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Europe, terre d'asile ? 2/4

53 min
À retrouver dans l'émission

Photos du pique-nique de la FOEFI, à Charentilly, printemps 2015
Photos du pique-nique de la FOEFI, à Charentilly, printemps 2015 Crédits : Philippe Dinh - Radio France

Des enfances à rebours,

Entre la France et l’Indochine

Un documentaire de Séverine Liatard et Anne Franchini

Présentés comme des « rapatriements » d’enfants de sang français, le déplacement des métis est lié à la guerre d’Indochine et la décolonisation.

Issus de liaisons pour la plupart illégitimes entre des femmes indochinoises et des militaires français, les eurasiens sont alors considérés comme des bâtards à la fois rejetés par la société indigène et par l’ordre colonial qu’ils menacent. Leur filiation paternelle reste quant à elle la plupart du temps incertaine et falsifiée.

En 1928, un décret fixe en ces termes le statut des métis : « tout individu né sur le territoire de l’Indochine de parents dont l’un, demeuré légalement inconnu, est présumé de race française, pourra obtenir la reconnaissance de la qualité de français ».

Pour accéder à la citoyenneté française, ces enfants devaient donc avoir du sang français dans les veines mais aussi être socialisés dans un milieu de culture française. La Fédération des oeuvres de l’enfance française en Indochine (FOEFI) reconnue d’utilité publique par l’Etat va ainsi recueillir des milliers d’enfants métis confiés par leur mère à l’institution pour les éduquer.

Après la chute de Dien-Bien-Phu et les accords de Genève en 1954, leur rapatriement devint systématique au prix de séparations brutales avec une mère, une soeur ou un frère, au prix d’un arrachement culturel inexpliqué. Ce déplacement est alors sous la responsabilité de l’association et jamais directement sous celle de l’Etat français alors que c’est lui, le commanditaire.

En France, la Fédération se donna pour mission d’assimiler ces enfants considérés comme des pupilles de la nation afin qu’ils s’intègrent au mieux dans la société française et deviennent des citoyens comme les autres. Les garçons regroupés iront pour la plupart dans des foyers situés dans la région de Tours alors que les filles seront confiées à des religieuses. Quatre mille cinq cent enfants vont ainsi être pris en charge par la FOEFI qui va procéder à une sorte d’acculturation collective générationnelle.

Aujourd’hui, ces anciens de la FOEFI aiment à se retrouver régulièrement lors de journées festives avec leurs femmes, leurs enfants et leurs petits-enfants. Ils s’autorisent peu à peu à parler, entre eux et à leurs proches, de leurs blessures si profondément enfouies. Beaucoup ont entrepris des recherches pour connaître l’identité de leur père, certains sont retournés au Vietnam ensemble ou en famille, d’autres encore ont retrouvé un frère, une sœur restés au pays.

Avec les témoignages de Paul Garnier, d’André Dyreit, Madeleine Jillet, René Leblond, Jaqui Maurice et Paule Migeon.

Merci à Philippe Rostan auteur du film-documentaire « Inconnu, présumé français »

Merci également à Pierre Louis, Roland Rémond et aux membres de l’association de la FOEFI.

photos du pique-nique de la FOEFI, à Charentilly, printemps 2015
photos du pique-nique de la FOEFI, à Charentilly, printemps 2015 Crédits : Philippe Dinh
Pique-nique de la FOEFI à Charentilly, printemps 2015
Pique-nique de la FOEFI à Charentilly, printemps 2015 Crédits : Philippe Dinh

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