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A gauche : Iphigénie de Chloé Dabert. A droite : Le Grand théâtre d'Oklahoma et La Reprise de Milo Rau. © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Spectacle vivant : "Milo Rau a un objectif : que le théâtre puisse remplacer le monde"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, nous vous proposons la seconde partie de notre "retour sur le Festival d'Avignon". Au sommaire : "La Reprise – Histoire(s) du théâtre (I)" de Milo Rau, "Iphigénie" de Racine, mis en scène par Chloé Dabert, mais aussi "Fuck America" d’Edgar Hilsenrath, mis en scène par Laurent Maindon.

A gauche : Iphigénie de Chloé Dabert. A droite : Le Grand théâtre d'Oklahoma et La Reprise de Milo Rau. © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
A gauche : Iphigénie de Chloé Dabert. A droite : Le Grand théâtre d'Oklahoma et La Reprise de Milo Rau. © Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

"La Reprise - Histoire(s) du théâtre (I)" au théâtre Nanterre-Amandiers du 22 septembre au 5 octobre

© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Ecrit et mis en scène par : Milo Rau

Présentation officielle : La Reprise – Histoire(s) du théâtre (I) de Milo Rau témoigne à nouveau du désir du metteur en scène suisse allemand d'interroger les possibilités du théâtre face au réel. Née d'un travail collectif après un fait divers d'une rare violence (le meurtre d'un homosexuel à Liège en 2012 par un groupe de jeunes hommes), la pièce de Milo Rau raconte la naissance d'une tragédie contemporaine. Et prend le spectateur à partie sur la représentation d'un drame, et les questions qui en découlent : Comment faire exister une victime sur scène ? Comment se confronter à l'Histoire ? Comment peut-on représenter la violence sur scène ? Qu'est-ce que l'émotion, la vérité, la présence, l'engagement artistique ? Avec acuité et profondeur, Milo Rau cherche à partir de ces nombreuses pistes de réflexion un art du théâtre essentiel : prendre le réel comme source non pour en créer l'imitation sur scène mais pour que sa représentation « devienne réelle » et permette une véritable catharsis.

Prochaines dates :

  • 22 septembre > 5 octobre 2018 : Théâtre Nanterre-Amandiers
  • 9 > 11 janvier 2019 : Le Lieu Unique à Nantes
  • Et en tournée en Allemagne : plus d'informations sur le site du Festival d'Avignon.

L'avis des critiques :

On se retrouve très vite plongé dans un état de sidération assez incroyable. Milo Rau mène un long travail d’enquête avant de s’attaquer à la matière. C’est cette façon qu’il a de tisser ce fait réel avec la vie de ses acteurs qui est très beau. Marie-José Sirach

La vidéo est quasiment omniprésente pendant le spectacle, puisqu’il y a deux régimes de réel. Les acteurs jouent sur scène et en même temps à l’écran. Il y a un côté très intelligent, jusqu’à peut-être la manipulation du spectateur et du fait divers. Lucile Commeaux

Nous public, on est convié à ce spectacle. Il y a ce départ, à mon sens très réussi, avec le casting des personnages pour lequel il va convoquer tout ce qui se passe au théâtre. Le réel rattrape la fiction et il joue avec ça. Anna Sigalevitch

Il est question à la fois du théâtre et de la représentation du monde. Puisque Milo Rau a un objectif : que le théâtre puisse remplacer le monde. Ce qui est une ambition folle, mais qui fait beaucoup de bien par rapport au paysage actuel. Arnaud Laporte

"Iphigénie" en tournée de février à mai 2019 et disponible sur arte.concert

© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

De : Racine  Mise en scène : Chloé Dabert

Présentation officielle : La guerre de Troie est imminente et la flotte du roi grec Agamemnon est retenue dans le port d'Aulis depuis trois mois. L'oracle est consulté et l'oracle dit : pour retrouver la clémence des dieux, la fille d'Agamemnon, Iphigénie, doit être sacrifiée sur l'autel de Diane. Questionnant les actions par devoir, le bien-fondé du sacrifice ou encore les oscillations de l'amour et de l'ambition, Chloé Dabert se saisit à la lettre du texte de Racine, entre dans les mots du XVIIe siècle et interpelle le sens moral de cette expiation. Dans un campement entre plage et mer, les protagonistes encerclés reprennent à leur compte cette poésie si tragique, nous disent que l'action se nourrit avant tout de parole, que le désir des dieux entraîne toutes les soumissions, que la femme est la victime de tous les enjeux... Une pensée qui ne cesse d'en revenir à nous et aux choix qui nous dépassent dans le but d'un retour au calme ou de l'apaisement d'un climat...

Prochaines dates :

  • 18 > 22 février 2019 : T2G, Gennevilliers 
  • 26 février > 2 mars 2019 : Le Quai - CDN Angers Pays de la Loire
  • 5 > 10 mars 2019 : Théâtre des Célestins, Lyon
  • 14 > 15 mars 2019 : TPR - Théâtre Populaire Romand, La Chaux-de-Fonds
  • 19 > 20 mars 2019 : La Passerelle, Saint-Brieuc
  • 23 mars 2019 : Théâtre Louis Aragon,Tremblay-en-France
  • 28 > 29 mars 2019 : Théâtre des Salins, Martigues
  • 02 avril 2019 : Théâtre Anne de Bretagne (TAB), Vannes
  • 5 > 6 avril 2019 : Saint-Quentin-en-Yvelines
  • 09 avril 2019 : Théâtre de Chelles
  • 12 avril 2019 : Espace 1789, Saint-Ouen
  • 16 > 19 avril 2019 : Théâtre de la Cité – CDN, Toulouse
  • 29 > 30 avril 2019 : Le Trident, Cherbourg-en-Cotentin
  • 10 mai 2019 : L'Archipel, Fouesnant-les-Glénan
  • 15 > 22 mai 2019 : TNB - Théâtre National de Bretagne, Rennes

Et disponible sur ARTE Concert.

L'avis des critiques :

J’ai eu le sentiment d’un spectacle qui ne trouvait pas son centre. Il y a un problème d’unité, avec une absence de réel mouvement commun. Cette façon de jouer trivialise beaucoup la langue, on peine à ressentir la grandeur et le tragique. Anna Sigalevitch

Je trouve que le décor ne servait globalement pas à grand-chose et n’avait pas grand sens pour ce texte-là. Le pire était Yann Boudaud qui joue Agamemnon. Le côté drame bourgeois est particulièrement frappant dans la relation entre Agamemnon et Clytemnestre. Lucile Commeaux

Il y a des moments où l’on est captivé avant de décrocher parfois. Il y a toutefois un problème d’émotion, le tragique s’efface trop souvent. On comprend qu’en montant Iphigénie, Chloé Dabert veut rendre hommage à toutes ces femmes. Marie-José Sirach

Il y a une grande inégalité, des trous, des passages en force difficiles pour le spectateur. Pour moi ce n’est pas du tout un naufrage, il y a quelque chose qui résiste de Racine. Arnaud Laporte

"Fuck America" à la Manufacture des Abbesses jusqu'au 14 octobre

De : Hedgar Hilsenrath  Mise en scène : Laurent Maindon

Présentation officielle : Emigrer, migrer. C’est le thème qu’explore le théâtre du Rictus et développe à présent avec une adaptation du roman d’Edgar Hilsenrath, avant de monter les pièces commandées à Sonia Ristic et à Sedef Ecer. Le titre, Fuck America, donne le ton : ce ne sera pas du politiquement correct, du bien-élevé, du théâtre au langage châtié. Dans la première scène, le héros écrit au Consul des Etats-Unis pour obtenir un visa ; il a bien des raisons de le faire, il est juif et berlinois, les nazis le persécutent, l’ont volé, ont frappé sa famille, le mettent à la porte. Le Consul répond qu’il n’y plus de place en Amérique et qu’il y en aura, selon les quotas mis en place, à partir de 1952. D’où la colère de l’homme. Il arrive quand même aux States dans les années 50 ; sa vie, là-bas, est misérable. Boulots ingrats, fréquentation des putes... Il a un roman en chantier, qui s’appelle Le Branleur. Il le mènera jusqu’au bout, envers et contre tout, gardant dans la pauvreté son ironie, son franc-parler, sa liberté, sa « mauvaise éducation » face à un monde mesquin et puritain.

L’adaptation est construite sur la structure du double. L’homme qui parle se présente comme un certain Bronsky mais il n’est peut-être pas Bronsky. On ne sait jamais si c’est un autre ou bien lui-même, sans savoir non plus qui a raté sa vie et qui l’a réussie. Laurent Maindon a su développer son spectacle sur cette ambiguïté et donner une fascinante continuité variée à la succession des scènes. Nicolas Sansier interprète ce Jacob Bronsky avec une belle épaisseur. L’interprétation de ses partenaires, Ghyslain del Pino, Christophe Gravouil, Laurence Huby, Yann Josso, a également une réelle puissance romanesque. Les ambiances sont toutes cuisinées avec soin. Les mots ont de la couleur, de l’impudeur et de la pudeur. C’est remarquable.

L'avis des critiques :

C’est un spectacle assez honnête qui m’a donné envie de plonger dans le roman. La truculence pourrait être plus poussée, mais le spectacle s’en sort bien avec la matière de départ. Lucile Commeaux

Avec peu de moyens et beaucoup d’imagination, Laurent Maindon parvient à recréer cet univers. Ce qui fait que cette petite scène toute simple permet au spectateur d’entrer plus loin dans ce livre qui est un véritable pamphlet. Marie-José Sirach

C’est très difficile d’adapter un livre pareil qui est tragi-comique tout le temps. Pour moi le problème dans cette adaptation est que l’anecdotique prend beaucoup de place, alors que le texte dit tellement d’autres choses. Anna Sigalevitch

>> LE COUP DE COEUR DE LUCILE COMMEAUX : "Le Grand Théâtre d’Oklahama de Madeleine Louarn, en tournée à partir du 4 octobre et du 31 janvier au 9 février à la MC93 à Bobigny

© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon
© Christophe Raynaud de Lage / Festival d'Avignon

Ecrit et mis en scène par : Madeleine Louarn et Jean-François Auguste, d'après l'oeuvre de Frantz Kafka

Présentation officielle : « Je combats ; personne ne le sait ; il y en a qui le sentent, on ne peut pas l'éviter ; mais personne ne le sait. Je m'acquitte de mes devoirs quotidiens, on peut me reprocher un peu d'inattention, mais très peu. » Franz Kafka
Avec Madeleine Louarn, Jean-François Auguste et les acteurs handicapés de la troupe Catalyse, la vie pour le beau et l'avènement de la poésie se travaillent, se conquièrent. Reprenant à leur compte les derniers et souvent méconnus écrits de Franz Kafka, les deux metteurs en scène proposent une immersion dans cette pensée bouillonnante. Éminemment lucide, le chemin qu'a toujours proposé l'auteur est un terrain de jeu où la joie et l'inattendu des acteurs font friction avec le sort de l'être humain et son irréductible petitesse. Naviguant avec spontanéité dans ce réseau de textes, Le Grand Théâtre d'Oklahama raconte nos aveuglements, nos désirs d'assimilation et de liberté et comment ils participent trop souvent à nous faire accepter ce qui nous oppresse et nous domine.

Prochaines dates :

  • 4 > 11 octobre 2018 : TNB - Théâtre National de Bretagne, Rennes
  • 31 janvier > 8 février 2019 : MC93, Bobigny
  • 13 février 2019 : La Ferme du Buisson, Noisiel
  • 20 > 21 mars 2019 : Le Quartz, Brest

Cela fonctionne car cela commence avec un effet sur le spectateur de fragilité absolue, qui nous met dans un état de tension et de profonde inquiétude. On retrouve tout Kafka avec une très grande intelligence littéraire. Lucile Commeaux

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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