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Louis XIV 3/4 : 1715 : L’éducation des enfants au XVIIe

53 min
À retrouver dans l'émission

L’éducation des enfants au XVIIème co-animé par Anaïs Kien

Madame de Montespan, avec ses enfants.
Madame de Montespan, avec ses enfants.

Avec Pascale Mormiche , Christine Mongenot et Dominique Picco.

Textes lus par Mélodie Orru :

"Devenir prince : L'école du pouvoir en France, XVIIe-XVIIIe siècles" Pascale Mormiche(éd. CNRS)

p.142 : Journée de Louis XIII par François La Mothe La Vayer« Qu’il soit prêt et vêtu à sept heures, puis qu’il se mette à l’étude, jusqu’à neuf, aille prier Dieu en l’église et au sortir de là soit libre jusqu’à onze heures, heure de son dîner. A une heure de l’après-midi qu’il rentre en son étude jusqu’à trois puis soit libre jusqu’à six, heure de son coucher et son souper jusqu’à neuf. » p. 143. : Sur les princes dans 1780’s« Les succès que nous avons obtenus ont dépendu principalement de notre assiduité, parce qu’ils tiennent à cette attention de tous les moments, qui, ne séparant jamais l’instituteur de l’élève et l’identifiant pour ainsi dire à ses études et à ses jeux, même lorsque celui-ci se croit seul, ou livré à lui-même, met l’autre à porter de profiter de tous ses avantages, de seconder sans cesse la nature, ou de la rectifier, d’épier jusqu’au germe de ses pensées de tirer d’un mot, d’un geste et par là de faire tout un sujet de leçon ou d’instruction, sans fatigue et sans ennui pour l’un ni pour l’autre. » p. 174 : Lettre du roi Louis XIV à Montausier de Beauzé 2 octobre 1673« Mon cousin, j’ai reçu votre lettre du 30 septembre et considéré toutes les choses que vous me présentez. Je ne puis approuver le dessein de mener mon fils à Vincennes car encore que l’air y soit bon, jamais nous n’avons été sans beaucoup de malade en cette saison et les gens du lieu n’ont pas été exceptés. Et quoique l’eau qui croupissait alors dans les fossés contribuât à cela et qu’à présent ils sont secs, il y peut avoir à craindre, l’épreuve ne m’en plait pas. Pour ce qui est de Saint Germain, la petite vérole y étant il ne faut point y penser. Je désire seulement que vous en faisiez sortir tous ceux qui sont atteints de ce toute maladie afin que dans ce temps, après avoir bien nettoyé et aéré les maisons qui en ont été frappées, on puisse y retourner. Cependant je vois par votre lettre que le mal court à Versailles ne vient pas de l’infection de l’air si vous jugez qu’en prenant aux portes et ailleurs les précautions qui se peuvent prendre en de pareil circonstances, mon fils puisse demeurer sans hasarder sa santé, je m’en remets à votre discernement. » p.. 177 : La Porte, 1649« Un jour à Rueil ayant remarqué qu’en tous ses jeux il faisait le personnage du valet, je me mis dans son fauteuil et me couvris, ce qu’il trouva si mauvais qu’il alla se plaindre à la reine, ce que je souhaitais, aussitôt elle me fit appeler. Je lui dis que puisque le roi faisait mon métier, il était raisonnable que je fisse le sien et que je ne perdrais rien au change, qu’il faisait toujours le valet dans ses divertissements et que c’était un mauvais préjugé. La reine, qu’on avait pas encore prévenue là-dessus, lui en fit une rude réprimande. » p. 224 : Héroard, Institution du prince, Introduction« Je tiens que l’histoire est l’école des princes et que le nostre y doit être nourri pour y apprendre à vivre et la manière de bien faire sa charge et de se rendre meilleur par l’imitation ou l’hommage aux autres. C’est où il trouvera des yeux pour tous ceux qui seront sous son obéissance. Sa connaissance est si utile et nécessaire que, la savoir parfaitement, c’est vivant notre vie, vivre celle des autres qui ont vécu et acquérir les siècles tout entiers par l’emploi de la lecture d’un petit nombre d’heures »

FENELON, De l’éducation des filles, (1687), éd Bassompierre, Paris, 1771 (1ère édition du texte 1687)Cf. Chapitre V : « Instructions indirectes : il ne faut pas presser les enfants ».p. 34 : « Le moins qu’on peut faire des leçons en forme, c’est le meilleur ; on peut insinuer une infinité d’instructions plus utiles que les leçons mêmes dans des conversations gaies…La manière d’enseigner à écrire doit être à peu près de même…Ecrivez-moi un billet, dira-t-on, mandez telle chose à votre frère ou à votre cousin : tout cela fait plaisir à l’enfant, pourvu qu’aucune image triste de leçon réglée ne le trouble…(p. 36) Remarquez un grand défaut des éducateurs ordinaires : on met tout le plaisir d’un côté et tout l’ennui de l’autre ; tout l’ennui dans l’étude, tout le plaisir dans les divertissements. Que peut faire alors un enfant, sinon supporter impatiemment cette règle, & courir ardemment après les jeux ? Tâchons donc de changer cet ordre ; rendons l’étude agréable, cachons-la sous l’apparence de la liberté et du plaisir…FENELON, De l’éducation des filles, (1687), Bassompierre, Paris, 1771Chapitre XII : « Suite des devoirs des femmes »p.126-127 : « Il faudrait aussi qu’une fille sût la grammaire de sa langue naturelle : il n’est pas question de la lui apprendre par règles, comme les Ecoliers apprennent le latin en classe ; accoutumez-les seulement, sans affectation à ne prendre point un temps pour un autre, à se servir des termes propres, à expliquer nettement leurs pensées avec ordre, et d’une manière précise : par-là vous les mettrez en état d’apprendre un jour à leurs enfants à bien parler sans aucune étude. On sait que dans l’ancienne Rome, la mère des Gracchus contribua beaucoup, par une bonne éducation, à former l’éloquence de ses enfants, qui devinrent de si grands hommes ».

Intervenants
  • maître de conférences à l'université de Cergy-Pontoise, spécialiste de de Mme de Maintenon
  • historienne, enseignante dans le secondaire, spécialiste de l’histoire de l’éducation XVIIe-XVIIIe siècle des élites et des princes ; l’histoire des Cours ; la circulation des hommes et des idées dans les Cours.
  • maîtresse de conférence en histoire moderne à l’université Bordeaux 3
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