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Soldat apprenant le français à des enfants alsaciens (photographie prise à Soppe-le-Bas et publiée dans le journal L'Illustration le 19 décembre 1914)
Épisode 3 :

Les enfants à l’ombre de la Première Guerre Mondiale

52 min
À retrouver dans l'émission

Pour le troisième temps de cette semaine, nous évoquons les conséquences de la Première Guerre Mondiale sur les enfants français et allemands qui l'ont vécue.

Soldat apprenant le français à des enfants alsaciens (photographie prise à Soppe-le-Bas et publiée dans le journal L'Illustration le 19 décembre 1914)
Soldat apprenant le français à des enfants alsaciens (photographie prise à Soppe-le-Bas et publiée dans le journal L'Illustration le 19 décembre 1914) Crédits : Andre Tetart / L'Illustration - Getty

En ouverture de cette émission, nous évoquons le fonds familial de Françoise Marette future Dolto versé aux Archives Nationales. Manon Pignot et Yann Potin évoquent cette petite fille qu'est Françoise Marette au coeur de la Première Guerre Mondiale. Elle considère son oncle et parrain comme son "fiancé" et lorsqu'il décède sur le front en 1916, elle se considère comme veuve de guerre et porte son deuil. 

" Dans une charge à la baïonnette, on tue trois soldats ou plus, on entre la baïonnette dans le corps d’un « boche », on la retire avec dégoût, mais quand on la retire : on est content. On entre encore la baïonnette et quelquefois, trois jours après on est vainqueur et on va raconter à sa famille tout ce qu’on a fait et on lui montre la médaille." Françoise Marette/Dolto

Puis nous évoquons la littérature de guerre à connotation patriotique à destination des enfants. Il y a un imaginaire héroïque de la guerre à travers des représentations inspirées par la peinture d’histoire du XIXe siècle. Dans la littérature enfantine, on représente l'élan guerrier et une guerre de mouvement alors que la réalité du front est tout autre : le front est immobilisé ! Ces représentations font échos aux espoirs des Etats-majors des armées qui espèrent une bataille décisive.

Il y a une mobilisation des enfants et même des plus jeunes ; on les intègre à l'effort de guerre. A leur destination, se développe une propagande de guerre au travers d'un discours immuable et très codifié. Les réceptions de ce discours sont variables, en fonction des phases de la guerre et en même temps qu'évoluent les sentiments vis-à-vis du conflit.

"Cette responsabilité mémorielle collective incombe à toute une génération d’enfants à la fin de la Première Guerre Mondiale. Dans le discours de guerre, élaboré dès 1914, il y a cette idée que les hommes combattent d’abord pour la génération suivante pour les prémunir d’une guerre future." Manon Pignot

Pour clore cette émission, nous évoquons l'exposition Génération 40 - Les jeunes dans la guerre au Centre d'histoire de la résistance et de la déportation de Lyon. Il s'agit de la classe d'âge de les "J3", c’est une catégorie de rationnement qui recoupe les jeunes de 13 à 21 ans. Ce sont les fils et les filles des combattants de la Première Guerre Mondiale. Le régime de Vichy s’adresse à cette jeunesse pour construire un nouveau régime et mettre en place de nouveaux principes. Parallèlement, et comme le dit Daniel Cordier : « L’armée des ombres étaient une armée d’enfants » ; l'âge de l'engagement dans la résistance est particulièrement précoce. 

"Si l'on s’intéresse à la culture de guerre, la première Guerre Mondiale peut-être vue comme un laboratoire de la seconde Guerre Mondiale." Bérénice Zunino

Une émission co-animée par Anaïs Kien

Références :
voix de Pierre Mendès France, 1939/archive familiale
extrait du documentaire « Gérard le retour, le héros qui ne voulait pas être soldat » 

Intervenants
  • directrice du Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) à Lyon
  • maître de conférence à l’université de Picardie
  • historien, archiviste chargé d'études aux Archives nationales
  • Maîtresse de conférences à l’université de Franche-Comté.
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