée ce qui me parait être une erreur car sa voix n’est plus émise par son corps mais juste par les enceintes. C’est comme un pacte rompu. Anouk Grinberg n’est pas là et donc Molly Bloom non plus.

J’ai vécu cette sonorisation comme un filtre et donc une frustration.

Fabienne Pascaud:

J’ai été hypnotisée par Anouk Grinberg. C’est un morceau de bravoure. Elle existe par le chaos des mots, elle est dépassée par tout ce verbe. On se prend de passion pour cette femme avec cette fragilité enfantine qui se dégage de son jeu. Elle magnifie par ce don d’enfance. On fait un périple commun.

Arnaud Laporte: J'ai trouvé ça prodigieux. Elle ne semble pas jouer. Elle semble être Molly Bloom qui donne à entendre le fil de ses pensées. Il y a une grande qualité d'écoute dans la salle, ce qui nous fait entrer très vite dans le flux de pensées.

René Solis:

J’ai trouvé ça formidable. Le monologue est un classique du théâtre. Anouk Grinberg ne s’y trompe pas. C’est un texte d’une extrême complexité et d’une grande limpidité. Il faut être d’une attention extrême. C’est un très beau spectacle avec une maîtrise réelle du texte. C’est impressionnant.

Coup de griffe:Joëlle Gayot: - Les Oiseaux , d'Aristophane, mis en scène par Madeleine Louarn à la Ferme du Buisson du 22 au 25 novembre.

Les Oiseaux
Les Oiseaux

Je regrette d'émettre un coup de griffe au sujet du travail de Madeleine Louarn.

Sa scénographie est magnifique grâce à une belle collaboration d'équipe.

Même si de toute évidence, il y a du plaisir sur le plateau, je me suis tout de même demandé dans quelle mesure les comédiens étaient propriétaires eux-mêmes de ce qu’ils disaient ? On ne voit que le handicap.

  • C’est une limite qui a été franchie par excès d’ambition me semble-t-il.*

Coup de cœur:René Solis: -Georg Büchner: biographie générale Le Scalpel, le sang , écrite par Frédéric Metz, publiée au Editions Pontcerq.

Georg Büchner: biographie générale Le Scalpel, le sang
Georg Büchner: biographie générale Le Scalpel, le sang

C’est un des livres les plus étonnants que je n’ai jamais lu. La surprise est d’ailleurs toujours là.

C’est une histoire qui ne nous donne aucun repère possible. On est décontenancé dès le départ. C’est une biographie déconstruite de Büchner. Le livre est un casse-tête incroyable mais c’est passionnant.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot : Bobos . Et le coup de fil de Seham Boutata au metteur en scène Thierry Collet pour le spectacle Qui-Vive, représenté dans le cadre du Festival Multipistes le 11 et 12 décembre à la Scène Nationale de Douai.

Pastille introductive: Simon MC BURNEY.

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