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Olivier Feiertag : "Ce que rappelle F. Roosevelt dans son discours de 1933, c’est que les banques ont le pouvoir de créer de l’argent. Et c’est une responsabilité énorme."
Épisode 2 :

Le rôle des banques dans les crises économiques

51 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, deuxième volet de notre série sur la crise de 2008, une émission d'archives consacrée à une histoire des banques et des épargnants, co-animée par Anaïs Kien.

Olivier Feiertag : "Ce que rappelle F. Roosevelt dans son discours de 1933, c’est que les banques ont le pouvoir de créer de l’argent. Et c’est une responsabilité énorme."
Olivier Feiertag : "Ce que rappelle F. Roosevelt dans son discours de 1933, c’est que les banques ont le pouvoir de créer de l’argent. Et c’est une responsabilité énorme." Crédits : PAUL J. RICHARDS / AFP - AFP

Après un premier volet consacré à la crise de 2008, il est temps à présent de redonner du champ à l'immense faillite de Lehmann Brothers en examinant plus généralement la place des banques dans les systèmes économiques occidentaux depuis le XIXe siècle. Retour en archives et avec les analyses de Christine Zumello et Olivier Feiertag sur une histoire des épargnants et des établissements bancaires à qui ils confient leurs économies.

Olivier Feiertag : En 1850, Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues écrit à l’article Banquiers « Tous des voleurs ». Si l'on se réfère à la perception de la crise de 2008 dans la mémoire collective, je ne suis pas sûr qu'on soit très loin de cette idée reçue ! 

A quoi sert une banque ? Qu’arrive-t-il à cet argent ainsi confié ? Pourquoi a-t-on besoin d’un intermédiaire ? Des questions auxquelles tentait déjà de répondre Franklin Delano Roosevelt après la crise de 1929.

Franklin Delano Roosevelt : Vous devez avoir foi, ne vous laissez pas impressionner par les rumeurs. Unissons-nous pour combattre la peur, nous avons engagé la restauration de notre système financier et c’est à vous de le soutenir et de faire en sorte que cela marche. (causerie radiodiffusée du 12 mars 1933)

Christine Zumello : Ce premier « Fireside chat » de Roosevelt est une sorte de cours. Et à ce moment-là, c’est totalement nécessaire parce qu’il faut expliquer aux Américains d’une part ce qu’est une banque et les difficultés qu’elle traverse mais surtout qu’il faut continuer à avoir confiance.

Olivier Feiertag : Ce que tente de faire comprendre Roosevelt c’est que les banques ont un pouvoir extraordinaire, celui de créer de l’argent. Dans tous les pays développés du monde, l’argent c’est une pyramide inversée : une toute petite base de cash mais 80% à 90% de l’argent qui circule est une création bancaire. C’est une responsabilité énorme.

Si on peut relever quelques points communs avec la crise de 1929, la situation de 2008 reste sans précédent à de nombreux égards. Avec la crise des subprimes, on est au bord du gouffre, du précipice alors il faut absolument réagir mais que faire ? La réponse de George Bush, cinq jours après la chute de Lehmann Brothers.

George Bush : Le risque systémique était très important et nécessitait une réponse à la hauteur. Le Congrès le comprend, nous travaillons pour que quelque chose soit fait aussi vite que possible. A problème massif, réponse massive. Je continue à dire aux Américains que le risque de ne rien faire est plus important que le risque que constitue cette somme. L’argent reviendra mais là, le gouvernement se devait d’envoyer un signal disant que nous comprenions que l’instabilité pouvait devenir dévastatrice et à terme affecter les travailleurs, les familles. Nous ne laisserons pas cela arriver. (discours du 20 septembre 2008)

Christine Zumello : C’est la chute de Lehmann Brothers, « crise dans la crise », sorte de Pearl Harbor financier, qui déclenche ce discours de George Bush, président républicain mais qui va tenir des propos qu’on aurait pu attendre d’un président démocrate : l’Etat doit intervenir pour sauver les banques et venir à la rescousse des épargnants américains. La grande différence entre le paysage de 2008 et celui des années 30 c’est que la montée en puissance des « bank holding companies » a fait naître la crainte que la faillite de l’un de ces méga établissements financiers mette en danger l’ensemble du système, ce qui n’était pas le cas au 19e siècle quand on n’avait que des petites banques agglomérées. C’est cela que George Bush essaie d’expliquer dans ce discours. 

Olivier Feiertag : La crise de 2008 a permis de mettre en lumière enfin le travail des banques centrales qui se situent à la zone frontière entre les états et le marché. En 2008, elles ont bien réagi, ce qu’elles n’avaient pas fait en 1929. Comme quoi on apprend aussi de l’histoire !

Les deux autres archives diffusées sont issues d'un discours de Gordon Brown, ancien premier ministre britannique (8 octobre 2008) et d'une déclaration de John Stumpf, banquier américain impliqué dans le scandale de la banque Wells Fargo (20 septembre 2016).

#banquecentrale #FED #subprimes #toxicité #agences de notation  #John Stumpf #scandale Wells Fargo #crime en col blanc #GoldmanSachs #loi Dodd-Franck #produit financier éthique

  • A voir sur Arte le 18 septembre prochain, le documentaire de Jennifer Deschamps, Inside Lehmann Brothers. La chute de la banque américaine en 2008 a plongé la planète dans une gigantesque récession. Dans une enquête captivante, Jennifer Deschamps se penche sur ce qui a causé la perte d'une banque au-dessus de tout soupçon.
Intervenants
  • professeur de civilisation et politique américaines à l’université de Paris 3 Sorbonne Nouvelle, spécialiste de l’histoire économique des États-Unis
  • professeur d'histoire économique à l'Université de Rouen.
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