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2008

Théâtre : Retour sur la 73ème édition du Festival d'Avignon

55 min
À retrouver dans l'émission

Après avoir laissé place quelques semaines aux programmes estivaux, La Dispute est de retour  ! Nous vous proposons de revenir sur l’événement théâtral de l’été : Le Festival d’Avignon.

2008
2008 Crédits : AND

Gros plan sur deux spectacles qui entament leur tournée  :  

- « Architecture» de Pascal Rambert. Le metteur en scène, a ouvert le festival et investi pour la première fois la cour d’honneur du Palais des papes avec une distribution époustouflante. 

- « Pélléas & Melisande » mis en scène par Julie Duclos, une adapation contemporaine de la célèbre pièce de Maurice Maeterlinck...

Nous reviendrons également, en compagnie de Lucile Commeaux et des critiques de La Dispute sur les points forts et points faibles de cette 73ème édition du festival. 

"Architecture" de Pascal Rambert. " Une fresque écrite à même le corps et la voix d'acteurs exceptionnels"

Architecture
Architecture Crédits : Christophe Raynaud De Lage / Festival d'Avignon

Nous ouvrons donc cette Dispute avec le spectacle qui a lui-même ouvert le Festival, dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes : “Architecture”, texte, mise en scène et installation de Pascal Rambert. “Installation”, c’est le mot choisi par l’auteur pour désigner sans doute la scénographie. Sur scène, une constellation d’étoiles des planches : Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Bruno Podalydès, en alternance avec Pascal Rénéric, Laurent Poitrenaux et Jacques Weber.

Présentation : Pour Architecture, l'Europe du XXe siècle, traumatisée par les guerres et le nationalisme, sert de toile de fond à cette fresque écrite à même le corps et la voix d'acteurs exceptionnels. Réunis pour la première fois sur un même plateau, ils incarnent les membres d'une famille d'artistes, de philosophes, de compositeurs qui ne vont pas réussir à éviter le naufrage de leur monde. Leur pensée semble pétrifiée par ce qu'ils pressentent de l'avenir. Même face à l'imminence de l'horreur, ils ne parviendront pas à s'unir pour changer le cours du temps. L'auteur et metteur en scène Pascal Rambert s'interroge : « S'ils n'ont pu empêcher le sang, comment ferons-nous dans un temps comme le nôtre, si peu armés collectivement ? » Ses héros, eux, se déchirent – comme souvent dans les pièces du dramaturge, sculptées à la force d'une langue très physique – et ne savent ni fuir ni combattre, « serrés par la peur ».

L'avis des critiques : 

"Une élégance de la mise en scène qui nous fait croire à cette traversée de L’Europe"  Philippe Chevilley"

Une avalanche de mots, ses logorrhées infinies, noient toutes possibilités d’accroche au texte". Marie Sorbier"

_Une très longue déploration sur l’état du monde qui reste impuissante à créer de l'émotion"_. Lucile Commeaux

  • Plus d'informations : "Architecture" de Pascal Rambert - Le texte est publié aux éditions des Solitaires Intempestifs // Dates de Tournée : 26 septembre au 05 octobre : Théâtre national de Bretagne, Rennes // 15 au 24 novembre :  Théâtre National de Strasbourg // 06 au 22 décembre : Théâtre des Bouffes du Nord, Paris // 07 au 09 janvier 2020 : Bonlieu Scène Nationale, Annecy // 15 au 17 janvier 2020  : La Comédie de Clermont // 24  janvier au 01 février 2020  : Les Gémeaux, Sceaux Du 05 au 06 février 2020 : Le Phénix Scène Nationale, Valenciennes // 12 au 19 février 2020  : Les Célestins Théâtre de Lyon // 22 au 23 février 2020  : Teatro Arena del Sole di Bologna

"Pélléas & Mélisande" de Julie Duclos. "Une scénographie où le théâtre et le cinéma s'entremêlent"

"L’univers visuel du spectacle est très réussi et prend le spectateur avec lui". Marie Sorbier

Péléas et Mélisande
Péléas et Mélisande Crédits : Christophe Raynaud De Lage / Festival d'Avignon

Lorsque l’on parle de “Pelléas et Mélisande”, c’est généralement à l’opéra de Debussy que l’on pense, bien davantage qu’à la pièce de Maeterlinck. Julie Duclos nous ramène donc au texte, texte qui pose, de sacrés problèmes dont l’auteur ne s’est guère inquiété. Les changements de scènes sont nombreux, et l’on ne cesse de passer d’un espace à un autre, du château du roi Arkel à la forêt, d’une grotte à un jardin. 

Julie Duclos résout simplement cette difficulté, en incluant dans son spectacle des séquences filmées, tournées en extérieur, de très belle séquences de cinéma. Sur le plateau, une scénographie mobile permet elle aussi de beaux effets de mise en scène. Mais le très grand plaisir de ce spectacle, c’est bien sûr d’entendre l’écriture de Maeterlinck, un sommet du genre, entre symbolisme et romantisme, et l’on voudrait soi-même apprendre par coeur le texte pour se remémorer sans cesse sa très grande beauté. Et si on l’entend aussi bien, c’est parce qu’il est porté par des comédiens pleinement engagés. On donnera un coup de chapeau particulier à Philippe Duclos, irrésistible patriarche, et à Vincent Dissez, en Golaud tiraillé par l’amour et la jalousie.

Présentation : Mélisande est une jeune femme en fuite. Au prince Golaud qui la découvre en pleurs dans la forêt et lui déclare son statut et sa généalogie, elle répond venir d'ailleurs. Et c'est de cet être – et non d'une histoire – que Golaud tombe amoureux, s'occupant d'elle, l'épousant et l'emmenant dans le château de son grand-père. Là, Mélisande y rencontre Pelléas, le demi-frère du Prince. Tout est dit. Ou plutôt tout est non-dit, suggestion et projection... Un terrain fertile pour que s'y déploient l'amour interdit et sa chute violente. Une structure entre terre et ciel que Julie Duclos a souhaité habiter. Car à l'instar de l'écriture de Maurice Maeterlinck, les personnages sont « concrets et poétiques », et souvent silencieux. 

Avec  : Vincent Dissez, Philippe Duclos, Stéphanie Marc, Alix Riemer, Matthieu Sampeur, Émilien Tessier
Et en alternance Clément Baudouin, Sacha Huyghe, Eliott Le Mouël...

L'avis des critiques :

"Un texte magnifique d’une poésie incroyable. J’ai était très convaincu par tous les personnages". Lucile Commeaux"

Le couple est transparent. Mélisande joue comme une femme-enfant, elle s’est fait piéger par la musique des mots de Maeterlinck". Philippe Chevilley

  • Plus d'informations : " Pélléas & Mélisande" d'après Maurice Maeterlinck - Mise en scène : Julie Duclos // Prochainement en tournée :
    du 16 au 18 octobre : Comédie de Reims / les 13 et 14 novembre : CDN de Normandie, Rouen / du 27 au 30 novembre 2019 : Théâtre du Nord, CDN Lille Tourcoing Hauts de France / les 17 et 18 décembre 2019 : CDN de Besançon Franche Comté / du 4 au 8 février 2020 : Théâtre National de Bretagne / les 13 et 14 février 2020 : La Filature, Scène nationale, Mulhouse / du 22 février au 21 mars 2020 : Odéon, Théâtre de L'Europe, Paris / du 25 au 29 mars : Les Célestins, Théâtre de Lyon / les 2 et 3 avril 2020 : Théâtre de Saint : Quentin-en-Yvelines, scène national

Le Journal de La Dispute par Lucile Commeaux : Bilan du Festival d'Avignon

Point de départ de la discussion, un article publié (voir ci-dessous) par Lucile Commeaux, le 15 juillet dernier, et cette question : Est-ce le rôle du Festival d'Avignon que d'avoir une posture politique identifiable ?

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