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Deux femmes interpellant Napoléon Bonaparte sur la pénurie de pain à Paris en 1795, tiré de la 1ère édition italienne du Mémorial de Sainte-Hélène (1842) par Emmanuel de Las Cases, dessin de Nicolas Toussaint-Charlet

Alerter le pouvoir, entendre le citoyen

53 min
À retrouver dans l'émission

Ce vendredi, écoutez notre émission spéciale en partenariat avec le journal La Croix et enregistrée dans le cadre du Forum France Culture en Sorbonne le 19 février 2019, autour du thème : “Alerter le pouvoir, entendre le citoyen : des grandes enquêtes de Saint Louis aux cahiers de doléances".

Deux femmes interpellant Napoléon Bonaparte sur la pénurie de pain à Paris en 1795, tiré de la 1ère édition italienne du Mémorial de Sainte-Hélène (1842) par Emmanuel de Las Cases, dessin de Nicolas Toussaint-Charlet
Deux femmes interpellant Napoléon Bonaparte sur la pénurie de pain à Paris en 1795, tiré de la 1ère édition italienne du Mémorial de Sainte-Hélène (1842) par Emmanuel de Las Cases, dessin de Nicolas Toussaint-Charlet Crédits : Getty

Pour cette nouvelle édition du Forum France Culture, c'est en public qu'Emmanuel Laurentin, Béatrice Bouniol et leurs invités abordent la question de l'adresse au pouvoir, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.

Comment, depuis le XIIIème siècle, les sujets ou les citoyens ont-ils interpellé le pouvoir au-dessus d'eux ? D'abord orienté du "haut" vers le "bas" avec les grandes enquêtes de Saint Louis, quelle est la spécificité de ce lien dès lors qu'il se construit du "bas" vers le "haut" ? Des cahiers de doléances de l'Ancien Régime aux cahiers de doléances contemporains, en passant par l'adresse au roi, les révoltes des croquants, la lettre ouverte, la pétition, la manifestation, la grève, ou le marronnage, s'adresser au puissant est un geste qui se décline en de nombreuses pratiques, et qui en dit long sur l'essence du pouvoir. Pour esquisser une histoire de ce répertoire d'actions, Emmanuel Laurentin et Béatrice Bouniol s'entretiennent avec Eric Anceau, historien, maître de conférences à Sorbonne-Université, spécialiste de l'histoire des pouvoirs et de l'action publique au XIXe siècle, Marie Dejoux, historienne, auteure de Les enquêtes de Saint Louis : gouverner et sauver son âme (PUF, 2014) et Gérard Noiriel, historien, directeur d'études à l'EHESS.

Les enquêtes de Saint Louis : Il ne s'agit en aucun cas de libérer la parole des sujets du royaume de France ou de se plaindre librement de l'administration.  Ils sont invités à venir déposer des plaintes chiffrées sur des biens qui auraient été usurpés soit par les officiers soit par le roi en personne. Ces enquêtes sont une opération politique magistrale mais fondées sur le terrain par des réparations en monnaie immédiates. On n'est pas dans un idéal de gouvernement de la réforme : la réparation est financière. C'est ce que j'appelle une "pastorale politique" : il s'agit de diffuser, et c'est la première fois que c'est le cas à l'échelle du royaume tout entier, l'image d'un roi juste et d'un roi bon. [...] Le but est alors de véhiculer un sentiment d'amour pour le roi et de consentement à la domination, tout en laissant le sujet bien à sa place puisque pour obtenir réparation il fallait prendre la posture de l'humble suppliant vis à vis des enquêteurs et du pouvoir royal... Marie Dejoux

La fuite, le marronnage, le suicide : Les formes de résistance ne sont pas toujours les formes que l'on imagine, celles de la lutte collective : la fuite peut en faire partie, tout comme les stratégies de contournement. Dans le monde de l'entreprise, cela peut être l'absentéisme, le turn over, la perruque (travailler pour soi avec les outils de l'entreprise). Dans les plantations, parmi les esclaves, certains fuyaient et s'organisaient en autonomie dans les montagnes et mettaient le système en crise en faisant défection. Le suicide est la forme la plus radicale de l'interpellation : en disparaissant, on supprime la force de travail ! Gérard Noiriel 

La pétition : D'un pouvoir unique sous l'Ancien Régime, on passe à la Révolution à un double pouvoir, puisque l'Assemblée se constitue comme telle ; et à travers elle se fait l'intrusion du peuple par le biais des pétitions. Sous l'Ancien Régime, les pétitions étaient individuelles et très respectueuses à l'égard du roi. Avec la Révolution, les pétitions deviennent collectives et peuvent être très violentes. L'une des plus célèbres est celle qui aboutira au Champ de Mars sur l'autel de la Patrie, portée par une foule de 50 000 personnes le 17 juillet 1791, dont le Club des Cordeliers est à l'origine. Le pouvoir est désemparé, décrète la loi martiale, et tire sur la foule... Le pouvoir cherchera alors à reprendre le contrôle sur ces pétitions en limitant le nombre de pétitionnaires pouvant déposer la pétition à l'Assemblée. Eric Anceau

Pour plus d'informations, retrouvez l'intégralité du programme de ce second Forum France Culture 2019 "L'année vue par les savoirs" dont la thématique était "Participation, représentation, information : le nouvel âge de la politique ?".

En coproduction avec Sorbonne Université.
Avec le soutien de la Chancellerie des Universités de Paris.
En partenariat avec l’Histoire, Alternatives économiques et la Croix.

Intervenants
  • Historien, Professeur à l'Université Paris-Sorbonne
  • historienne à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et au Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP)
  • Historien, directeur d'études à l’EHESS, spécialiste de l’immigration et de l’histoire de la classe ouvrière.
  • Journaliste au quotidien La Croix
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