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Scène de l'Inquisition : sorcières au bûcher - Gravure médiévale

Les procès de sorcières

53 min
À retrouver dans l'émission

Ce sont des femmes, elles sont veuves et âgées pour la plupart, et ont été considérées un temps comme sorcières. Aux XVIe et XVII siècles, pactiser avec le démon leur valait d'être pendues ou brûlées sur un bûcher. Retour sur l'histoire des procès des sorcières de Genève, au travers d'archives.

Scène de l'Inquisition : sorcières au bûcher - Gravure médiévale
Scène de l'Inquisition : sorcières au bûcher - Gravure médiévale Crédits : Wikicommons via Wikipedia

Dernière femme à avoir été exécutée pour sorcellerie en Suisse, Anna Göldin est une de ces figures célèbres. Cette servante avait été accusée dans son canton d'avoir ensorcelé une fillette de huit ans dont elle avait la garde. Torturée, elle fut décapitée en 1782. 

Depuis, plusieurs personnalités ont milité pour la réhabilitation d'Anne Göldin. En 2007, le musée de Mollis est inauguré pour honorer sa mémoire et son histoire. On y retrouve notamment des documents liés à son procès, des extraits du film Anna Göldin, la dernière sorcière, ainsi que la reconstitution de sa cellule de l'hôtel de ville de Glaris, tout comme les instruments de torture grâce auxquels lui ont peut-être été extorqués des aveux. 

Le public aujourd'hui est très sensible aux cas de ces jeunes femmes maltraitées, voire tuées, par la passé. C'est notamment le cas de mes jeunes étudiantes au Collège Saint-Michel de Fribourg, et je crois que cela correspond à un vrai besoin dans notre société. La dernière femme qui a été exécutée pour sorcellerie est emblématique. Jean-Pierre Dorand, professeur au Collège Saint-Michel de Fribourg

Un siècle avant l’exécution d'Anne Göldin, en 1652, une autre femme est exécutée en Suisse : la blanchisseuse Michée Chauderon. Elle sera la dernière femme a être pendue, puis brûlée pour actes de sorcellerie dans le canton de Genève. L'historien Michel Porret s'est intéressé à son cas dans un livre intitulé L'Ombre du diable, Michée Chauderon dernière sorcière exécutée à Genève (Georg, 2010), dans lequel il s'attelle à historiciser une repentance mémorielle : 

Sept à huit personnes incriminées pour sorcellerie sous l'Ancien régime sont des femmes. Entre 1480 et 1560 en Europe, période que l'on pourra qualifier d'"'âge d'or" de la sorcellerie, des communautés entières s'en prennent à des femmes parce qu'elles pensent qu'elles incarnent une offensive du mal. C'était plus qu'une croyance, c'était une culture. Michel Porret, professeur à l'Université de Genève

Le procès de Michée Chauderon est à la fois normal et atypique. Le milieu du XVIIe siècle est marqué par l'essor du cartésianisme, le moment où l'hypothèse des corps "enchantés" des sorcières se trouble. On ne croit plus ce qu'on pensait il y a encore vingt ans. Et pourtant, on voit qu'il y a une continuité de la chasse aux sorcières. Michel Porret, professeur à l'Université de Genève 

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