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 Plan de la ville et de la forteresse de La Mothe
Épisode 4 :

Ci-gît La Mothe. L’anéantissement d’une ville lorraine (1258-1645)

52 min
À retrouver dans l'émission

Ci-gît La Mothe (1258-1645). L’anéantissement d’une ville lorraine durant la guerre de Trente Ans, un documentaire d'Olivier Chaumelle et Marie-Laure Ciboulet.

 Plan de la ville et de la forteresse de La Mothe
Plan de la ville et de la forteresse de La Mothe Crédits : Gallica

La butte de la Mothe se trouve aux limites de la Haute-Marne et des Vosges, c’est-à-dire à la charnière historique entre la France et l’Empire germanique. Elle atteint 500 mètres d’altitude, et domine la plaine de 200 mètres de ses pentes abruptes. Cette position stratégique a scellé son destin tragique. C’est un seigneur local qui décida au XIIIe siècle de bâtir une ville sur ce promontoire, offrant des avantages aux bourgeois qui seraient candidats à s’y installer. La fière citadelle vécut alors presque quatre siècles dans une paix intermittente, avec ses 3 000 habitants. Charles IV, duc de Lorraine, était peu fiable et versatile, et côté français, Richelieu, puis Mazarin son successeur, étaient susceptibles et bilieux. Richelieu avait décidé d’en finir avec La Mothe. Mazarin l’a fait, juste après la mort de son prédécesseur. À l’issue du troisième siège, fin juin 1645, La Mothe se rend après sept mois de privations et de bombardements. Le traité qu’on signe stipule qu’il ne sera fait aucun mal aux habitants, aux bâtiments, ni même aux combattants. Mais il en sera tout autrement. Contrairement à l’acte de reddition, on rase La Mothe intégralement, fortifications, églises, maisons, rien n’est resté debout. Les démolisseurs, recrutés en grand nombre, seront autorisés à prélever dans les décombres les matériaux qu’ils veulent, pour s’établir dans la plaine. Il y a d’ailleurs alentours de nombreux témoignages architecturaux du réemploi des pierres de La Mothe, qui a fait longtemps office de carrière. Peu à peu, la forêt a recouvert les décombres de la belle citadelle. Cent ans après le désastre, le plan de la ville était encore parfaitement lisible au sol, lit-on. L’endroit est aujourd’hui marqué d’une profonde mélancolie, et quelques érudits en cultivent la mémoire.

Avec Robert Chevallier, guide bénévole, Gilles Laporte, écrivain, François Dépinal, président de l’Association pour La Mothe, Fabrice Fontaine, historien et Laurent Jalabert, maître de conférences en histoire moderne à l’Université de Lorraine.

Les textes lus par Hélène Lausseur sont issus des ouvrages suivants :

  • Abbé Liébaut La Mothe : ses sièges, sa destruction (1904)
  • Nicolas du Boys de Riocour Histoire de la ville et des deux sièges de La Mothe, 1634 et 1645 (manuscrit rédigé en 1648 et publié en 1841)
  • Jules Marchal : Description de la ville et forteresse de La Mothe. 1886

Bibliographie complémentaire

  • Frédéric Chef Géographie sentimentale. Un voyage à travers la Haute-Marne, Le Pythagore, 2005
  • Philippe Martin La guerre de Trente ans en Lorraine. 1631-1661. Serpenoise, 2002
  • Henri-Paul Eydoux Cités mortes et lieux maudits de France Plon, 1959
Intervenants
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