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En haut : "Les Créanciers" à la Comédie-Française (photo ©Brigitte Enguérand) et "L'Avare" au Théâtre de l'Odéon ( Photo ©Pascal Gély). En bas : "Les Naufragés" aux Nuits de Fourvière.

Théâtre : "Didier Sandre est formidable dans ce côté carnassier du spectacle"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute consacrée au théâtre : "L'Avare" dans la mise en scène de Ludovic Lagarde, "Les Créanciers" d'August Strindberg vus par Anne Kessler et le roman "Les Naufragés" de Patrick Declerck adapté par Emmanuel Meirieu aux Nuits de Fourvière.

En haut : "Les Créanciers" à la Comédie-Française (photo ©Brigitte Enguérand) et "L'Avare" au Théâtre de l'Odéon ( Photo ©Pascal Gély). En bas : "Les Naufragés" aux Nuits de Fourvière.
En haut : "Les Créanciers" à la Comédie-Française (photo ©Brigitte Enguérand) et "L'Avare" au Théâtre de l'Odéon ( Photo ©Pascal Gély). En bas : "Les Naufragés" aux Nuits de Fourvière.

"L'Avare" jusqu'au 30 juin au Théâtre de l'Odéon

De : Molière
Mise en scène : Ludovic Lagarde

Présentation officielle : Signé Ludovic Lagarde, voici un Avare de choc, bourreau des autres comme de soi-même, faisant le malheur de ses proches et la joie de ses spectateurs ! Avide autant qu’avare, Harpagon veut à la fois accumuler et retenir. Et surtout, ne pas consommer. Lagarde nous montre la demeure de son Harpagon quasiment sans mobilier, mais encombrée de containers prêts à être réexpédiés, en vertu de la loi du profit. Toute solidarité, tout lien familial ou social sont solubles dans l’or. Pour Harpagon, la richesse est faite pour disparaître au fond d’un trou noir, sans retour et sans fond, pareil à celui qu’il creuse au fond de son jardin pour y enfouir sa chère cassette. Tant pis pour les autres – et pour soi-même, car ce trou est aussi une fosse au fond de laquelle l’Avare creuse sa propre tombe... Comment donc en sortir ? Est-ce seulement possible ? Ludovic Lagarde met brillamment en relief les deux faces de L’Avare, sommet de la comédie noire. Comédie, car on n’échappe pas si facilement à la vitalité de la vie (même Harpagon songe à se remarier !). Noire, parce que l’Avare reste incurable : l’or lui tient lieu de corps, et la cassette de dernière demeure... Dès lors, quel avenir un tel homme peut-il laisser à ses enfants ? Et si son monde est bien le nôtre, quel visage voyons-nous dans le sombre miroir qu’il nous tend ?

L'avis des critiques :

C’est un spectacle que j’ai beaucoup aimé grâce à Laurent Poitrenaux qui mélange les registres avec une grande virtuosité. Pour une fois c’est un avare assez sexy ! Fabienne Pascaud

C’est un spectacle très mis en scène avec un choix de scénographie réussi. Lagarde actualise l'Avare, c’est juste dès le début, c’est une lecture forte sur chaque phrase. Il y a une réflexion sur tous les personnages. Philippe Chevilley

Poitrenaux est un acteur formidable, qui joue avec tout son corps et fait passer des choses étonnantes. C’est une juxtaposition de très grands moments d’acteurs mais il manque une liaison d’ensemble. René Solis

Le spectacle commence lorsque Laurent Poitrenaux arrive sur scène et il redistribue son énergie. J’y ai pris énormément de plaisir, c’est très bien réglé, presque une chorégraphie. Il y a énormément d’idée mais peut-être trop. Arnaud  Laporte

"Les Créanciers" jusqu'au 8 juillet à la Comédie-Française

"Les Créanciers" à la Comédie-Française
"Les Créanciers" à la Comédie-Française Crédits : (photographie de Brigitte Enguérand)

De : August Strindberg
Mise en scène : Anne Kessler

Présentation officielle : « C’est étrange mais j’ai parfois l’impression qu’ elle n’existe pas en dehors de moi, qu’elle est une partie de moi-même, un viscère qui aurait absorbé ma volonté, ma joie de vivre ; il me semble avoir déposé en elle le nœud vital dont parle l’anatomie. »

C’est ainsi qu’Adolphe se confie dès la première scène à un inconnu, qui n’est autre que le premier mari de son épouse. Loin du simple drame conjugal, le trio de cette pièce écrite juste après Mademoiselle Julie se noue autour de l’amour absolu. Les protagonistes y sont, jusque dans le délire, d’une intelligence et d’une lucidité redoutables. Femme volage, Tekla est une écrivaine à la mode à qui Adolphe a tout donné, il l’a portée aux nues au détriment de sa propre carrière de peintre. Mais il est aujourd'hui l’heure de rendre des comptes : le premier mari frappe à la porte du présent pour se venger de son successeur qui lui a volé sa légitimité et pour réclamer son dû à celle qu’il a toujours adulée.
Anne Kessler connaît bien l’œuvre de l’auteur suédois qu’elle a notamment déjà abordée en tant que metteure en scène dans Grief [s], et interprétée récemment avec Père. Directrice d’acteurs lumineuse, elle relève le trait percutant avec lequel se déploie ce drame à l’intrigue policière proche de l’univers de Pinter. Dans cette traque amoureuse, les protagonistes ont pour arme les mots et laissent au champ de bataille le tréfonds de leurs âmes.

L'avis des critiques :

Après réflexion la pièce est passionnante et ambiguë comme un vaudeville à l’envers, mais elle peut tomber dans le boulevard ou le mélo… Sur la durée c’est un peu ennuyeux et sans ressort. Je ne suis pas emballé par les comédiens. Philippe Chevilley

J’avais une sorte de malaise en sortant, la représentation est martelée par la présence de Didier Sandre qui incarne un personnage diabolique, il est rare de voir un comédien malmener à ce point son personnage. Mais la tragi-comédie est complétement absente. René Solis

J’ai aimé être effrayée. Ce que nous montre Didier Sandre est formidable, ce côté carnassier du spectacle. J’ai trouvé que cette violence de destruction est admirablement portée par Anne Kessler avec des accents presque Hitchcockiens. Fabienne Pascaud

"Les Naufragés" jusqu'au 23 juin aux Nuits de Fourvière

D’après le roman : Les Naufragés, avec les clochards de Paris de Patrick Declerck
Mise en scène : Emmanuel Meirieu

Présentation officielle : Depuis près de dix ans, Emmanuel Meirieu porte des romans à la scène, et toujours sous la forme de témoignages. Face au public, au micro et seuls en scène, des êtres viennent se raconter, brisés, viscéralement humains. La première création éclatante de cette forme de théâtre intime est née sous le ciel de Fourvière, dans un Odéon au sol couvert de neige. C’était en 2010, il avait adapté le roman de Russell Banks, De beaux lendemains. C’est donc avec une émotion toute particulière et un grand enthousiasme que nous avons accueilli la proposition de Julien Poncet, directeur de la Comédie Odéon, de les accompagner sur cette création Hors les Murs. Avec l’adaptation du Best-Seller de Patrick Declerck, Les Naufragés, il nous donnera à écouter le témoignage d’un homme parti vivre avec les oubliés, les naufragés, les indigents.

L'avis des critiques :

C’est un spectacle d’une telle force visuelle et émotionnelle que cela m’a laissé sans voix. Il y a une proposition scénique comme j’en ai rarement vu, ainsi qu’un très beau travail sur le texte de Patrick Declerc. Tout est d’un maitrise admirable, j’en suis sorti fortement ému. Ce trop-plein est au service d’un grand dessein artistique et humain. René Solis 

Est-ce que d’autres pourrons revoir cette scénographie magistrale ? Mais je me suis laissée totalement embarquer, ce que nous dit Patrick Declerc est bouleversant, cela nous remet complètement en cause. Fabienne Pascaud

Il y a une sincérité et un vrai talent chez Emmanuel Meirieu, il file la métaphore des Naufragés jusqu’au bout. Ce que je trouve extraordinaire c’est qu’il fait du vrai théâtre sans diluer le propos. Philippe Chevilley

Vos commentaires :

Avant et pendant l'émission, réagissez et donnez votre avis sur le compte Twitter et la page Facebook de la Dispute.

Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records)

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