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D 932 - lieu-dit Le Poteau : des clandés au grand jour

55 min
À retrouver dans l'émission

1950, les Américains installèrent à Captieux un dépôt de munitions, au lieu-dit "Le Poteau". Les soldats attirant les filles à soldats (et réciproquement), des cabanes se sont établies le long de la route, pour abriter les ébats furtifs et tarifés des unes et des autres.

Un documentaire d'Olivier Chaumelle et Renaud Dalmar.

1ère diffusion : 20/11/07

Captieux est un chef-lieu de canton sans intérêt sur la route qui va de Bordeaux à Pau. On y trouve une équipe de rugby, un cercle, quelques bistrots ordinaires et un restaurant gastronomique. Il y a eu dans ce village modeste, jusqu'à dix sept salons de coiffure. En 1950, les Américains installèrent à Captieux un dépôt de munitions, sur 100 km2 à la limite des départements des Landes et de la Gironde, le long de l'actuelle départementale 932, au lieu-dit "Le Poteau". Les soldats attirant les filles à soldats (et réciproquement), des cabanes se sont établies le long de la route, pour abriter les ébats furtifs et tarifés des unes et des autres. Et les autorités fermaient les yeux sur cette situation non-conforme à la fameuse loi Marthe Richard de 1946, l'ordre local étant assuré par l'armée US. Ensuite, le Général de Gaulle invita les Yankees à retourner at home, ce qu'ils firent en 1967. Les installations militaires furent reprises par l'armée française, et les cabanes demeurèrent.

Le Poteau était un lieu de plaisir dont on parlait certes à voix basse, mais qui était fort connu dans toute l'Aquitaine. Tout le folklore y était : les jeunes garçons venaient s'y déniaiser, les rugbymen y passaient leurs troisièmes mi-temps, il y avait à Captieux des scènes de western entre maquereaux, etc. Et puis, comme la tolérance a ses limites, gardes mobiles et CRS (160 hommes en tout) firent une spectaculaire descente au Poteau, en mars 1987, procédèrent à une centaine d'interpellations (clients, prostituées, proxénètes, tenancières), et fermèrent ensuite le Bambi, le Saloon, le Bilitis, l'Ecrin et les dix autres établissements. On découvrit ensuite que derrière une apparence de gaudriole bonhomme se dissimulait, bien entendu, un univers sordide et minable. Le tribunal de Mont-de-Marsan, deux ans plus tard, se chargea de distribuer des dizaines d'années de prison aux protagonistes reconnus coupables. Reste à comprendre comment des maisons closes ont subsisté ainsi quarante ans après l'interdiction, au vu et au su de tout le monde, et pourquoi les forces de l'ordre ont soudain été priées de mettre un terme à cette situation.

Avec André Duranteau, président du Rugby-Club de Captieux ; Jean-Pierre Dubern, ancien épicier de Retjons ; Hervé Pons, journaliste à Sud-Ouest ; Christian Vennetier, vice-procureur de la République près le tribunal de Bordeaux ; Huguette Walewski et Mieczyslaw Walewski, ancien militaire polonais du camp américain ; et Jérôme Werno, ancien militaire polonais du camp américain.

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