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Room with a view (Rone) au Théâtre du Chatelêt / Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale au Théâtre de la Colline

Spectacle Vivant : "Room with a view", "Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale" et le Journal de La Dispute : la forme procès au théâtre

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de La Dispute spectacle vivant : "Room with a view", mis en scène par le collectif (LA)HORDE, "Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale", mis en scène par Alain Françon, d'après le texte de Peter Handke et le Journal de La Dispute, le coup de ♥

Room with a view (Rone) au Théâtre du Chatelêt / Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale au Théâtre de la Colline
Room with a view (Rone) au Théâtre du Chatelêt / Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale au Théâtre de la Colline Crédits : Boris Camaca et Alice Gavin / Louis Fernandez

"Room with a view", mis en scène par LA(HORDE) et mis en musique par Rone 

Nous sommes très bourgeoisement installés dans des fauteuils de velours rouge devant un spectacle avec une musique qui nous donne envie de danser. Lucile Commeaux

Les danseuses et danseurs du Ballet national de Marseille, dans "Room with a view" du collectif (LA)HORDE
Les danseuses et danseurs du Ballet national de Marseille, dans "Room with a view" du collectif (LA)HORDE Crédits : Alice Gavin et Boris Camaca

Présentation : "Dans une carrière de marbre, des appareils s’affairent, débitent et polissent la roche. Dans ce lieu en dehors du monde et derrière ses machines, Rone sculpte d’amples paysages électroniques et émotionnels qu’il offre à un groupe de danseurs.
Si les sculpteurs travaillaient le marbre pour « libérer la forme humaine à l’intérieur du bloc » (Michelangelo), les interprètes, eux, dansent pour se soustraire à la blanche immobilité des pierres, se dressent pour scruter les contours infiniment humains d’un désastre annoncé et envisager la possibilité même de sa beauté.
(LA)HORDE continue l’exploration des formes de contestation et de révolte par la danse. ROOM WITH A VIEW est une page vierge, un espace pensé comme un white cube naturaliste où il est possible d’inscrire les sons, les corps et les images pour réfléchir à la place mouvante de l’humanité.
C’est pour Rone l’occasion nécessaire d’un nouvel album, d’une performance unique où faire résonner les cris de ses machines qui nous invitent à de nouvelles échappées, à tracer des lignes de fuite vers des chants qui existent bien au-delà des hommes."
RONE & (LA)HORDE

L'avis des critiques : ♥♡♡♡

► « C'est très étonnant d'avoir face à soi des danseurs qui sont dans une telle dépense physique, qui pratiquent une danse des limites, qui vont jusqu'à l'épuisement et qui pourtant ne m'ont strictement rien fait ressentir. Le côté organique de cette danse est complètement évacué, la revendication politique est finalement incarnée par des figures et des corps qui n'existent pas. » Caroline Chatelêt

► « C'est un concert et non pas un spectacle chorégraphique. La musique de Rone est envoûtante, hypnotique, je suis partie très vite avec lui dans ses grandes vagues, mais mon problème a été de ne pas voir la grammaire chorégraphique de (LA)HORDE. Il y avait quelque chose de très illustratif, les danseurs étaient simplement là pour accompagner le musicien. » Marie Sorbier

► « Le texte de présentation de (LA)HORDE est hyper lyrique sur la révolte, on s'attend à quelque chose d'éruptif, qui crée un sentiment de révolte et finalement ça ne crée absolument rien. Nous sommes très bourgeoisement installés dans des fauteuils de velours rouge devant un spectacle avec une musique qui nous donne envie de danser. » Lucile Commeaux

► « Le propos du spectacle est très bien énoncé, le projet est très structuré intellectuellement, donc le spectacle aussi et il l'est tellement que j'ai longtemps attendu avant que ça danse. A la fin seulement, il y a eu des mouvements dansés qui ont produit sur moi quelques effets. » Arnaud Laporte

Plus d'informations

  • "Room with a view", mise en scène et chorégraphie par (LA)HORDE // jusqu'au 14 mars au Théâtre du Châtelet
  • Reprise du spectacle au festival Les Nuits de Fourvière les 20 et 21 juillet à Lyon 

"Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale", mis en scène par Alain Françon 

On retrouve dans cette pièce les grandes thématiques chères à Peter Handke : la recherche de la beauté, la quête sans fin, le salut, l'attention aux mots. Marie Sorbier

"Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale", mis en scène par Alain Françon d'après le texte de Peter Handke
"Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale", mis en scène par Alain Françon d'après le texte de Peter Handke Crédits : Jean-Louis Fernandez

Présentation : Sortant de l’obscurité, au bord d’une route départementale déserte, un Moi prend la parole et salue le printemps. Il est ici chez lui, quand soudain surgissent les Innocents et la saison d’été se transforme en menace. Viennent l’automne et l’hiver, et arrive l’Inconnue, l’espérée ardemment désirée, une apparition lente presque comme une promesse de paix. La route, à la fois promesse d’un chemin libre et image du monde où autrui nous trouble, devient l’enjeu des rencontres et apparaît comme un équivalent du destin.

Dans le prolongement de son oeuvre, le dramaturge Peter Handke interroge la force du langage et le lieu comme trace du passé. Alain Françon en s’emparant de cette pièce profondément humaniste, retrouve l’auteur nobélisé de Par les villages

Pour donner voix au dernier texte pour le théâtre de Peter Handke, Alain Françon s’entoure de ses acteurs fidèles, notamment Dominique Valadié et Gilles Privat.

L'avis des critiques : ♥♥♡♡

► « Les costumes, la musique, les décors, tout est harmonieux, et pourtant, tout cela ne suffit pas à rendre limpide ce texte hermétique et abscons. La mise en scène classique et classieuse sert peut-être trop la pièce dans le sens où elle nous permet d'entendre le texte mais sans l'attaquer. Nous sommes face à un texte de ressassement, de répétition, qui est finalement très stérile. » Caroline Chatelêt

► « On retrouve dans cette pièce les grandes thématiques chères à Peter Handke : la recherche de la beauté, la quête sans fin, le salut, l'attention aux mots. J'ai été très sensible à tous les moments où le personnage dit qu'il emploie un mot non pas pour son sens mais pour sa sonorité. La langue de Handke est incroyable, même si parfois je ne la comprends pas, il y a toujours des passages lyriques et oniriques. » Marie Sorbier  

► « Toutes les petites phrases qui s'adressent à la bien-pensance et la complaisance finissent par polluer mon écoute du texte, que je trouve par ailleurs très beau. On entend malheureusement à quel point le texte doit résonner avec l'actualité et il perd par conséquent toute sa force poétique. Cette manière d'inscrire l'invective dans quelque chose de bassement réactionnaire me gêne énormément. » Lucile Commeaux

Plus d'informations : "Les Innocents, Moi et l'Inconnue au bord de la route départementale" // jusqu'au 29 mars au Théâtre de la Colline

Le Journal de La Dispute : la forme du procès au théâtre 

Unité de temps, de lieu et d'action, le procès et la pièce de théâtre semblent faits l'un pour l'autre. Ces derniers mois, les procès fleurissent sur les scènes du théâtre français.  

Un procès célèbre et historique a par exemple été plusieurs fois mis en scène : celui de Bobigny. Tenu à l'automne 1972, il met en accusation cinq femmes, une pour avoir avortée une fille de 16 ans à la suite d'un viol, les autres pour l'avoir aidée. A la défense, l'avocate Gisèle Halimi, dont l'acharnement et la qualité de la plaidoirie, eurent un très grand retentissement en France et contribuèrent largement aux débats qui aboutirent à la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse.  

Ce procès hors norme a fait l'objet de trois adaptations théâtrales ces derniers temps, tout-à-fait différentes et qui permettent de penser ce que l'on peut faire de la forme procès au théâtre.  

Il y a eu tout d'abord "Hors la loi", une mise en scène de Pauline Bureau avec une cour fidèlement reconstituée dans toute sa solennité. Ensuite, le spectacle "Reconstitution le procès de Bobigny" invitaient les spectateurs à circuler au milieu de chaises et à écouter au casque des montages d'archives et des témoignages inédits. Enfin, Richard Berry, dans un seul en scène intitulé "Plaidoiries en robe d'avocat", récite entre autres la longue tirade prononcée par Gisèle Halimi en 1972.  

Ces trois dispositifs exposent trois rapports au théâtre différents, trois économies pour le même objet, cet objet judiciaire qui fascine la scène. Ces trois exemples nous amène à penser le rapport entre formes théâtrales et judiciaires : est-ce que ce rapport est simplement pratique voire paresseux ou est-ce que la justice et le théâtre ont quelque chose à dire l'un de l'autre ? 

► « Dans la pièce de Pauline Bureau, c'était très intéressant de voir à quel point la forme du procès est théâtrale en elle-même puisque dans une mise en scène qui, pour moi ne l'était pas du tout, au moment où l'on touche à l'audience et à la plaidoirie, on est totalement dans le théâtre. Aussi, dans la plaidoirie de l'avocat, il y a de la performativité, il va faire condamner ou sauver son client, et j'ai l'impression que si le monde du théâtre est fasciné par le monde de la justice, c'est peut-être parce qu'il y a cette envie, ce rêve de performativité. » Marie Sorbier

► « On comprend que le sujet puisse intéresser des deux côtés puisque le procès, en soi, est déjà une représentation dans le sens où la justice, par la voie du procès, est un lieu où l'on va rendre visible ce qui n'est pas habituellement visible. La forme théâtrale amène parfois à repenser un procès par rapport à notre monde contemporain, en nous renvoyant à des luttes actuelles. » Caroline Chatelêt

♥ Le coup de cœur ♥ de Caroline Chatelêt pour "Ersatz" de Julien Mellano

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Présentation : Ersatz propose une projection librement fantasmée de l’homme de demain. Vision d’un monstre possible, résultat saugrenu issu de l’alchimie entre l’homme et la machine, ce spécimen solitaire peut apparaître comme le vestige bancal d’une révolution technologique qui ne serait pas complètement retombée sur ses pieds.
Pièce d’anticipation sans parole, Ersatz sonde la réalité virtuelle par le truchement du détournement d’objets. Entre performance amusante et farce dérangeante, Julien Mellano invite les spectateurs dans un jeu de piste drôle et mystérieux, où le langage s’articule à partir de bricolages retors et d’effets spéciaux de poche.
Loin d’un discours bien ordonné sur l’avenir, Ersatz chemine dans un monde trouble où le futur est déjà présent. L’absurde et le miracle se toisent et se tissent dans un trou noir pour rejoindre le point de fuite de notre humanité qu’elle soit réelle, virtuelle ou augmentée.

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