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Théâtre : "Ce qui m’a amusé, c’est finalement que cette anticipation est un bond dans le passé"

56 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute, théâtre avec La Maison, Macbeth et France fantôme.

La Maison, jusqu'au 11 février au théâtre de la Colline

Texte de Julien Gaillard. Mise en scène Simon Delétang. Avec Rémi Fortin, Julien Gaillard, Frédéric Leidgens.

Présentation officielle

« Dans la maison passent peu de corps, puisqu’elle est le corps, le nôtre. Mais il nous semble parfois nous souvenir d’un geste, d’une parole ; de l’un d’eux ; de l’un de ces corps peuplant la chambre vide. Parmi l’essaim des reflets, nous les écoutons respirer, sans rien dire. »

Julien Gaillard

Trois frères habitent une maison, semblant livrés à eux-mêmes. Un jour, ils découvrent une pièce condamnée, aux fenêtres murées, et observent des ombres qui bougent dans le miroir d’une armoire. Guidés par leurs sens, ils visitent la maison de pièce en pièce en quête de ses mystères...

Le texte de Julien Gaillard, poète en constante recherche de la dramaturgie du rythme, renvoie instinctivement à notre propre rapport à l’enfance dans ce que celui-ci comporte de fantomatique.
Ces enfants existent-ils vraiment, au présent ? Sont-ils la réminiscence d’un souvenir d’adulte ? Quelles sont les dérives de la mémoire et quelles peurs véhiculent-elles ? Non sans penser à des séquences de La Nuit du chasseur de Charles Laughton, où des animaux observent la fuite d’enfants pourchassés par un pasteur psychopathe, La Maison interroge l’idée que « quelque chose nous épie » et que nous prenons conscience de notre propre existence à la perception de cet invisible. C’est l’éveil de cette conscience que convoque le texte à travers un portrait tout autant onirique que concret et sensitif de notre lien à l’enfance.

Tournée :

du 14 au 17 février à 20h30 au Casino de Bussang

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Il n’y a pas une seule chose qui ne soit pas maîtrisé dans ce spectacle. Les trois acteurs sont très bons. Le texte évoque beaucoup avec peu. Tout est là. René Solis

La pièce commençait très bien, il y a un rapport au temps assez artificiel sauf qu’on lâche très vite ce temps étiré. Cela à cause de la distorsion entre le mystère voulu et la sur-signification des mots qui sont dits sur scène. Jean-Christophe Brianchon.

Je me suis profondément ennuyé. Philippe Chevielley

Macbeth, jusqu'au 10 mars au théâtre de l'Odéon

Texte de William Shakespeare. Mise en scène de Stéphane Braunschweig. Avec Christophe Brault, David Clavel, Virginie Colemyn, Adama Diop, Boutaïna El Fekkak, Roman Jean-Elie, Glenn Marausse, Thierry Paret, Chloé Réjon, Jordan Rezgui, Alison Valence, Jean-Philippe Vidal.

Présentation officielle : De part et d’autre du meurtre du roi Duncan et de l’usurpation du trône par le régicide Macbeth, les questions qui se posent restent béantes comme des plaies. Le héros n’est peut-être qu’un brave qui a eu le malheur de croiser sur sa route trois sorcières dont il n’aurait pas dû écouter les prophéties. Mais de qui sont-elles les porte-parole ? Dans un monde où la boue des champs de bataille est l’envers sanglant des lieux feutrés du pouvoir, toutes les transgressions semblent devenues possibles. Macbeth est comme l’histoire d’un rêve qui prend peu à peu corps. Ce rêve semble d’abord flotter entre les deux époux Macbeth. Il ne se met à prendre, à coaguler, qu’à partir du moment où ils s’en reparlent. Dans cette pièce onirique, on ne sait jamais exactement où l’imagination commence à s’incarner, ni comment séparer fantasme et réalité – mais la spirale destructrice, une fois lancée, ne s’arrête plus... La plus courte des tragédies de Shakespeare semble combattre le cauchemar d’un monde basculant dans l’irrationnel et livré au règne de la peur : Stéphane Braunschweig y voit une œuvre pour notre temps.

Il y a une idée forte dans le décor, qui porte le spectacle. La lecture de la pièce est d’une très grande cohérence. René Solis.

Le couple Macbeth m’a séduit. Il y a un équilibre entre les deux protagonistes, un partage du mal. Le décor pousse la pièce vers des choses intéressantes. Philippe Chevilley.

J’ai beaucoup de réserve sur la traduction. Je ne comprends pas la nécessité de retraduire Shakespeare après Déprats. Jean-Christophe Brianchon.

France fantôme, jusqu'au 10 février au théâtre Gérard Philipe

Texte et mise en scène de Tiphaine Raffier. Avec Guillaume Bachelé, François Godart, Mexianu Medenou, Édith Mérieau, Haïni Wang, Johann Weber, Rodolphe Poulain et les musiciens Marie Éberlé et Pierre Marescaux.

Présentation officielle : C’est un genre rarissime au théâtre et c’est une nouvelle venue de la scène française, auteure et metteure en scène de deux premiers spectacles (La Chanson et Dans le nom), qui s’y essaie.
Une oeuvre de science-fiction : voici ce que Tiphaine Raffier propose avec France-fantôme. Dans le monde qu’elle invente, grâce à une technologie nationale, il est devenu possible de décharger ses souvenirs dans des coffres-forts numériques reposant au fond de l’océan.
Lorsque la mort advient, il suffit de les injecter dans un autre corps. On réintègre alors le monde des vivants. On appartient à la communauté des « rappelés ».

Pas d’esthétique futuriste, mais plutôt un lieu d’expérimentation philosophique. Dans cette société libérale qui ressemble fort à la nôtre, la résurrection est devenue un marché ; l’incarnation, le stade ultime, tridimensionnel, de l’image. Les effets en sont divers : les visages ne comptent plus, les écrans les brouillent. Les oeuvres d’art tombent dans l’oubli, puisque la représentation humaine est jugée indésirable. Des clivages entre les rappelés et les « originaux » se forment, car les premiers revendiquent un statut d’égalité avec les seconds.
Dans cette « France-fantôme » où le deuil est au centre de la vie, on suit le parcours d’une femme qui perd son compagnon. Son amour pour le disparu, sa douleur, contredisent tous les mécanismes palliatifs. Le système se grippe, chair contre souvenirs.
Avec neuf acteurs et musiciens au plateau, Tiphaine Raffier dévoile ce monde inquiétant pour mieux parler de la grande intimité – la mémoire et le chagrin.

Visuel
Visuel Crédits : Simon Gosselin

J’ai trouvé cela d’une très grande fluidité et très maîtrisé. Arnaud Laporte.

C’est foisonnant, remplis de clin d’œil à la science-fiction. Thiphaine Raffier joue avec ça. Ce qui m’a amusé et intéressé, c’est finalement que cette anticipation est un bond dans le passé. René Solis.

Je trouvais l’histoire très intéressante. Mais sur le plan formel, la scénographie et la direction d’acteur rassemblent tous les stigmates du théâtre contemporain. Jean-Christophe Brianchon.

Je suis assez partagé. A force de vouloir mener de front une histoire très alambiquée cela devient un peu confus. Il y a plein de bonnes choses qui méritent d’être plus resserrées au niveau de l’écriture. Philippe Chevilley.

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