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Spectacle vivant: Théâtre sans animaux et La réunification des deux Corées

57 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, c’est le spectacle vivant en présence des critiques suivants :

  • Joëlle Gayot (France Culture)

- Didier Méreuze (La Croix)

  • Gwenola David (La Terrasse)

À propos des spectacles :

  • Théâtre sans animaux, mis en scène par Jean-Michel Ribes au Théâtre du Rond-Point du 23 janvier au 23 mars.
Affiche du spectacle
Affiche du spectacle

Arnaud Laporte: Modestie, simplicité et efficacité, ce théâtre de l'absurde nous procure un plaisir de l'instant !

Joëlle Gayot: Jean-Michel Ribes propose du monde une vision binaire. Il le divise en deux catégories, dominants-dominés, bien nés-mal nés, homme-femme, hétéros-homos, (etc) véhiculant ainsi une idée dichotomique de l'humanité qui me parait problématique. C'est une façon de penser le monde que je ne partage pas du tout et à laquelle je ne peux pas adhérer.

Didier Méreuze:

On fait beaucoup trop d’honneur à ce spectacle. Tout cela ne va pas très loin.

Il nous propose des jeux de mots et des lieux communs, avec peu d’humanité. C'est bien fabriqué mais ça ne fait pas une grande écriture.

Gwenola David:

Le metteur en scène Jean-Michel Ribes ne servait pas au mieux l’auteur Jean-Michel Ribes. Il y a un décalage entre l’ambition du texte et ce qui nous est donné à voir.

Il y a un manque de repère réel avec un décor un peu carton-pâte, avec un jeu d’acteur concret qui tranche avec l’absurdité des propos.

-La réunification des deux Corées , de Joël Pommerat aux Ateliers Berthier du 17 janvier au 3 mars.

La réunification des deux Corées
La réunification des deux Corées

Arnaud Laporte: Malgré une légère déception en sortant du spectacle, le temps a fait son oeuvre et j'ai envie de le revoir. Ces fragments de vie travaillent en nous, spectateurs.

Joëlle Gayot: Joël Pommerat signe un acte d'amour incroyable envers le théâtre. Son geste va beaucoup plus loin que les histoires racontées dans le spectacle. Il impose une perception du théâtre et de la fiction comme lieu de convergence de l'humain et de réunion des communautés que tout divise à priori.

Didier Méreuze: Cette proposition tranche avec les précédentes qui sont plus politiques. C’est un spectacle magnifique, sur la difficulté et la douleur d’aimer. Il parle à tout le monde.

Gwenola David:

Ce dispositif bi-frontal réunit le public autour de l’imagination. C’est un geste de déclaration d’amour par la forme.

Grande maîtrise de l’écriture, de l’espace et de la direction d’acteur !

Les coups de cœurs :

Didier Méreuze:

Jeanne Champagne ne cesse de travailler sur une écriture qui n’est pas théâtrale et particulièrement sur celle de Marguerite Duras depuis quatre ans.

Il y a toujours du concret dans son écriture.

Cette pièce est portée par des comédiens lumineux, surtout Tania Torrens et Agathe Molière qui sont fabuleuses.

La dernière tentation d'Arnaud Laporte:
- Plage Ultime, mis en scène par Séverine Chavrier au Théâtre Nanterre-Amandiers du 1er au 23 février.

Affiche de Plage ultime
Affiche de Plage ultime

Je voudrais parler d’un spectacle qui a été créé lors du dernier festival d’Avignon, et qui n’a pas eu, à mon sens, l’accueil qu’il méritait.Cela tombe bien, il est repris en ce moment aux Amandiers Théâtre de Nanterre, jusqu’au 23 février. Je veux parler de « Plage ultime », de Séverine Chavrier.Si l’inspiration première de cette proposition théâtrale et musicale est l’œuvre de l’écrivain J.G. Ballard, Séverine Chavrier s’est nourri de nombreux autres auteurs pour créer ce spectacle très riche, luxuriant, souvent déroutant pour le spectateur, qui se retrouve en effet, du début à la fin, saturé d’informations, que ce soit par le jeu des comédiens, les multiples actions sur le plateau, ce qui se passe dans les nombreux écrans vidéos, les musiques, les sons, les textes, aussi, qui défilent parfois sur un grand écran.Mais toute cette masse d’informations, c’est celle avec laquelle nous vivons tous les jours.Et si Ballard et Tarkovski sont ici convoqués, c’est parce qu’ils sont capables de créer une science-fiction qui est en fait une métaphysique.

Et cela passe aussi, dans « Plage ultime », par l'humour, souvent un humour noir assez british. Je pense notamment à cette séquence très deleuzienne de cet homme, au fond du plateau, qui marche de long en large, et parle, avec l'élocution de l'auteur de Mille Plateaux, de l'ancien temps, où il n'y avait pas de filet en bas des immeubles, où les gens se promenaient, des choses que l'homme de l’aujourd’hui du spectacle ne cesse de trouver « impensable ».

Impensables, aussi, les rapports père-fils, comme dans le livre « Sauvagerie », de Ballard, dans lequel les enfants des classes moyennes sont tellement en avance technologiquement sur leurs parents qu’ils décident de les tuer…Un autre élément que l’on retrouve dans le spectacle, avec un enfant prodige, pianiste virtuose.

Il me faudrait beaucoup de temps pour parler de ce très riche spectacle, mais vraiment, faites le chemin jusqu’à Nanterre, pour découvrir le travail très singulier et très stimulant de Séverine Chavrier, magnifiquement porté par ses comédiens, au premier rang desquels Bénédicte Cerruti.

Jusqu’au 23 février à Nanterre, puis le 1er mars 2013 : L’Apostrophe, Scène Nationale de Cergy Pontoise et du Val d’Oise , du 12 au 16 mars 2013 : MC2 : Grenoble, et les 20 et 21 mars 2013 : Théâtre de la Renaissance d’Oullins.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

Et le coup de fil de Seham Boutata passé au nouveau directeur de la Scène Nationale d'Evry et de l'Essonne: Christophe Blandin-Estournet.

Elle présente Nos Images et Pudique Acide et Extasis , deux propositions de Mathilde Monnier le mardi 19 février à 19 au Théâtre de l'Agora: deux spectacles pour une même soirée !

Pastille introductive : Stanislas NORDEY

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