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La maison de la Suchère où Francis Ponge résida à plusieurs reprises avec sa famille
Épisode 4 :

Le Chambon-sur-Lignon, village refuge

52 min
À retrouver dans l'émission

Le Chambon-sur-Lignon, un village cévenol fréquenté dès les années 1930 et jusqu’à la Libération par nombre de penseurs et d’écrivains, s’est vu décerner – à titre collectif - le titre de "Juste parmi les nations" par le mémorial de Yad Vashem. Un destin singulier que fait revivre ce documentaire.

La maison de la Suchère où Francis Ponge résida à plusieurs reprises avec sa famille
La maison de la Suchère où Francis Ponge résida à plusieurs reprises avec sa famille Crédits : Séverine Liatard - Radio France

"Le Chambon-sur-Lignon, village refuge", un documentaire de Séverine Liatard et Anne Fleury.

Entre l’Ardèche et la Haute-Loire, la commune du Chambon-sur-Lignon est mondialement connue pour avoir accueilli et caché de nombreux Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour commémorer cette histoire, un Lieu de mémoire a été inauguré en 2013 face au temple du Chambon. La sociologue Nathalie Heinich, dont l'histoire familiale recoupe celle de ce village, a choisi de s’intéresser aux intellectuels qui ont effectué un séjour marquant pour leur vie, ou leur œuvre, sur ce petit territoire. Si leurs écrits se déploient dans un vaste champ allant de la littérature à la science en passant par les sciences humaines, les motifs de leur séjour au Chambon sont eux aussi divers : de la villégiature estivale à la cure pour raisons de santé, de la quête d'un authentique refuge ou d'un lieu pour abriter une activité de résistance, voire simplement en raison d'une tradition familiale protestante. Partie en quête des traces du poète Francis Ponge, des philosophes Albert Camus, Georges Canguilhem ou Paul Ricoeur, des historiens Jules Isaac ou Léon Poliakov, d’éminents spécialistes de la pensée juive comme André Chouraqui, Jacob Gordin, Georges Vajda ou Georges Levitte et bien d’autres encore, Nathalie Heinich revitalise la mémoire de cette créativité foisonnante concentrée sur ce petit périmètre. De maison en maison, par les chemins et les routes, sa démarche est également une manière de faire surgir le souvenir en marchant, en l'ancrant dans la nature et les paysages du "Plateau". 

Nathalie Heinich : « Dans un rayon de 10 km2 et sur une génération, entre le milieu des années 1920 et la fin des années 1940, on recense la présence de 17 intellectuels, de niveau national voire international : des poètes, des romanciers, des mathématiciens, des économistes, historiens, ou philosophes. Et un nombre important d’œuvres majeures s’écrivent ici : La Peste de Camus, une grande partie de l’œuvre de Francis Ponge, Jésus et Israël de Jules Isaac, un ouvrage fondamental dans la vie intellectuelle, politique et religieuse de l’après-guerre, les grands ouvrages des spécialistes de la pensée juive. C’est assez exceptionnel. »

#Panelier #Saint-Agrève #Tence #Le Mazet-Saint-Voy

Après le Chambon, l'histoire des villes-refuges se perpétue...

En 1995, à l'initiative du Parlement des écrivains, 400 villes européennes réunies en congrès à Strasbourg signent une Charte des villes refuges dans laquelle elles se déclarent prêtes à accueillir les écrivains menacés dans leur pays par le terrorisme, le fondamentalisme religieux ou la répression politique.

Dix ans plus tard, Christian Salmon, dans un article de Médiapart, donne des nouvelles de cette initiative, au moment où Ada Calau, le maire de Barcelone, relance l'idée d'un réseau des villes-refuges pour les écrivains dont la vie est menacée dans leur pays.

Intervenants
  • Sociologue, directrice de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique)
  • Maître de conférences en histoire de l’art à l’Université de Haute-Alsace. Spécialiste des indiennes et de la création artistique dans l’industrie textile aux XVIIIe et XIXe siècle, elle a publié de nombreux articles sur le sujet et un ouvrage issu de sa
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