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Gauche : photographie de Paz Errazuriz ; en haut à droite : Girafes ; en bas : La Fuite !

Théâtre : "C'est une comédie caustique sous la forme d'une farce onirique"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, nos critiques lèvent le rideau sur trois pièces dont une destinée aux enfants : une interprétation de "La Fuite !" de Boulgakov, une création de Luis Guenel, "El Otro" et "Tristesse et joie dans la vie des girafes".

Gauche : photographie de Paz Errazuriz ; en haut à droite : Girafes ; en bas : La Fuite !
Gauche : photographie de Paz Errazuriz ; en haut à droite : Girafes ; en bas : La Fuite ! Crédits : Paz Errazuriz, Christophe Raynaud de Lage, théâtre La Criée

El Otro, dans le cadre du festival d'Automne jusqu'au 13 décembre

Inspiré de L’Infarctus de l’âme de Paz Errázuriz et Diamela Eltit. Mise en scène de Luis Guenel. Avec Daniel Antivilo, Luz Jiménez, Ángel Lattus, Millaray Lobos, Francisca Márquez, José Soza, Rodrigo Velásquez.

Présentation officielle : Un spectacle qui met en scène l’amour fou, l’amour hors-normes, l’amour de l’autre. Sur scène, des images entrent en mouvement à travers sept corps balbutiants, en détresse ou en survie, pour inviter le spectateur à une rencontre avec l’autre, l’aliéné, celui que la société préfère tenir à distance.
Sur scène, sept corps, parfois chantants, maladroits, amoureux ou en quête d’amour, habitent un espace qui pourrait être un hôpital psychiatrique, quoi qu’il en soit un lieu en marge des espaces normés. Car au commencement, il y avait un livre, L’Infarctus de l’âme : un recueil de photos de Paz Errázuriz auxquelles répondent des textes de Diamela Eltit. Les photos représentent des couples et ont été prises à environ deux heures de route de Santiago du Chili, dans l’asile de Putaendo, où la folie croise l’indigence. Le texte et les images disent l’amour fou, l’amour de l’autre, l’amour hors-normes sociales. Le spectacle de la compagnie Teatro Niño Proletario, mis en scène par Luis Guenel, s’en inspire. Comme le livre, il propose une suite de tableaux, ici incarnés par sept hommes et femmes que notre société désigne comme aliénés. Les images ont pris corps, entrent en mouvement, cherchent à s’arracher au silence ; elles disent la fracture, la détresse, mais aussi la survie, et, surtout, invitent à la rencontre avec l’autre, pour mieux interroger notre regard social.

À l’Espace Cardin / Théâtre de la Ville, ce spectacle est accompagné d’une exposition de photographies de Paz Errázuriz.

Retrouvez ici toutes les dates.

Affiche du spectacle
Affiche du spectacle Crédits : festival d'Automne

La scénographie inspire le désastre, un lendemain de fête. Jean-Christophe Brianchon

On assiste à la reconstitution d'un monde violent. Lucile Commeaux

Le pari est tenu sur le fond mais l'expérience théâtrale, presque documentaire, exclut le spectateur. Philippe Chevilley

La Fuite !,  du 29 novembre au 17 décembre au théâtre Gérard Philippe

Pièce en quatre actes de Mikhaïl Boulgakov. Adaptation, mise en scène, décor et costumes de Macha Makeïeff. Avec Pascal Rénéric, Vanessa Fonte, Vincent Winterhalter, Thomas Morris, Geoffroy Rondeau, Alain Fromager, Pierre Hancisse, Sylvain Levitte, Samuel Glaumé, Karyll Elgrichi, Émilie Pictet et une petite fille.

Présentation officielle : Boulgakov, maître du comique et du fantastique, écrit pour le théâtre une comédie mystique, profonde, drôle, hallucinée.
Vaudeville frénétique sur l’exil et la défaite, sur les existences prises dans la folie de la révolution russe. Fil rouge du jeu et du destin. La débâcle et le chaos y sont magnifiés par la drôlerie et l’excentricité de personnages de haut-vol.

Très proche du Maître et Marguerite, La Fuite !, pièce alerte écrite en 1928, au style brillant et insolent, ne sera jamais jouée du vivant de son auteur, victime visionnaire de la censure et de l’autorité staliniennes.

Crimée, 1920 : ceux que l’on appelle les « Russes blancs » sont aux abois, la guerre civile qui a suivi le coup d’État bolchévique est perdue. Il ne reste d’autre issue que la fuite vers la Crimée, Sébastopol, Constantinople, puis Paris… En huit songes fantastiques, entre cauchemars et illuminations, Boulgakov transfigure le chaos d’une déroute. Dans cette situation d’urgence folle d’un monde ancien qui s’effondre apparaît une galerie de personnages étonnants : civils chassés et état-major vaincu, des êtres jetés hors de leur monde, déclassés, réprouvés, portés par une fièvre de vivre dans le pur style du théâtre satirique russe. S’enchaînent ainsi désirs de revanche, désirs de retour, folie du jeu, morphine et typhus, trahisons, espions drolatiques, amours déchirées, fatalisme malicieux, course irrésistible !

Comme l’écrit Serge Nivat : « Boulgakov se dit le successeur des deux grands poètes comiques qu’il vénère : Molière et Gogol. »

En montant La Fuite !, Macha Makeïeff plonge dans son histoire familiale et sa rêverie d’enfance, dans une histoire collective que l’exil ne cesse de traverser. Un spectacle d’images, de musique et d’étonnements, vaudeville entre mélancolie, fantaisie et humour.

En tournée

  • le 21 et 22 décembre : Théâtre Liberté / Toulon
  • du 9 au 13 janvier : Les Célestins / Lyon
  • du 19 et 20 janvier : Le Quai / Angers
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J'ai l'impression que l'opulence de la mise en scène pallie une carence du texte. Lucile Commeaux

On se retrouve face à une grande fresque dont le sens ne sort pas de la note d'intention. Jean-Christophe Brianchon

C'est une comédie caustique sous la forme d'une farce onirique. Philippe Chevilley

Tristesse et joie dans la vie des girafes, du 28 novembre au 9 décembre au théâtre Monfort

Pièce de Tiago Rodrigues. Traduit du portugais et mis en scène par Thomas Quillardet. Avec Maloue Fourdrinier, Marc Berman, Christophe Garcia et Jean-Toussaint Bernard.

Présentation officielle :  La pièce  est un parcours initiatique. Girafe est une petite fille de 9 ans. C’est sa mère qui lui a donné ce nom, car elle est grande. Elle est accompagnée par son ours en peluche Judy Garland et traverse une Lisbonne dévastée par la crise économique.

Si le texte de Tiago Rodrigues s’inspire des codes du conte, ne vous y trompez pas, ce n’est pas qu’une pièce pour enfant. Il est question de crise économique, de deuils, de solitude, de renoncements. C’est en confrontant un regard enfantin ingénu et plein d’espoir, avec la réalité des rouages économiques d’aujourd’hui que le spectacle souligne les cruautés et les aberrations d’un Portugal et d’une Europe en déroute.

Lumineuse sans mièvrerie, pleine d’humour et d’une grande tendresse, tristesse et joie… est une fable contemporaine qui mélange les genres, emprunte les codes du conte dans un jeu d’équilibre ludique et jubilatoire.

En tournée :

  • le 14 janvier au théâtre Paul Eluard / Choisy le Roi
  • le 19 et 20 janvier : Le Trident / Cherbourg
  • le 25 et 26 janvier au théâtre Jean Lurçat / Aubusson
  • le 30 et 31 janvier au théâtre de Vanves
  • du 6 au 17 avril au festival "Terres de paroles", Normandie
Visuel du spectacle
Visuel du spectacle Crédits : Christophe Raynaud de Lage

La langue est habile, mais le fond manque d'intelligence sur les questions sociales. Jean-Christophe Brianchon

La mise en scène de Thomas Quillardet est très inventive. Arnaud Laporte

Le texte réussit la prouesse de n'être jamais mièvre. Lucile Commeaux

Les acteurs ne font pas un numéro : ils campent leur rôle avec modestie. Philippe Chevilley

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