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A gauche : Takara Kogawa (c) droits réservés. A droite : "Senses 1&2" Copyright Art House et "Comme des rois" Copyright Guy Ferrandis

Cinéma : "Le film atteint la structure profonde et intime de chaque situation"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute cinéma, nous suivrons les pas du petit Takara dans le film de Damien Manivel et Kohei Igarashi, Kad Merad et Kacey Mottet Klein seront "Comme des rois" dans le film de Xabi Molia et enfin nous vous présenterons la première série au cinéma "Senses" de Ryusuke Hamaguchi,

A gauche : Takara Kogawa (c) droits réservés. A droite : "Senses 1&2" Copyright Art House et "Comme des rois" Copyright Guy Ferrandis
A gauche : Takara Kogawa (c) droits réservés. A droite : "Senses 1&2" Copyright Art House et "Comme des rois" Copyright Guy Ferrandis

"Takara, la nuit où j'ai nagé" de Damien Manivel et Kohei Igarashi, en salle le 2 mai

Synopsis :
Les montagnes enneigées du Japon. Comme chaque nuit, un poissonnier part travailler au marché en ville. Takara, son fils de six ans, n'arrive pas à se rendormir. Dans la maison silencieuse, le petit garçon dessine un poisson sur une feuille qu'il glisse dans son cartable. Le matin, sa silhouette ensommeillée s'écarte du chemin de l'école et zigzague dans la neige, vers la ville, pour donner le dessin à son père.

C’est tout sauf un film contemplatif, il s’agit ici d’un film d’action, avec une mise en scène très précise et soucieuse. La poésie n’y est pas onirique mais bien concrète. Julien Gester

Petit miracle de cinéma : ce petit Takara est filmé comme une étrange créature, Damien Manivel n’appuie pas le côté kawaï. Le film est emmené par la capacité de jeu et d’invention du petit garçon, cela produit des effets cinématographiques rares. Antoine Guillot

C’est "24 h dans la vie d’une famille". Ce voyage est un dérèglement temporel du petit Takara. Le moment où ce petit Takara perd son gant est merveilleux. C’est un film judicieusement charmant. Corinne Rondeau

Il y a la grâce et le manque d’habilité propre à un petit garçon et le subtil travail de cinéaste de Damien Manivel arrive à capter cela. Arnaud Laporte

"Comme des rois" de Xabi Molia, en salle le 2 mai

Synopsis :
Joseph ne parvient pas à joindre les deux bouts. Sa petite entreprise d’escroquerie au porte-à-porte, dans laquelle il a embarqué son fils Micka, est sous pression depuis que le propriétaire de l’appartement où vit toute sa famille a choisi la manière forte pour récupérer les loyers en retard. Joseph a plus que jamais besoin de son fils, mais Micka rêve en secret d’une autre vie. Loin des arnaques, loin de son père...

J’ai vraiment de la sympathie pour Xabi Molia en tant que cinéaste et qu’écrivain. Kad Merad est à l’endroit juste, Kacey Mottet Klein est vraiment un garçon qu’on a envie de voir et de revoir ! Arnaud Laporte

Dans cette "chronique de la mouise des banlieues de provinces" Xabi Molia va à rebours des clichés, mais l’écriture des deux personnages principaux est trop forcée. Les dialogues sont lourds et je vois les intentions derrière. Antoine Guillot

Kad Merad est à la limite de la comédie et c’est un peu gênant. En revanche Kacey Mottet Klein est admirable. C’est un film léger qui nous dit qu’il y a encore de l’héritage en banlieue. Corinne Rondeau

C’est un film honnêtement joué, mené et ficelé, mais peut être trop, ça en devient corseté car il n’y a pas un détail qui fait avancer, qui pose une cheville… Tout est d’une lisibilité totale. Julien Gester

"Senses" de Ryusuke Hamaguchi, en salle le 2 mai

Synopsis :
A Kobe, au Japon, quatre femmes partagent une amitié sans faille. Du moins le croient-elles : quand l’une d’elles disparaît du jour au lendemain, l’équilibre du groupe vacille. Chacune ouvre alors les yeux sur sa propre vie et comprend qu’il est temps d'écouter ses émotions et celles des autres…

Pendant la projection, on a le temps de penser au film, et cela a vraiment agi sur moi. Il y a une science du montage que je n’avais jamais vu ailleurs. Arnaud Laporte

C’est un portrait de femmes qui déborde et finit par englober toute la société japonaise. Les choses se complexifient au fur et à mesure. La mise en scène joue le déséquilibre en permanence, reconfigure notre regard. Antoine Guillot

J’ai eu la sensation d’être anesthésiée. J’ai eu du mal à retrouver les sens dans chacune des parties. Mais j'ai regardé les 5 épisodes d'affilée  ! Corinne Rondeau

Il y a une science de la mise en scène, on pourrait raconter la même histoire en 1 h 30 et ce serait paradoxalement plus ennuyeux. Le film atteint la structure profonde et intime de chaque situation. Julien Gester

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

Intervenants
  • Maître de conférences en esthétique et sciences de l’art à l’Université de Nîmes et critique d'art
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
  • Chef du service culture de Libération
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