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Une histoire de l'Allemagne au XXe siècle
Épisode 4 :

Approches contemporaines sur la République de Weimar (1919-1933)

52 min
À retrouver dans l'émission

Pour ce débat historiographique, Emmanuel Laurentin s'entretient avec Marie-Bénédicte Daviet-Vincent, Nicolas Patin et Nathalie le Bouëdec.

Paul von Hindenburg (1847-1934), président de la République de Weimar (1918-1933) lors d'une visite officielle à Coblence en juillet 1930.
Paul von Hindenburg (1847-1934), président de la République de Weimar (1918-1933) lors d'une visite officielle à Coblence en juillet 1930. Crédits : Imagno - Getty

Emmanuel Laurentin s'entretient avec Marie-Bénédicte Daviet-Vincent, Nicolas Patin et Nathalie le Bouëdec.

Nicolas Patin : La République de Weimar a connu à plusieurs reprises des séismes politiques où des membres de tous les partis – sociaux-démocrates, communistes ou conservateurs – étaient compromis dans des détournements de millions de marks, scandales qui ont contribué à miner la république de l’intérieur. 

Nicolas Patin : Après la terrible défaite de 1918 et bien au-delà du parti nazi, la République de Weimar, usait et abusait de l’appel à la "communauté du peuple" allemande, unie et solide. Si certains définissaient ce fantasme de manière positive, défendant l’idéal d’une société homogène soudée derrière de grandes valeurs, d’autres en avaient une définition plus exclusive et voyaient poindre partout des "ennemis intérieurs" qu’on ne pouvait tout simplement pas, à leurs yeux, assimiler à une société allemande définie par des critères rigides, ethniques et  "raciaux". Il fallait des responsables à la décadence, et ceux-ci étaient tout trouvés : c’étaient les juifs allemands, et plus largement internationaux, qui avaient provoqué la défaite de 1918 et toutes les misères du pays, du moins dans la vision paranoïaque d’une bonne partie de la droite.

Nicolas Patin : L’ingrédient majeur de la fin de Weimar est là, et bien là : courir après une rhétorique nationaliste maximaliste, c’est bien ce que firent les partis conservateurs, libéraux et catholiques dès les premières victoires massives du parti nazi en 1930. En appeler à un sauveur, un homme providentiel, pour éteindre des incendies qui avaient été, pour beaucoup d’entre eux, volontairement allumés.

Nathalie le Bouëdec pour sa part a travaillé sur la façon dont, sous la République de Weimar, les juristes avaient travaillé, par-delà  leurs divergences, à refonder la science juridique allemande. Confrontés à  un présent plein d’incertitudes politiques et de tensions idéologiques, ils ont du inventer des modalités nouvelles pour conjurer la profonde crise du droit et de la légitimité de l’État qui menaçait alors l’avenir de la première République allemande. C’est à décrire cette période de bouillonnement intellectuel, à la fois sur le plan politique et sur le plan juridique, que s'est employée Nathalie Le Bouëdec dans ses travaux, notamment en s'attachant à la figure de Gustav Radbruch, juriste et homme politique social-démocrate.

Marie-Bénédicte Vincent est l'autrice d'une thèse sur les élites administratives de la République de Weimar.

Bibliographie

Intervenants
  • Maître de conférences en histoire contemporaine à l’École normale supérieure.
  • Maître de conférences en histoire contemporaine de l’université Bordeaux-Montaigne
  • Maître de conférences en civilisation allemande à l Université de Bourgogne. Directrice adjointe du département d'allemand.
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