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1945, un monde éclaté sort de la guerre. Hors-série Le Monde Histoire numéro 47, avril 2015
Épisode 2 :

Les camps soviétiques en France, ou les captifs de la Libération

53 min
À retrouver dans l'émission

En 1944, sont créés sur le territoire français des camps soviétiques qui rassembleront de 100 à 120 000 Russes et Ukrainiens afin de les renvoyer, parfois contre leur gré, en URSS. Mais tous ne sont pas tous partis, certains sont restés, c’est leur histoire incroyable que raconte ce documentaire.

Baraques du camp de Beauregard, La Celle-Saint-Cloud
Baraques du camp de Beauregard, La Celle-Saint-Cloud Crédits : Archives municipales de La Celle-Saint-Cloud - Radio France

En 1944, la désorganisation de la France est totale. Le Gouvernement Provisoire de la République Française tente progressivement, au gré de la libération des territoires, de prendre le contrôle d’un pays dévasté et morcelé par la guerre. Alors que l’heure de la Libération sonne pour le peuple français, des « camps soviétiques » apparaissent cette année-là, dans différentes régions de France. Impulsés par les autorités soviétiques, qui vont s’appuyer notamment sur des réseaux issus de la Résistance, ces camps ont pour objectif de rassembler la population soviétique disséminée en France durant les années de guerre afin d’organiser leur rapatriement en URSS. Commence alors, sous l’œil bienveillant du gouvernement français, une recherche minutieuse pour retrouver ces ressortissants d’origine russe, mais aussi balte, ukrainienne, etc. Prisonniers de guerre, civils déportés et déplacés vers l’ouest, anciens prisonniers des Allemands passés à la Résistance en France, les trajectoires individuelles de ceux qui se retrouvent dans ces camps sont loin d’être homogènes… Le 29 juin 1945, soucieuse de voir rapatrier ses propres ressortissants dispersés en Union Soviétique, la France signe avec l’URSS, comme le Royaume-Uni et les États-Unis quelques mois plus tôt, un accord de rapatriement réciproque, qui officialise le mouvement engagé en accordant aux autorités soviétiques la liberté d’administrer elles-mêmes ces camps. Explicite sur le fait que tous les soviétiques sans exception sont concernés par ce rapatriement, le texte entérine de fait l’impossibilité, pour ceux qui le souhaitent, de s’établir en France.

C’est cette histoire de regroupement et de rapatriement, parfois forcé, que tente de raconter ce documentaire. Derrière les parcours individuels de ces « soviétiques », se joue la répartition des rôles entre Alliés victorieux, dans un contexte idéologique de début de Guerre Froide, l’URSS passant progressivement du statut d’ami à celui d’ennemi.

Au total, près de 120 000 personnes transiteront dans ces quelques 130 camps de regroupement. La plupart seront rapatriés.

Avec Hervé Dupuy, historien, spécialiste de la présence russe et soviétique en Limousin ; Catherine Gousseff, historienne, directrice de recherche au CNRS, directrice du Centre d’Étude des mondes Russe, Caucasien et Centre-Européen (CERCEC); Vsevolode Gousseff , descendant d’une famille russe émigrée en France dans les années 1920; Gisèle Kolesnik , veuve d’Ivan Kolesnik, ukrainien détenu au camp de Beauregard; Irène Geers-Kolesnik , fille de Gisèle et Ivan Kolesnik ; Lucie Nowicki , russe raflée par les Allemands en 1940 ; Czeslawa Couffrant, fille de Lucie Nowicki.

  • Et des extraits des mémoires d’Ivan Kolesnik
  • Lectures : Christophe Brault

Merci à Hervé Dupuy de nous avoir ouvert ses archives, ainsi qu'à la Ville de La Celle-Saint-Cloud (78).

Bibliographie

Les camps soviétique en France, les captifs de la libération, un documentaire de Catherine de Coppet et Anne Fleury.

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