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Martinique, Fort De France, arrivée du Général De Gaulle le 1er mai 1960.
Épisode 2 :

De l'Union française à la loi-cadre Defferre

52 min
À retrouver dans l'émission

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, la décentralisation politique en faveur des territoires coloniaux s'amorce, sans pour autant remettre en question l'empire français. Quelles formes successives, politiques et légales, prend cette transformation des "outre-mers" ? Et qui sont ses artisans ?

Martinique, Fort De France, arrivée du Général De Gaulle le 1er mai 1960.
Martinique, Fort De France, arrivée du Général De Gaulle le 1er mai 1960. Crédits : Keystone-France/Gamma-Keystone - Getty

Second volet de notre semaine consacrée aux Outre-mers, cette émission d'archives est consacrée à l'histoire politique de la décentralisation en faveur des outre-mers. Emmanuel Laurentin et Séverine Liatard reçoivent Frédéric Turpin, professeur de relations internationales et titulaire de la chaire Senghor de la francophonie à l'université de Savoie ; Anne-Laure Ollivier, qui consacre ses recherches à l’histoire politique et à l’histoire des gauches, secrétaire de rédaction de Parlement[s]. Revue d’histoire politique ; et Edenz Maurice, spécialiste de la Guyane, chercheur au centre d'histoire de Sciences Po et secrétaire scientifique du Comité pour l'histoire préfectorale.

La Constitution de la Quatrième République établit en 1946 "l'Union française" : l'organisation politique de la France et de son empire colonial, qui regroupe la métropole, les outre-mers, les régions sous mandat et les protectorats. Théoriquement, l'indigénat disparaît ainsi au profit d'une citoyenneté française accordée à toutes et tous ; mais les contradictions se font rapidement jour et l'écart entre la théorie et la pratique fragilise la toute jeune organisation. En 1956, la loi-cadre Defferre, qui créé des Conseils de gouvernement élus au suffrage universel dans les outre-mers, est une nouvelle étape dans ce processus de décentralisation, avant l'institution de la Communauté française par la Cinquième République en 1958. Moins de deux ans plus tard, l'indépendance des dernières colonies françaises rendra caduque ces organisations politiques qui perdureront pourtant dans les textes jusqu'en 1995.

Quels processus et négociations politiques ont mené à la formulation de ces organisations ? Qui en sont les artisans ? Comment furent-elles remises en question ?  

On sent toute la dette de ces Républicains français vis-à-vis d'un Empire qui a sauvé la France. Le discours [de Vincent Auriol] est intéressant puisqu'on passe de l'idée d'une colonisation comme subordination à l'idée d'une colonisation fondée sur l'égalité et sur une union librement consentie -reste à voir ce que l'on met là-dessous. On entend que Vincent Auriol est très attaché à cette Assemblée nouvelle, et d'autant plus qu'il est très attaché aux fonctions qu'il entend exercer de Président de l'Union française. Anne-Laure Ollivier

Il me semble qu'il est pertinent de relire cette période dans le contexte international : on comprend mieux les positions de la SFIO dans le contexte de la guerre froide. Le risque de sécession devient une obsession, et le maintien de l'ordre va primer sur l'extension des droits et cette volonté d'assimilation qui s'exprimait en 1946. Edenz Maurice

Archives INA diffusées :
- Où en est l’Union française ?, 15/03/1946
- Séance inaugurale de l’Assemblée de l’Union française à Versailles avec l’arrivée de Vincent Auriol, 10/12/1947
- Gaston Defferre présente sa loi-cadre à Dakar (01/07/1956)
- Discours de Félix Houphouët-Boigny à Bouaké sur la loi-cadre et ses nécessités politiques, 03/11/1956
- Le grand voyage de De Gaulle pour présenter la Communauté française en Afrique, 31/08/1958

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