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Paris Games Week, Paris, 4 novembre 2017
Épisode 1 :

L'Egypte pharaonique, inépuisable matrice de la fiction depuis le XIXe siècle ?

52 min
À retrouver dans l'émission

Du Roman de la momie à Assassin's Creed, comment hiéroglyphes, pyramides, sarcophages, momies et autres pharaons de la vallée du Nil fascinent-ils écrivains, réalisateurs... et créateurs de jeux vidéo depuis plus de deux siècles ?

Paris Games Week, Paris, 4 novembre 2017
Paris Games Week, Paris, 4 novembre 2017 Crédits : Chesnot - Getty

L’histoire c’est du roman ? La formule provocatrice semble n’avoir jamais été aussi bien adaptée qu’à l’Egypte pharaonique...

Première partie

Emmanuel Laurentin et Victor Macé de Lépinay s'entretiennent avec Lorenzo Medini, chargé de cours en égyptologie à l’Université Paris-Sorbonne Paris IV de la façon dont est représentée l'Egypte pharaonique dans Assassin's Creed Origins.

Le jeu vidéo peut-il restituer une image plus authentique de l’Egypte antique ? Est-il possible de détisser les fils des récits fictionnels et des discours scientifiques ? 

Lorenzo Medini : En effet, le tissage est très étroit ! Parce que cette fascination qui a alimenté le "mythe égyptien" remonte bien avant la découverte des hiéroglyphes. Les Romains, qui pourtant n’étaient pas si éloignés de la civilisation pharaonique, étaient déjà frappés d'égyptomanie. L’image qui a ensuite été donnée par la littérature et le cinéma a contribué à éloigner plus encore les représentations que nous avons de cette civilisation de la réalité historique. Si on veut faire l’histoire de l’histoire, il est intéressant de voir que les représentations à l’œuvre dans un jeu vidéo conçu en 2018 ne sont déjà plus celles de Joseph L. Mankiewicz quand il tourne Cléopâtre en 1963. Si l’on veut faire de la bonne vulgarisation aujourd’hui, il faut réussir à sortir de ces deux écueils qui consistent à vouloir résumer le « mystère » de l’Egypte : son "secret", tout ce que l’on ne sait pas ou que l’on nous a caché, etc. ou bien à alimenter le côté « amour, gloire et beauté » des Ptolémée, ce genre de clichés qui peuvent être encore véhiculés par des séries comme celle de HBO consacrée à Rome dans laquelle on voit la partie consacrée à l’Egypte exclusivement traitée sous le prisme de la décadence.

Seconde partie

Emmanuel Laurentin et Victor Macé de Lépinay s'entretiennent avec Nolwenn Corriou, chercheuse à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et auteure d'une thèse sur l'égyptologie en tant qu'objet littéraire de la fin du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale.

Pourquoi l’Egypte fascine-t-elle autant les écrivains de l’Angleterre victorienne ?

Nolwenn Corriou : La civilisation égyptienne est la seule, avec la civilisation maya, où l’on peut voir les morts. Le cadavre ambulant qu'est la momie représente une sorte de synthèse des peurs qui travaillent la société victorienne : la peur d’un réveil nationaliste des colonies qui allaient se rebeller contre la puissance impériale britannique. Et la peur des femmes, en lien avec le mouvement des suffragettes qui prend son essor en Grande-Bretagne. Parce que l’archéologue est toujours un homme, la momie est presque toujours une femme, et ainsi va se développer toute une thématique romantique entre ces deux protagonistes. La métaphore sexuelle est très présente dans ces romans victoriens notamment au travers des scènes de déshabillage de la momie, le moment où on lui retire ses bandelettes. L’effraction du tombeau de la momie par l’archéologue c’est en quelque sorte le viol de l’hymen !

Pour aller plus loin...

Intervenants
  • Chargé de cours en égyptologie à l’Université Paris-Sorbonne Paris IV.
  • Enseignant agrégée affectée à l'université Paris 1.
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