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A gauche : Le Paradoxe de Georges © Christophe Raynaud De Lage. A droite : Tristesses © Christophe Engels / Re-Paradise ©  Nanterre-Amandiers

Théâtre : "La performance est transformée en théâtre"

56 min
À retrouver dans l'émission

A l'affiche de le Dispute consacrée au spectacle vivant ce soir : "Re-Paradise" par Gwenaël Morin d'après Paradise Now du Living Theater, de la magie nouvelle avec "Le paradoxe de Georges" de Yann Frisch et "Tristesses" d'Anne-Cécile Vandalem.

A gauche : Le Paradoxe de Georges © Christophe Raynaud De Lage. A droite : Tristesses © Christophe Engels / Re-Paradise ©  Nanterre-Amandiers
A gauche : Le Paradoxe de Georges © Christophe Raynaud De Lage. A droite : Tristesses © Christophe Engels / Re-Paradise © Nanterre-Amandiers

"Re-Paradise" jusqu'au 26 mai au Théâtre Nanterre-Amandiers.

Re-Paradise (NANTERRE-AMANDIERS © 2018)
Re-Paradise (NANTERRE-AMANDIERS © 2018)

Une création de : Gwenaël Morin 

D'après le spectacle Paradise Now de la troupe américaine The Living Theater.

Dans le cadre du festival Mondes Possibles au centre dramatique national Nanterre-Amandiers. 

Présentation officielle :
Le metteur en scène et directeur du Théâtre du Point du Jour à Lyon, Gwenaël Morin, revisite pour Mondes possibles le spectacle Paradise Now de la troupe américaine The Living Theater, créé en juillet 1968 au Festival d’Avignon : « J’ai l’intention pour mai 2018 de reprendre Paradise Now. J’ai l’intention d’utiliser pour cela le texte rédigé a posteriori par Julian Beck et Judith Malina (directeurs du Living Theater) qui décrit les différents moments de la pièce, leurs processus de mise en œuvre et leurs soubassements dramaturgiques. J’ai l’intention d’intituler cette reprise Re-Paradise. Je voudrais réactiver le plus littéralement possible les formes anciennes contenues dans Paradise Now et mesurer le cas échéant ce qu’elles produisent encore ou ne produisent plus aujourd’hui. Le paradis est l’image d’un monde sans violence. Paradise Nowdemande ce monde « maintenant ». À l’instar des tragédies grecques antiques, cette pièce vise à produire un effet cathartique en proposant des rites théâtraux pour s’émanciper de la violence. »

Vouloir réactiver 68 en rejouant 68, on voit tout de suite la limite. La subversion de la pièce de l’époque s’est atténuée. Cela nous montre les limites de l’évolution du théâtre post-dramatique. Jean-Christophe Brianchon

C’est intéressant car c’est une occasion de revoir un spectacle emblématique de 68 sous la direction d’un bon metteur en scène. Le ridicule est mené frontalement. La performance est transformée en théâtre. Philippe Chevilley

Je trouve ça très bien, Gwenaël Morin ne se moque pas de la pièce mais il y a de l’humour !  C’est un spectacle très tenu. Certes, "Paradise Now" est plus un moment politique, qu’une pièce comptant pour son esthétisme. René Solis

"Le paradoxe de Georges" jusqu'au 30 mai au Théâtre du Rond-Point.

Le Paradoxe de Georges © Christophe Raynaud De Lage
Le Paradoxe de Georges © Christophe Raynaud De Lage

Un spectacle de et avec : Yann Frisch
Dans le cadre du festival de La magie nouvelle au Théâtre du Rond-Point

Présentation officielle : La carte à jouer semble receler d’infinies ressources…
Magicien multi-primé, Yann Frisch a imaginé un camion-théâtre, installé dans les jardins du Rond-Point. Il l’inaugure avec un spectacle de cartomagie. Festival de manipulations hallucinatoires avec cartes à jouer, suprêmes armes de son art.

Ce spectacle m’a beaucoup charmé. Yann Frisch fait un petit monologue assez amusant pour devenir un peu plus philosophique et pose la question de l’enchantement du public. Philippe Chevilley

C’est remarquable. Yann Frisch est un très bon comédien, il arrive à nous embarquer ! Il a une façon formidable de détourner l’attention tout en expliquant comment il le fait. Malheureusement, cette démonstration progresse peu. rené Solis

On en sort avec un mal de tête certain si on cherche à comprendre. J’ai quand même l’impression d’avoir eu affaire à quelqu’un de malin, qui a beaucoup travaillé, mais qui aurait pu nous emmener un peu plus loin ! Jean-Christophe Brianchon

"Tristesses" jusqu'au 27 mai au Théâtre de l'Odéon.

Un spectacle de : Anne-Cécile Vandalem - Das Fräulein (Kompanie)

Présentation officielle :
Tristesses : si ce nom se dit ici au pluriel, c’est qu’il est à la fois celui d’une île scandinave, d’un suspense policier, d’un symptôme politique. L’île est à peine imaginaire. Anne-Cécile Vandalem y a situé une fable pour notre temps. Martha Heiger, dirigeante du Parti du Réveil Populaire et favorite des prochaines élections, revient à Tristesses pour rapatrier le corps de sa mère sur le continent. Mais pourquoi Ida s’est-elle suicidée en se pendant au drapeau danois ? Et que manigance réellement sa fille ? Tristesses étant aussi un polar nordique, on n’en dévoilera pas plus ici, mais les maisons isolées sur la nuit du plateau sont le décor d’un drame où extérieurs en scène et intérieurs filmés alternent sur un rythme digne des meilleures séries. Enfin, Tristesses propose une réflexion sur la montée des populismes : selon Vandalem, “l’attristement des peuples” est aujourd’hui l’une des plus redoutables techniques de manipulation des esprits. Mais “les larmes”, ajoute-t-elle, “ont une puissance esthétique infinie”, indéterminable, et “les émotions peuvent être élan, moteur, énergie vive pour initier une prise de parole ou un acte”. Cette énergie a conquis en 2016 le public du Festival d’Avignon : en exposant les mécanismes asservissants de la tristesse, l’artiste invite à ne pas leur succomber.

La scénographie est très judicieuse et efficace. L’écriture d’Anne-Cécile Vandalem est très juste, j’aime beaucoup ce mélange de registre, du burlesque belge au drame. La partition musicale est très belle également. Arnaud Laporte

"Tristesses" m’a impressionné au niveau de l’écriture : entre celle d’un scénario de série télé et d’un polar nordique avec du fantastique, de l’humour noir. La seconde chose impressionnante est la mise en scène. C’est une pièce populaire et intelligente. Philippe Chevilley

Cette pièce apporte quelque chose de différent car la vidéo et le cinéma sont au service de la pièce. Le cinéma sert ici à capter le réel, avec la vidéo on ne sait si on voit le réel se faire devant nous ou s’il est enregistré. Jean-Christophe Brianchon

Je n’ai pas revu "Tristesses" depuis le Festival d'Avignon, mais il m’en reste un souvenir précis. Je n’étais pas dans le même enthousiasme que les spectateurs. Alors que c’est extrêmement bien fait, le cinéma et l’esthétique de la série télé l’emportent sur le théâtre. René Solis

Vos commentaires :

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Générique de l'émission : Sylvie Fleury & Sidney Stucki, "She devils on wheels", extrait de l'album "Sound Collaborations 1996-2008" (label Villa Magica Records).

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