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En haut : Art. En bas de gauche à droite : Bluebird et J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne.

Théâtre : "Là on est vraiment dans la dimension « Boulevard » la subtilité et la nuance ne sont pas vraiment au rendez-vous"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir une émission consacrée au théâtre avec : Art de Yasmina Reza, J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne de Jean-Luc Lagarce et Bluebird de Simon Stephens.

En haut : Art. En bas de gauche à droite : Bluebird et J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne.
En haut : Art. En bas de gauche à droite : Bluebird et J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne. Crédits : © Christophe Raynaud de Lage; Pascal Victor/ArtcomPress; Julien Piffaut

Art, depuis le 30 janvier au théâtre Antoine

Texte de Yasmina Reza. Mise en scène de Patrice Kerbratn. Avec : Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin, Alain Fromager.

Art au Théâtre Antoine
Art au Théâtre Antoine Crédits : copyright Pascal Victor/ArtcomPress

Présentation officielle : 

Ils sont trois amis.

Ils se nomment : Marc, Serge et Yvan.

Ils sont amis depuis trente ans jusqu’au jour où Serge achète un tableau entièrement blanc (si on cligne les yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux…).

Serge présente à Marc son acquisition.

Marc contemple l’œuvre et s’enquiert de son prix.

Cette scène anodine est le point de départ d’un « cataclysme » entre les trois amis.

C’est un spectacle que j’ai vu avec beaucoup d’ennui et d’agacement. Je trouve la pièce réactionnaire. Ce texte est devenu rance. Lucile Commeaux

Là on est vraiment dans la dimension « Boulevard » la subtilité et la nuance ne sont pas vraiment au rendez-vous. Arnaud Laporte

Partir du prétexte de l’art contemporain pour parler d’une amitié qui se délie est aujourd’hui encore intéressant. Daroussin est hilarant. Philippe Chevilley

J’avais été irrité par l’attaque réactionnaire à l’art contemporain à la création, ça m’avait horripilé. Mais j’ai vu sur scène trois hommes paumés, trois hommes d’aujourd’hui. Ce que j’aurai aimé c’est un regard de femme sur ces trois hommes, mais ce n’est pas bien interprété. Fabienne Pascaud

J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne, du 24 janvier au 4 mars à la Comédie Française, Théâtre du Vieux-Colombier.

Texte de Jean-Luc Largarce. Mise en scène de Chloé Dabert. Avec : Céline Brune, Clotilde de Bayser, Suliane Brahim, Jennifer Decker et Rebecca Marder.

J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne.
J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne. Crédits : ©Christophe Raynaud de Lage, collection Comédie-Française.

Présentation officielle : 

« Je regardais le ciel comme je le fais toujours, [...] je songeais à toutes ces années que nous avions vécues et que nous avions perdues, toutes ces années que nous avions passées à l’attendre, celui-là, le jeune frère, depuis qu’il était parti, s’était enfui, nous avait abandonnées. »

Jean-Luc Lagarce raconte ici le retour ultime du fils – ou du frère – dans la maison familiale, en écho à Juste la fin du monde, pièce avec laquelle l’auteur est entré au Répertoire en 2008 et qui a été récemment adaptée au cinéma par Xavier Dolan. Tel Ulysse, il revient de ses guerres, épuisé, et les femmes le couchent dans sa chambre où il sombre dans un sommeil éternel. Elles attendaient son retour pour commencer à vivre... Dès lors la parole se libère : « on lutte une fois encore, la dernière, à se partager les dépouilles de l’amour, on s’arrache la tendresse exclusive. On voudrait bien savoir. »
Cette pièce féminine, écrite par un homme, est confiée à Chloé Dabert qui signe, après Nadia C., sa deuxième mise en scène avec la Troupe. Elle rassemble une famille d’actrices à même d’incarner ces grands rôles du répertoire contemporain, proches des Trois Sœurs de Tchekhov, qui cherchent dans le flot des mots l’expression la plus juste de soi, avec maladresse parfois, colère ou joie. Cette partition fluide et rythmée invite à un travail précis, métronomique, mené ici comme une étape nécessaire à un jeu libre.

J’ai beaucoup aimé ce spectacle. Je me suis laissée envoûter par l’écriture de J-L Largarce. C’est éblouissant ce qu’il arrive à nous dire sur l’attente. J’ai trouvé ça somptueux ! Fabienne Pascaud

La mise en scène et les comédiennes m’ont porté. Suliane Brahim est excellente. Philippe Chevilley

J’aime beaucoup ce texte, mais la scénographie de Chloé Dabert ne semble pas trouver les solutions. L’utilisation du son et de la musique n’est pas maîtrisée non plus. La direction d’acteur fait alterner le bon et le moins bon. Ça devient parfois pénible à écouter. Arnaud Laporte

Bluebird, au Théâtre du Rond-Point du 7 février au 4 mars.

Texte de Simon Stephens, traduction de Séverine Magois. Mise en scène de Claire Devers. Avec : Philippe Torreton, Baptiste Dezerces, Serge Larivière, Marie Rémond, Julie-Anne Roth.

Bluebird au Théâtre du Rond-Point
Bluebird au Théâtre du Rond-Point Crédits : ©Julien Piffaut.

Présentation officielle : 

Et tu n’étais pas là Jimmy.
Longtemps après l’accident tragique, le chauffeur de taxi Jimmy conduit sa Bluebird dans la nuit. Il va affronter Clare. Il ne demandera rien, il ne réclame aucun pardon de n’avoir pas été là. Il veut juste faire un don, une offrande. Geste déchirant. 

Chauffeur de taxi, Jimmy conduit sa Nissan Bluebird dans la nuit anglaise. On ne voit que sa nuque, les passagers se racontent, et il parle aussi. Il roule, avance jusqu’au lieu d’un accident tragique, survenu cinq ans plus tôt. Terrible anniversaire aujourd’hui : il va retrouver Clare, il ne l’a pas vue depuis le jour fatal, la disparition de leur enfant. Il quitte la taule du véhicule, il se tient debout, il est face à elle. Et face enfin à lui-même. Le drame se joue sur la route, non-lieu, entre des individus qui cherchent réparation, les mots pour panser la blessure, et retrouvent peut-être l’amour.
Parmi les premières pièces du dramaturge anglais Simon Stephens, Bluebird, écrite en 1998, dresse les portraits d’individus brisés. Ici, deux parcours blessés, deux pardons improbables. Mais l’incandescence de l’espoir des retrouvailles illumine l’œuvre de l’auteur qui adaptait pour Patrice Chéreau Je suis le vent en 2011. Réalisatrice de cinéma, Caméra d’or en 1986 pour Noir et Blanc, auteure de Chimère ; Max et Jérémie ; Les Marins perdus ou encore Rapace pour la télévision, Claire Devers dirige cinq comédiens de théâtre dans sa première mise en scène. Jimmy, en quittant son taxi, redevient un homme et affronte Clare. Il n’implore pas, il ne demande rien, il ne réclame aucun pardon de n’avoir pas été là. Il veut juste lui faire un don, une offrande pathétique et déchirante. La pièce raconte cet instant à l’intersection de leur chemin. Pierre Notte

C’est un spectacle dont il faudrait partir au bout d’une heure et demie. La scénographie est belle. Il y a un vrai intérêt cinématographique à voir la première partie. Mais il y a ce vide dans la seconde partie, qui est très mélodramatique. Il y a aussi des anglicismes énormes ! Lucile Commeaux

Moi j’aurais supprimé la première partie! Elle contient tous les clichés sur les taxis etc.. Je trouve cette pièce très mauvaise : du cinéma bon marché imposé sur une pièce de théâtre! Mais j’ai plutôt bien aimé le côté mélo, maintenu par le jeu des comédiens. Fabienne Pascaud

C’est intéressant de voir une cinéaste qui fait du théâtre. Les intentions sont bonnes, les comédiens également, la scénographie est assez belle… Mais ça ne fonctionne pas. La mise en scène est très figée, cela manque de théâtre. Philippe Chevilley

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