LE DIRECT
usines d’eau potable, stations d’épuration, installations de traitement des déchets : ces équipements ont engendré des polémiques qui ont au investi l’espace public.

Assainir, moderniser, moraliser : les joies de l'hygiénisme à Lyon

52 min
À retrouver dans l'émission

Depuis l’âge de Pasteur et l’identification du danger représenté par les microbes, les politiques se mettent en tête d'éduquer et moraliser les classes populaires en ville. La deuxième ville de France est devenue une vitrine de l'hygiéne public entre la fin du XIXè et le début du XXè siècle.

usines d’eau potable, stations d’épuration, installations de traitement des déchets : ces équipements ont engendré des polémiques qui ont au investi l’espace public.
usines d’eau potable, stations d’épuration, installations de traitement des déchets : ces équipements ont engendré des polémiques qui ont au investi l’espace public. Crédits : AFP

A partir de la moitié du XIXème siècle les courants de pensées hygiénistes, l'industrialisation et les municipalités changent le visage des villes. Ces villes vivent au rythme des machines à vapeur, des fumées noires, des ouvriers qui s'épuisent au travail et rentrent dans leur logements insalubres.

Les médecins deviennent partie prenante de la vie politique et le mot d'ordre général devient la prophylaxie.

Rues, places, morgues, toilettes... La ville change de visage

Au nom de ces grands principes et après être passé de la peur des odeurs porteuses de miasmes au dégout des odeurs, des déchets et du sang des animaux. Au nom de ces grands principes donc, la ville change de visage. On agrandit les rues, on élargit les places, on crée des toilettes dans les appartements, on pose des bornes fontaines d'eau courante dans les cours des immeubles, on met les morgues à écart, on met les abattoirs à écart, on construit des bains douches et des grands parcs et surtout on installe égouts et eau courante…

Mais parfois ces nouveaux appartements ont des chambres aveugles ou pas de cabinets de toilettes, souvent ces grandes percées de nouvelles rues cachent des stratégie militaires pour contenir de possibles révoltes populaires, les bains douches et les parcs veulent assainir les corps autant que les âmes des classes populaires, les nouveaux logements lumineux repoussent les ouvriers vers la périphérie.

Lyon, avec son préfet Vaisse, redessine le visage de la presqu'île. Avec la nouvelle rue impériale puis la rue de l'impératrice, la ville crée son bureau d'hygiène en 1890. Les maires médecins Jean-François Terme et Antoine Gailleton vont mettre en place des mesures hygiénistes : le parc de la tête d'or instruira et aérera les lyonnais, des bains douches seront construits, une pompe à vapeur fournira la ville en eau courante, les fosses d'aisances alimenteront les champs autour de Lyon, les abattoirs de la Mouche seront construits pas Tony Garnier et Edouard Herriot dans la Sud de Lyon qui accueillera un stade , une cité jardin et une usine d'incinération des déchets.

Un documentaire de Perrine Kervran, réalisé par Charlotte Roux

Avec Robert Jonac, Jean Pierre Aguerre, Stéphane Frioux, Dominique Bertin, Cécile Vetorello, marie Vigneau et Thierry Terret.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......