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A gauche : L'oiseau vert ©Polo Garat. A droite de haut en bas : Paroles gelées ©Guillaume Chapeleau / Bérénice ©Elizabeth Carecchio

Théâtre : "Il y a de la truculence dans l’air, un plaisir enfantin de faire des ronds dans l’eau, de jouer avec les mots"

55 min
À retrouver dans l'émission

Au sommaire de La Dispute ce soir, trois pièces "Bérénice" au théâtre de l'Odéon, "Paroles Gelées" au Théâtre Gérard Philipe et "L'oiseau vert" au Théâtre de la Porte Saint-Martin.

A gauche : L'oiseau vert ©Polo Garat. A droite de haut en bas : Paroles gelées ©Guillaume Chapeleau / Bérénice ©Elizabeth Carecchio
A gauche : L'oiseau vert ©Polo Garat. A droite de haut en bas : Paroles gelées ©Guillaume Chapeleau / Bérénice ©Elizabeth Carecchio

"Bérénice" jusqu'au 10 juin au Théâtre de l'Odéon

De : Jean Racine 

Mise en scène : Célie Pauthe

Présentation officielle :
Titus et Bérénice vivent un amour impossible. Ils ne peuvent se l’avouer. Bérénice ne peut pas même le concevoir : depuis cinq ans, son amant n’a cessé de lui jurer une passion éternelle. Quant à Titus, il préfère s’étourdir, s’aveugler. Mais voici que s’est levé le jour tragique. Entre la loi du monde et la foi des amants, il va falloir choisir. Et ce choix est un mortel déchirement. Il semblerait pourtant que Titus n’ait qu’un mot à dire pour dicter son désir à l’univers entier et s’unir à Bérénice. Elle-même l’y encourage : “Dites, parlez !” Pourquoi donc reste-t-il interdit ?... Racine l’a lui-même indiqué : “toute l’invention”, ici, “consiste à faire quelque chose de rien”. Ce “rien” est une ligne de partage qui sans bruit, sans coup de théâtre, s’ouvre entre ceux qui s’aiment et les écarte l’un de l’autre, creusant l’abîme tout en élevant leurs paroles d’une “tristesse majestueuse” à la puissance d’un chant d’absolue passion. Célie Pauthe, comme ses mises en scène d’Une Bête dans la jungle, puis d’Un amour impossible l’ont démontré, est particulièrement sensible à ces histoires poignantes où se concentre l’essence d’un lien intime. Sa Bérénice, à laquelle elle est parvenue à force de lire Duras, naîtra de la même intuition.

L'avis des critiques :

J’ai été convaincu par l’utilisation du film de Marguerite Duras et son apparition dans le décor de manière subtile. Cela ancre profondément la pièce vers un ailleurs qu’est Césarée, on voit alors la pièce à travers l’orient. Mélodie Richard incarne de façon très belle et très réussie Bérénice. C’est très beau et je suis vraiment convaincu par la mise en scène. En revanche je ne crois pas du tout au personnage joué par Mounir Margoum, comme s’il était complètement en dehors du reste. Lucile Commeaux

La réussite du spectacle tiens au fait qu’il n’est pas plaqué directement sur le texte de Racine. En effet, le mariage du texte avec les quelques images de Césarée de Marguerite Duras entre les actes permet d’avoir une vision beaucoup plus ample de l’œuvre.  Il faut souligner le talent de Mélodie Richard qui est étonnante en Bérénice. Philippe Chevilley

Ici le personnage de l’étrangère prend toute sa force dans le temps et dans l’histoire grâce à l'utilisation du court métrage de Duras. On est à un moment de vérité avec cette mise en scène. Je suis moins enthousiaste sur Bérénice et plus touchée par Mounir Margoum, il incarne un personnage ambiguë qui fait passer énormément des choses sur le dilemme Racinien; son corps parle aussi entre les mots, c’est un personnage très émouvant. Marie-José Sirach

Le travail de Célie Pauthe est toujours formidable parce qu’il est toujours nourrissant pour le spectateur. L’espace est peut-être un peu trop ouvert pour cette scénographie. La scansion de Césarée est vraiment très belle. Les corps des comédiens, leurs rythmes et leurs gestes font sonner autrement les vers de Racine, ce jeu corporel donne une autre profondeur, je trouve cela très judicieux. Arnaud Laporte

"Paroles gelées" jusqu'au 3 juin au Théâtre Gérard Philipe

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D'après l'oeuvre originale de : François Rabelais

Mise en scène, scénographie et lumières : Jean Bellorini

Présentation officielle : Paroles gelées est une plongée dans l’oeuvre gigantesque de François Rabelais, principalement dans le Quart Livre, paru en 1552.
Humaniste fervent, médecin féru de grec et de latin, partisan du retour à la nature et d’un savoir encyclopédique, l’homme de lettres incarne à lui seul la Renaissance, tout en conservant le sens de la farce et le goût de la ripaille chers au Moyen-Âge.
Panurge, compagnon du géant Pantagruel, s’interroge lors d’un banquet sur la pertinence de prendre femme. Dans l’ivresse collective, l’assemblée largue les amarres à la recherche de la Dive Bouteille, oracle réputé. Épopée maritime, quête philosophique, le voyage est aussi désastreux que sublime.
La langue explosive, ouverte, multicolore, éclaire cette critique d’une société alors en plein bouleversement qui n’est pas sans ressemblances avec la nôtre. Jean Bellorini l’explique ainsi : « Rabelais parle de nous. De notre temps. Ce temps où, comme au passage du Moyen-Âge vers la Renaissance, les idéologies dominantes s’effondrent.
On n’en finirait pas de relever tout ce qui, dans cette oeuvre miroir, renvoie à notre époque : lutte pour la libération des mots et des corps, recherche d’une pédagogie idéale, attaques contre les fanatismes religieux, dénonciation des guerres de conquête… Ce temps où l’homme sent concrètement le besoin de se réinventer. »
Sur le plateau, treize comédiens « ouvriers de la scène » – tous musiciens et chanteurs – réchauffent contre eux les « paroles gelées » de ce récit lointain. Bottes de caoutchouc aux pieds, dans une grande pataugeoire originelle, ils barbotent, essuient des grains, évitent la noyade, accostent des îles peuplées de monstres. Intrépides et joyeux explorateurs, ils dévorent le monde, avides de vérité.

L'avis des critiques : 

C’est un spectacle extrêmement joyeux, c’est une ode au théâtre, à la langue, à la fête. Il y a de la truculence dans l’air, un plaisir enfantin de faire des ronds dans l’eau, de jouer avec les mots ! Tous les ingrédients sont réunis et les acteurs sont soudés comme les doigts de la main. On découvre Rabelais avec un plaisir neuf, sa force poétique ressort sur le plateau. Marie-José Sirach

Ce spectacle est emblématique du travail de Bellorini. Il y a une audace à adapter Rabelais avec un côté cabaret un peu déstructuré mais intelligible. Philippe Chevilley

Le spectacle a un pouvoir de comique et d’émerveillement assez fort. Bellorini n'évite pas toutes les listes présentes dans l'oeuvre de Rabelais et il les met en scène de façon extrêmement brillante. Les corps des comédiens forment de merveilleux tableaux, c’est vraiment un très beau travail. Lucile Commeaux

"L'oiseau vert" jusqu'au 17 juin au Théâtre de la Porte Saint-Martin

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Une fable de : Carlo Gozzi 

Traduction : Agathe Mélinand 

Mise en scène, décors et costumes : Laurent Pelly

Présentation officielle :
Dans une ville imaginaire, un roi revient de guerre après dix-huit ans, réjoui à la perspective de revoir sa femme et ses deux enfants. Il ne sait pas encore que durant son absence, la redoutable reine mère a pris soin de faire enterrer vivante l’épouse détestée sous l’évier des cuisines du palais. Quant aux fruits de leurs amours, des jumeaux : un garçon, une fille, elle les aura fait jeter dans le canal… La tranquillité de la méchante reine sera de courte durée car les bambins ont été sauvés par un couple de charcutiers (ignorant leurs origines princières). L’épouse, certes compressée dans le siphon des cuisines, vit toujours. Place aux sortilèges scéniques. Ce conte délirant au scénario échevelé est une pièce culte née dans la Venise du XVIIIe siècle. On y verra des pommes chanter, de l’eau danser, des statues parler, un prince métamorphosé en oiseau vert, et tout cela pour une satire sur les excès de la philosophie rationnelle et l’égoïsme des puissants! C’est qu’une pensée, vive, est en action. Fable mordante et féerique.

L'avis des critiques : 

J’ai revu ce spectacle avec beaucoup de plaisir. C’est un théâtre joyeux, fantaisiste, débridé, qui se moque de la philosophie des Lumières. Le mélange de niveau de langue brasse un théâtre populaire et un théâtre plus savant. Laurent Pelly est capable d’amener une part de magie et de poésie sur le plateau, c’est léger, cela nous emporte et fait appel à l’imagination la plus simple. Cependant le plateau du théâtre de la Porte Saint-Martin est trop étroit pour accueillir ce spectacle. Marie-José Sirach

C’est vrai que c’est un drôle d’oiseau cet oiseau vert ! Laurent Pelly réussi avec beaucoup de talent à traduire sur scène cette farce féerique qui se veut philosophique. Les comédiens ont un jeu toujours dans la dérision, avec beaucoup de second degré. Philippe Chevilley

Je me suis très profondément ennuyée pendant ce spectacle qui manque vraiment de magie. Le texte ne m’intéresse pas beaucoup à la base, mais il est surtout toujours dit de la même manière. Le jeu d’acteur est désuet et très fatigant à la longue. Le décor est vraiment très beau, la lumière et la musique sont parfaites et délicates mais ne s’accordent pas du tout avec le contenu de la pièce. Lucile Commeaux

Le spectacle pourrait être un peu plus court, mais j'ai trouvé cela fluide et élégant. La distribution est très homogène, j’ai une affection particulière pour Nanou Garcia. Arnaud Laporte

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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