LE DIRECT
En haut à gauche : La Commune ; à droite :  Juliette Plumecocq-Mech ; en bas : 1993

Théâtre : "Gosselin met en scène comme nul autre des corps, une chair triste et juvénile"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, théâtre : la Commune voyage au pays des "Big data" avec "From the Ground to the Cloud" ; Julien Gosselin tente un portrait générationnel dans "1993" et "Toute ma vie j'ai fait des choses que je savais pas faire" raconte une agression.

En haut à gauche : La Commune ; à droite :  Juliette Plumecocq-Mech ; en bas : 1993
En haut à gauche : La Commune ; à droite : Juliette Plumecocq-Mech ; en bas : 1993 Crédits : Denise Oliver / Simon Gosselin / Jean-Louis Fernandez

1993, du 9 au 20 janvier au théâtre de Gennevilliers 

Texte d'Aurélien Bellanger dans une mise en scène de Julien Gosselin. Avec
Quentin Barbosa, Genséric Coléno-Demeulenaere, Camille Dagen, Marianne Deshayes, Pauline Haudepin, Roberto Jean, Dea Liane, Zacharie Lorent, Mathilde-Edith Mennetrier, Hélène Morelli, Thibault Pasquier et David Scattolin.

Présentation officielle : Dans ce spectacle écrit spécialement pour lui par Aurélien Bellanger, Julien Gosselin donne à voir comment le tunnel sous la Manche s’est transformé en symbole douloureux de la crise des réfugiés.

Ce fut longtemps une légende. Puis, un jour, le tunnel sous la Manche reliant Calais à Douvres est devenu une réalité. La Grande-Bretagne enfin rattachée au continent, l’Europe pouvait s’enorgueillir d’avoir franchi un pas décisif. Sauf que, comme l’écrit Aurélien Bellanger, « le Tunnel, solution jadis miraculeuse, est devenu le nom d’un problème insoluble ». Cela commence au mitan des années 1990 quand des réfugiés kurdes ou kosovars font des anciens entrepôts ayant servi à la construction du tunnel une zone de transit. Dans ce spectacle construit avec le Groupe 43, sorti de l’École du TNS en juillet 2017, le metteur en scène Julien Gosselin et le romancier Aurélien Bellanger interrogent la vision d’une génération : que signifie être né après la chute du mur de Berlin ? De quelles déceptions, de quels rêves hérite-t-on ? Qui aurait imaginé en inaugurant le tunnel sous la Manche, en 1993, qu’au même endroit surgirait quelques années plus tard la Jungle de Calais ? Après Les Particules élémentaires adapté du roman de Michel Houellebecq et 2666, d’après Roberto Bolaño, Julien Gosselin poursuit son analyse sans concession des mythologies contemporaines.

Des trois spectacles de Julien Gosselin, c'est celui-ci qui m'a le plus intéressé car il m'a dérangé. René Solis 

Ce qui l'obsède dans ses spectacles, c'est la question du monstre et de la désillusion absolue. René Solis

Gosselin met en scène comme nul autre des corps, une chair triste et juvénile. Anna Sigalevitch

Gosselin donne à voir une jeunesse sur le point de basculer, au bord, à la limite du réel. Corinne Rondeau

-
- Crédits : Jean-Louis Fernandez

From The Ground To The Cloud, du 9 au 21 janvier au théâtre de la Commune

Texte d'Eve Gollac dans une mise en scène d'Olivier Coulon-Jablonka. Avec Julie Boris, Florent Cheippe, Hugo Eymard, Ryan Kermoa, Jean-Marc Layer, Malvina Plégat et Guillaume Riant.

Présentation officielle : Internet sature aujourd’hui nos existences. On nous dit qu’il inspire les utopies virtuelles mais aussi les techniques de contrôle des populations, qu’il multiplie les ouvertures au savoir mais aussi les plateformes marchandes. Et personne n’échappe à son expansion. Mais est-ce qu’on connaît les arcanes de cette industrie dite « immatérielle » ? Et comment allons-nous, sans savoir, raccorder la profusion de ces « miracles » technologiques à notre humanité ? Avec From The Ground To The Cloud, Olivier Coulon-Jablonka poursuit son enquête théâtrale en chassant sur le territoire des Big data. Les data centers sont « les boites noires du XXIème siècle », mais ils n’en n’ont pas moins besoin d’infrastructures, de sites localisés dans des villes, de machines gourmandes en énergie et en force de travail. Ces immenses hangars, où les données du web sont soigneusement conservées, dessinent alors une géographie. À la Courneuve par exemple – site découvert par la Compagnie grâce à deux habitantes qui luttaient contre son édification. Il nous faut explorer ces nouvelles contrées. Il nous faut de nouvelles cartes de navigations pour nous y guider. Véritable invitation au voyage, ce spectacle nous plonge au cœur d’enjeux insoupçonnables...

-
- Crédits : Denise Oliver

C'est un spectacle fait de bric et de broc qui dresse un catalogue d'idées. Corinne Rondeau

Toute ma vie j'ai fait des choses que je savais pas faire, du 9 janvier au 4 février au théâtre du Rond-Point

Texte de Rémi De Vos. Mise en scène de Christophe Rauck. Avec Juliette Plumecocq-Mech.

Présentation officielle :  Étendu et tendu, l’individu à terre répond encore à l’agresseur, il se bat, mais se tient dans les lignes dessinées au sol à la craie. Le meurtre a eu lieu, agression mortelle. On remonte le fil, retour en arrière vers le moment crucial, l’agression, le coup et la chute. Le corps au sol de la victime s’exprime, se défend, parle pour se sauver. L’histoire se raconte à rebours, on remonte jusqu’au moment de la bière, la violence verbale. On rembobine le fil, la trame du drame, on y voit plus clair. Mais l’homme a fini là, au sol, contre le bar, laissé pour mort. Un corps à terre, deux sonates de Beethoven et une voix pour tout dire. Comment faire face à la sauvagerie, à la bestialité ? Parler, toujours, pour tenir. Mais il est par terre et sa chaise est renversée.

La comédienne Juliette Plumecocq-Mech assume au sol la position et la voix du personnage masculin. Athlète d’exception, elle incarne la révolte de l’homme tombé, impuissant face à la barbarie des autres. Christophe Rauck, directeur du Théâtre du Nord à Lille et metteur en scène, a commandé le monologue de Toute ma vie… à Rémi De Vos. L’auteur a présenté au Rond-Point Jusqu’à ce que la mort nous sépare et Sextett dans des mises en scène d’Éric Vigner, Débrayage dirigé par Anne-Laure Liégeois et Occident mis en scène par Dag Jeanneret. Nouvelle musique ici, haletante, souffle coupé d’une humanité terrorisée, tombée, qui résiste, contre toute attente encore, par la parole. 

- Pierre Notte

La performance de l'actrice est remarquable ; elle parle couchée avec une puissance, un rythme impressionnant ! Même si on ne peut pas dire que le texte renouvelle le genre... René Solis 

C'est un théâtre agréable et confortable sur un sujet qui ne l'est pas. Anna Sigalevitch 

Le sous-texte m'a gêné ; la peur devient la peur de tous... Corinne Rondeau

Vos commentaires

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......