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Spectacle vivant: Tout mon amour et Une petite douleur

57 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, la Dispute traitera l'actualité du spectacle vivant avec les critiques suivants:

- Joëlle Gayot (France Culture)- Gwenola David (La Terrasse)- Vincent Huguet (Marianne)sur les spectacles suivants:- Tout mon amou r , Laurent Mauvignier, au Théâtre de la Colline, du 21 novembre au 21 décembre.

Tout mon amour
Tout mon amour

Joëlle Gayot: Le texte est bien, solide et explore des voies intéressantes. Il ouvre des possibles à la mise en scène. Mais, comme pour TG STAN, avec la Compagnie les Possédés, on ne voit que le système, le processus et les codes de jeu. Cela entrave la pièce et ne lui permet pas de prendre son envol. Cette maîtrise du jeu devient une répétition du même.

Gwenola David:

Je suis sortie avec un certain goût d’inachevé dans la rencontre Mauvignier et Les Possédés. Certains thèmes sont lancés mais peu explorés.

L’aspect psychodramatique ne sert pas la tension dramatique.

Mais on retrouve l’écriture de Mauvignier qui est bouleversante.

Vincent Huguet: Le texte est remarquable, car il est très ancré dans le quotidien et en même temps, il renoue avec ce que la littérature et le théâtre ont de plus archaïque, de plus fondamental.C’est un coup de force de Laurent Mauvignier, une vraie réussite.

Dommage que la mise en scène, en maintenant tout au long de la pièce les comédiens au bord de la crise de nerf, ne leur offre pas des moments plus calmes, des changements de rythme.

Arnaud Laporte: La force du texte a pour moi amené la représentation à un très haut niveau, parachevée par le monologue de la mère, interprétée par Marie-Hélène Roig, qui, certes, bénéficie d'un texte de Mauvignier absolument magnifique, tragique, saisissant, terrible, mais qui le porte avec une énergie et un désespoir très beaux.

  • Une petite douleur , d'Harold Pinter, mis en scène par Marie-Louise Bischofberger, du 7 au 22 décembre.

Joëlle Gayot: Ce spectacle semble s'arrêter au stade des intuitions.On ne voit pas bien ce que Marie Louise Bishofberger désire faire avec cette pièce. De plus je trouve le texte extrêmement misogyne avec un fantasme masculin véhiculé à outrance. j'aurais aimé que la mise en scène, par une femme, aille à l'encontre de cela.

Gwenola David:

Je suis restée dubitative au sortir de cette pièce. On connaît le système Pinter mais on ne voit pas le basculement.

J’ai eu l’impression que des tas d’intuitions étaient posées mais qu’elles n’étaient pas suffisantes.

Vincent Huguet:

Je n’ai pas été très emballé. Ce que j’aime chez Pinter, c’est le moment où ça bascule dans l’étrangeté et là, je ne l’ai pas vu, peut-être parce que je n'ai pas bien compris ce couple, qui tel qu'il est montré ne me raconte pas grand chose.

Arnaud Laporte: Si la mise en scène semble souvent trop littéral, la pièce résiste a un traitement qui n'est peut-être pas toujours très inventif. Mais après tout, la simplicité est aussi une vertu, et la mise en scène de Marie-Louise Bischofberger permet en tous cas aux comédiens de jouer ce texte très troublant, qui débute comme une comédie, tendance Ionesco, bascule vers le suspense, voir l'horreur, pour finir dans le franchement inquiétant.

Les coups de cœurs:Gwenola David: - Tu tiens sur tous les fronts , Christophe Tarkos, adaptation de Roland Auzet jusqu'au 21décembre au théâtre Aubervilliers et en province jusqu'au 23 février.

Tu tiens sur tous les fronts
Tu tiens sur tous les fronts

Christophe Trakos s’attaque au langage dans sa matérialité, il en sabote les agencements et toute la grammaire. Il propose une langue particulière, qui mâchonne les mots.

Outre la force de ce langage, ce qui m’a touché, c’est l’interprétation d’Hervé Pierre. Pascal Duquenne se trouve être le contrepoint de sa présence. Le frottement de ces deux comédiens est bouleversant.

Arnaud Laporte: - La Maison de Bernarda Alba , de Frédérico Garcia Lorca, mis en scène par Hervé Petit au Théâtre de l'opprimé du 21 novembre au 16 décembre.

La Maison de Bernarda Alba
La Maison de Bernarda Alba

C'est moins un coup de cour qu'une annonce. On peut noter la présence de notre camarade de Dispute, Anna Sigalevitch. Au-delà de ses qualités de comédienne, le texte est magnifique avec des partis-pris très simples de mise en scène. Inscrire ces corps féminins comme autant de signes calligraphiques noirs dans une scénographie blanche est efficace.

Bien sûr, la revue de presse culturelle d'Antoine Guillot : Une expérience ultime du théâtre privé. Et le coup de fil de Seham Boutata passé à la directrice de la Scène Nationale de Reims, Stéphanie Aubin à l'occasion des Etonnistes 2 du 12 au 14 décembre.

Pastille introductive: Laurent PELLY.

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