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Phnom Penh en avril 1975
Épisode 2 :

Huis clos à Phnom Penh

53 min
À retrouver dans l'émission

Ce documentaire revient sur la la chute de la capitale cambodgienne, prise par les Khmers rouges en 1975 après cinq ans de guerre civile sanglante.

Phnom Penh en avril 1975
Phnom Penh en avril 1975 Crédits : Borrel - Sipa

« Huis clos à Phnom Penh » Un documentaire d’Alain Lewkowicz, réalisé par Séverine Cassar

huits clos à Phnom Pen
huits clos à Phnom Pen Crédits : Radio France

Trois jours avant la fin des hostilités au Vietnam, la presse Française avait unanimement salué l’événement, sans aucun doute le dernier acte de l’histoire coloniale française. Le 17 avril 1975, Phnom Penh tombait aux mains des Khmers Rouges après 5 longues années d’une guerre civile sanglante et meurtrière, opposant le gouvernement pro-américain du général Lon Nol et du prince Sirik Matak, aux combattants d’un front uni que dirige depuis 1970, sa majesté Norodom Sihanouk, souverain déchu, depuis son exil pékinois. Le chaos s’installe dans la capitale cambodgienne qui est vidée de ses habitants par les nouveaux maîtres du pays. Les chancelleries qui n’ont pas encore évacuées sont prises d’assaut à l’exception de l’ambassade de France qui devient dès-lors l’unique et l’ultime refuge pour des milliers de personnes qui tentent d’échapper aux griffes des génocidaires de Pol Pot. Etrangers, dignitaires de l’ancien régime, Franco-Cambodgiens et amis de la France, tous convergent alors vers le boulevard Monivong. En quelques heures seulement, le portail de la mission diplomatique française est assailli. A la fin de la journée, Ils seront plusieurs milliers à y avoir trouvé asile. Commence alors un bien étrange huis clos qui va se jouer jusqu’à l’évacuation totale et définitive de l’ambassade, 19 jours plus tard. Une période de crise pour le Quai d’Orsay et l’Elysée, durant laquelle la France va remettre à leurs bourreaux près de 850 cambodgiens. Les télégrammes diplomatiques échangés entre Paris et Phnom Penh en témoignent. Parmi cette foule d’anonymes contrainte d’affronter la folie meurtrière KR, certains hauts responsables de l’administration Lon Nol comme le prince Sirik Matak, cousin du roi, ou encore Ung Bun Hor président de l’Assemblée nationale. Comme en Indochine, 20 ans plus tôt ou comme en Algérie, 15 ans auparavant, la France laissait à leur bien triste sort ceux qui avaient cru en elle. Crime de bureau ? Lâcheté ? Trahison morale ?

Ceux qui survécurent le firent dans le silence, sans rien demander. Mais c’est justement ce silence assourdissant de la part des plus hautes autorités françaises qui a poussé Billon Ung à leur demander des comptes devant la justice sur les circonstances qui ont poussé son défunt mari, Ung Bun Hor, à sortir de l’ambassade de France trois jours après son arrivée, pour être remis entre les mains de ses meurtriers. En 1999, la France se voyait ainsi accusé entre autre, de non assistance à personne en danger de mort certaine. 40 ans après les faits, la justice s’est prononcée et a tranché. L’histoire avec un grand H jugera. La conscience des protagonistes d’alors aussi.

_Billon Ung, veuve de Ung Bun Hor, président de l’Assemblée nationale du Cambodge sous le gouvernement du général Lon Nol

**** Maria Macares_* , réfugiée de l’ambassade Vantha Talisman , comédienne et artiste cambodgienne, rescapée du génocide Docteur **Abdoul-Carime Salim , réfugié de l’ambassade Arnaud Borrel photo journaliste français réfugié à l’ambassade François Bizot** , anthropologue et spécialiste du bouddhisme à l’EFEO en poste alors au Cambodge, ancien prisonnier des KR et auteur d’un récit autobiographique intitulé « Le portail » *Sera , artiste et auteurs de bandes dessinées franco-cambodgien.

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