LE DIRECT
Groupe de jeunes Juifs assignés à résidence à Saint-Martin-Vésubie
Épisode 3 :

1943 Saint-Martin-Vésubie : l'histoire d'un millier de Juifs

55 min
À retrouver dans l'émission

Printemps 1943. Près d'un millier de Juifs étrangers convergent à Saint-Martin-Vésubie, petit village de l'arrière-pays niçois, où les autorités d'occupation italienne les assignent à résidence. C'est l'histoire que retrace ce documentaire de Raphaël Krafft et Véronique Samouiloff...

Groupe de jeunes Juifs assignés à résidence à Saint-Martin-Vésubie
Groupe de jeunes Juifs assignés à résidence à Saint-Martin-Vésubie Crédits : Archives personnelles de Jenny Lancel Stopek

Printemps 1943, près d'un millier de Juifs étrangers convergent à Saint-Martin-Vésubie, dans l'arrière-pays niçois, où les autorités d'occupation italienne les assignent à résidence. Les rares survivants s’en souviennent comme du plus bel été de leur jeunesse. À l’ombre des platanes de la place du village, sur les terrasses des cafés, on conversait de tout, en toute liberté et en toutes langues, polonais, allemand, tchèque, russe, yiddish même ! Sans se soucier des patrouilles de carabiniers, bersagliers et autres Alpini qui arpentaient les ruelles. Des persiennes des villas abandonnées par les riches touristes filtraient ici l’écho d’un piano ou là d’un violoncelle. Des grappes d’adolescents se baignaient au torrent où naissaient les premiers flirts, les premières amours dans les champs et bois alentours. Les denrées étaient rares et chers mais on dansait le soir, des enfants naissaient. Au milieu de l’année 1943, Saint-Martin-Vésubie était un havre de paix, un paradis, un refuge inimaginable dans l’Europe en guerre. Comme dans toute la zone d'occupation italienne, les Juifs étaient protégés des Allemands et de la police vichyste. Cela ne durerait qu’un temps pensaient la plupart des Juifs de Saint-Martin-Vésubie. En prévision de l’inexorable, David Blum, Juif polonais réfugié en Allemagne puis en Belgique et enfin en France, son frère et leur ami Ernst Appenzeller, Juif allemand réfugié en France partirent explorer les possibles voies de fuites vers l’Italie où les alliés débarqueraient bientôt. Deux cols, ceux de Cerise et de Fenestre allaient bientôt voir passer respectivement 350 et 650 Juifs environ fuyant à la suite des troupes italiennes qui fuyaient elles-mêmes l’arrivée des Allemands. Le 9 septembre 1943, au lendemain de l’armistice signée entre Eisenhower et le maréchal Badoglio et à la veille de l’arrivée à Nice du capitaine SS Aloïs Brunner, une première colonne quitta Saint-Martin-Vésubie à pied vers Fenestre et Cerise. Hommes, femmes, enfants, vieillards, marchèrent, pendant trois jours pour les plus faibles, à travers les pentes rocailleuses du Mercantour et de l’Argentera, “une sortie d’Égypte” selon une survivante. 350 d'entre eux environ seront déportés à Auschwitz, où la plupart y périrent.

Casemate de l'armée italienne à l'approche, côté français du col de Fenestre (2474m)
Casemate de l'armée italienne à l'approche, côté français du col de Fenestre (2474m) Crédits : Raphaël Kraft - Radio France
Danielle Baudot-Laksine, historienne amateure quia consacré une partie de sa vie à l'histoire des Juifs de Saint-Martin-Vésubie et de leurs hôtes. Ici, dans l'ascension du col de Fenestre.
Danielle Baudot-Laksine, historienne amateure quia consacré une partie de sa vie à l'histoire des Juifs de Saint-Martin-Vésubie et de leurs hôtes. Ici, dans l'ascension du col de Fenestre. Crédits : Raphaël Kraft - Radio France

"Un si bel été", un documentaire de Raphaël Krafft réalisé par Véronique Samouiloff (première diffusion le 06 septembre 2016)

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......