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A gauche : "A la trace" ©Jean-Louis Fernandez et "Reconstitution" ©Tristan Jeanne-Valès. A droite : "Névrotik-Hôtel" ©Marcel Hartmann

Théâtre : "Ce qui est formidable c’est que Michel Fau est à la fois premier et ixième degré"

55 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir dans La Dispute théâtre, Michel Fau incarne de nouveau une diva aux côtés d'Antoine Kahan dans "Névrotik-Hôtel", Pascal Rambert reconstitue la première rencontre d'un couple 20 ans après et Alexandra Badea et Anne Théron nous proposent d'accompagner Clara dans son enquête avec "A la trace".

A gauche : "A la trace" ©Jean-Louis Fernandez et "Reconstitution" ©Tristan Jeanne-Valès. A droite : "Névrotik-Hôtel" ©Marcel Hartmann
A gauche : "A la trace" ©Jean-Louis Fernandez et "Reconstitution" ©Tristan Jeanne-Valès. A droite : "Névrotik-Hôtel" ©Marcel Hartmann

"Névrotik-Hôtel" jusqu'au 27 mai au Théâtre des Bouffes du Nord.

Névrotik-Hôtel © Marcel Hartmann
Névrotik-Hôtel © Marcel Hartmann

Mise en scène de : Michel Fau

Présentation officielle :
Après son Récital emphatique présenté en 2011, Michel Fau incarne une nouvelle diva flamboyante au côté du charismatique Antoine Kahan.

" Arthur Rimbaud disait : « Rien n’est beau que le faux, le faux seul est aimable. » Une certaine théâtralité factice me fascine, me fait rire et m’inquiète. Je veux continuer mon travail sur le travestissement et sur la voix transformée, par des chemins différents. C’est pourquoi, et en compagnie du charismatique Antoine Kahan, je vais tenter d’incarner la vérité de l’artifice…
À partir de chansons inédites de Michel Rivgauche et d’autres, sur des musiques mélancoliques et raffinées de Jean-Pierre Stora, j’ai demandé à Christian Siméon d’inventer un conte maléfique et pathétique : l’étrange histoire d’une vieille dame dévastée par la vie, seule dans une chambre d’hôtel en bord de mer, qui propose à un joli groom agaçant un contrat funèbre et délicat.
Cela ressemble à une vertigineuse mise en abyme des clichés humains, mais c’est aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française. « Ma vie visible ne fut que feintes bien masquées » disait Jean Genet… "
Michel Fau

Ce qui me plait surtout est la performance de Michel Fau, en étant dans le faux total, il est plus que femme tout en étant un homme. Cela pose vraiment la question de la féminité. Fabienne Pascaud

Michel Fau dans la peau de cette diva, c’est magnifique, émouvant et outrancier. On rit, mais pas que, on est touché par cette solitude. C’est un très beau spectacle avec pas grand-chose. Marie-José Sirach 

Michel Fau est irrésistible dans ce registre. Il joue avec autant d’outrance que de finesse. Le duo avec Antoine Kahan fonctionne admirablement bien. Anna Sigalevitch

Ce qui est formidable c’est que Michel Fau est à la fois premier et ixième degré. Arnaud Laporte

"A la trace" jusqu'au 26 mai au Théâtre de la Colline.

"A la trace" Photo © Jean-Louis Fernandez
"A la trace" Photo © Jean-Louis Fernandez

Une pièce de : Alexandra Badea
Mise en scène de : Anne Théron

Présentation officielle : " Suite à une série de conversations menées avec Anne Théron autour de la maternité, Alexandra Badea écrit À la trace d’un geste, témoignant à la fois d’elle-même et d’une génération de femmes, faisant de l’écriture une eau qui révèle les dessins invisibles tracés au jus aigre des silences.
Au décès de son père, événement qui réveille un pan anesthésié de mémoire, Clara découvre un sac de femme dans ses affaires. À l’intérieur, peu de choses : quelques objets anodins et une carte d’électeur au nom d’Anna Girardin. Rien de plus, mais suffisamment pour que Clara décide d’enquêter.
Tout en subtilité, le récit déploie une intimité inscrite dans le réel : chacun des personnages que Clara croise sur son chemin mène une vie « normale » tout en semblant être adossé à un mur en train de s’effondrer. Leur chute pourra-t-elle être salvatrice s’ils parviennent à être lucides sur leur rapport au monde ? À la trace explore la manière avec laquelle la société finit par pervertir, défaire ou rendre plus troubles les liens que chacun entretient avec ses proches et sa propre vie. "

Se pose ici la question de la maternité et des relations mère-fille dans une société patriarcale. C’est une écriture intime qui repousse les lignes d’horizons sur la question de la femme, sans jamais se plaindre. Le personnage central de la mère est très libre dans sa façon de bouger dans le monde, et cela dit beaucoup des hésitations dans un monde moderne. Marie-José Sirach

J’ai trouvé cela insupportable. J’avais hâte que les hommes apparaissent à l’écran pour nous sauver de ce climat pesant, lent et lourd. La relation entre la comédienne sur scène et l’acteur en vidéo est la seule chose intéressante. Fabienne Pascaud

L’articulation dramatique du spectacle est intéressante. Il n’y a pas de jugement moral, en revanche il y a un problème d’écriture sur scène, elle enfonce des portes ouvertes. Anna Sigalevitch

C’est un des spectacles qui m’a le plus énervé depuis longtemps et la faute incombe uniquement au texte. Car les quatre comédiennes, la mise en scène et la scénographie sont réussies par ailleurs. Arnaud Laporte

"Reconstitution" jusqu'au 23 mai au Théâtre de l'Aquarium

Reconstitution © Tristan Jeanne-Valès
Reconstitution © Tristan Jeanne-Valès

Texte, mise en scène, scénographie & lumière de : Pascal Rambert

Présentation officielle :
" Ils se sont aimés, ils ont fait un enfant. Puis ils se sont séparés. Vingt ans plus tard, elle lui propose de se retrouver pour reconstituer leur première rencontre dans un hangar loué pour l’occasion. Comme une manière de se réconcilier ? De se souvenir de la naissance de l’amour ? Pour renouer avec ce qui a été et resterait malgré tout essentiel ? Mais comment se parler après tant de temps, alors que les corps ont changé, que la vie les a transformés ? Qu’est-ce qui les rejoint encore ? "

C’est un spectacle qui m’a bouleversé par sa pudeur. Cette permanence du choc amoureux qui va aller très loin est une réflexion sur l’amour, sur les corps qui vieillissent, sur les "vieux amants" comme disait Jacques Brel. Fabienne Pascaud

Il y a effectivement de la sincérité, mais il y a une reconstitution qui n’entre pas en collision avec le présent. Aujourd’hui il ne se passe rien entre eux, comme s’ils n’avaient plus de vitalité ni d’avenir. Anna Sigalevitch

Je trouve les deux acteurs touchants mais je suis moins séduite par le texte. Cela m’a laissé un peu sur le côté. C'est un regard très clinique sur l'amour. Marie-José Sirach

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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