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Photographie : Départ de Pologne
Épisode 6 :

Catégorie T : bonne de ferme

53 min
À retrouver dans l'émission

Dans l'entre-deux-guerres, dans le cadre d'un accord passé entre la France et la Pologne, de jeunes Polonaises viennent travailler dans des fermes d’Indre-et-Loire. Au travers de leur correspondance retrouvée, ce documentaire de Dominique Prusak et Françoise Camar donne à entendre leurs trajectoires

Photographie : Départ de Pologne
Photographie : Départ de Pologne Crédits : Collection privée

"Je vous informe de mon arrivée chez ce patron là que, pour ce qui est de mon travail, j’ai à traire neuf vaches et il y a un très grand taureau et je dois aussi nettoyer le fumier de ces vaches chaque matin. Je dois tirer l’eau du puits pour ces vaches et j’ai encore des cochons, y’en a tant que je sais plus combien ; je dois aussi faire la lessive. Mes mains me font tellement mal que la nuit, j’arrive pas à dormir après un travail aussi pénible. Quand y’a eu une fille française, elle a pas fait la moitié de ce travail que je fais. Ce patron a pas de mesure et la patronne non plus. Il dit qu’une polonaise est forte." Leonora Adamus, juillet 1934

"Il y a un malentendu entre moi et le fils du patron. Je travaille ici depuis sept mois et pour la chose, il m’a pas laissé tranquille du tout, mais il est venu chez moi et moi j’ai pas réussi à le repousser, il m’a prise de force et il m’a violée. Qu’est ce que je vais devenir maintenant, pauvre de moi, je vais me pendre et me noyer. Parce que j’ai pas d’autre issue. Et lui, ça l’a fait rire quand je lui ai dit." Maria Bistula, 21 septembre 1931

Certificat de baptême
Certificat de baptême

Traduites du polonais, ces lettres ont été écrites par des jeunes immigrées venues travailler légalement dans les fermes d’Indre-et-Loire après la convention franco-polonaise signée le 3 septembre 1919. Ces lettres constituent un témoignage sur la domesticité dans le monde rural français d’entre les deux guerres. Elles sont écrites à Julie Duval, inspectrice de la main d’œuvre immigrée dépendante du Ministère de l’Agriculture, laquelle maîtrise la culture et la langue des deux pays. En répondant et en suivant la correspondance de ces jeunes femmes (1592 lettres reçues et 1601 renvoyées rien que pour l’année 1934) (131 lettres traduites sur 1300 conservées) et déposée aux archives départementales de Tours, Julie Duval nous a transmis aujourd’hui un véritable trésor épistolaire qui renvoie à la condition de ces femmes immigrées parties en quête des conditions pouvant assurer leur survie matérielle... voire du bonheur.

extrait du casier judiciaire
extrait du casier judiciaire
certificat de résidence en Pologne
certificat de résidence en Pologne

Avec les témoignages de Sylvie Aprile, historienne de l’immigration, Maryla Laurent, professeur de langue et littérature polonaise, responsable des études polonaises à l'Université de Lille 3 et traductrice des 131 lettres; Monika Salmon-Siama, docteur en sciences humaines et traductrice; Ronald Hubscher, historien du monde rural; Claude Delage, professeure d’histoire/géographie.

Et la traduction de Elzbieta Latka, linguiste à l’Université Jagellone de Cracovie.

En bonus, écoutez ci-dessous le témoignage de Marie-Thérèse, descendante de domestiques polonais :

Écouter
4 min
la fabrique de l histoire - MARIE THERESE bonus fabrique bonnes polonaises

"Catégorie T : bonne de ferme", un documentaire de Dominique Prusak, réalisé par Françoise Camar, dédié à Janine Ponty, historienne de l’immigration polonaise en France.

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