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Plantation de canne à sucre de la France coloniale en Martinique, Indes occidentales, 1830.
Épisode 3 :

Outre-mers, revue d'histoire

53 min
À retrouver dans l'émission

Les titres ont du sens : des cendres de la "Revue de l’histoire des colonies françaises" est née "Outre-mers. Revue d’histoire". Comment cette publication semestrielle née en 1913 a-t-elle affronté l'histoire et son histoire, et quels sont ses enjeux actuels avec l'essor des études postcoloniales ?

Plantation de canne à sucre de la France coloniale en Martinique, Indes occidentales, 1830.
Plantation de canne à sucre de la France coloniale en Martinique, Indes occidentales, 1830. Crédits : Universal History Archive/UIG

Troisième temps de notre semaine consacrée aux outre-mers, Emmanuel Laurentin reçoit aujourd'hui quatre acteurs majeurs de la revue Outre-mers : Colette Zytnicki, professeure émérite en Histoire contemporaine à l’Université de Toulouse et la rédactrice-en-chef de la revue Outre-Mers. Revue d'histoire de 2015 à 2018. ; Hugues Tertrais, professeur émérite d'histoire contemporaine à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il animait le Centre d’histoire de l’Asie contemporaine (CHAC) et président de la Sfhom ; Julie d'Andurain, professeure en Histoire contemporaine à l’Université de Metz et secrétaire générale & trésorière de la Sfhom ; et Emmanuelle Sibeud, professeure en histoire contemporaine à l'Université Paris 8 et co-rédactrice-en-chef de la revue Outre-Mers. Revue d'histoire depuis 2019, avec Isabelle Surun (Professeur en histoire contemporaine à l'Université de Lille-3) et Christine Mussard (Maître de conférences à l'Université d'Aix-Marseille).

L’outre-mer c’est un héritage et une discussion. Nous n’avons pas créé le terme, nous en avons hérité ; et désormais nous l’envisageons comme un moindre mal. Julie d'Andurain

Le problème que pose le terme outre-mer c’est qu’il sous-entend un point de vue depuis la métropole. Cela pose toujours problème car ce n’est plus ce que l’on fait aujourd'hui quand on fait de l’histoire impériale : on croise les points de vue, au contraire. La revue a adopté le terme précocement. D'ailleurs en 2009, après les mouvements sociaux du début de l’année, il y a eu un débat sur une loi où un député de la Guyane avait demandé à ce que l’on parle « des » outre-mers, la revue était donc un peu en avance ! L’année dernière, avec le référendum sur l’auto-détermination de la Nouvelle Calédonie, on a vu que le débat sur la notion est toujours vivant. Benoît Trépied, analysant cette situation, a d'ailleurs bien démontré que les outre-mers devenaient un laboratoire de la citoyenneté très important. Emmanuelle Sibeud

Cette revue est aussi le reflet des chercheurs qui y travaillent. On a eu pendant beaucoup d’années de grands spécialistes de l’Afrique ; aujourd'hui il y a une nouvelle orientation qui fait jour d’ouvrir sur le Maghreb, et on pourrait tout aussi bien ouvrir sur l’empire russe – car il y a eu une colonisation dans le monde russe ! L’université est souvent divisée par aires géographiques, alors qu’on essaye justement de sortir de cette division au sein de la revue. Le grand apport des études post-coloniales c’est que toutes les disciplines se sont intéressées à l’objet « colonisation », alors que l’histoire s’y intéressait depuis longtemps. Julie d'Andurain

Il y a une chose très importante, c’est l’ouverture de la revue aux jeunes chercheurs : dans les dossiers et les varias on se fait un point d'honneur de publier de jeunes chercheurs qui viennent de soutenir et dont la thèse a été saluée, ou des doctorants. C’est aussi un moyen de renouveler les questionnements, de participer à la discussion globale. On mêle ces jeunes chercheurs qui impulsent du neuf et des chercheurs plus confirmés. L’autre chose, c’est que notre revue s’écrit avec des auteur-e-s des outre-mers : nous avons toujours (depuis la fin des années 1950) des auteurs Africains, qui viennent du Maghreb, du Pacifique… C'est un élément important : la revue s’écrit à plusieurs voix ; cela donne de nouvelles manières d’écrire. Colette Zytnicki

On évoquait les polémiques, notre non-réactions aux polémiques. Nous ne souhaitons pas réagir à chaud à un certain nombre de choses : on rassemble des jeunes et historiens qui travaillent sur ces questions, on fait des journées d'études, on rassemble les textes, et cela donne un dossier considérable ! Hugues Tertrais

Musiques diffusées :
- CHARLES TRENET « Biguine à bango » (1938)
- CAROLE KIM « Sai Gon » (1974)
- POP KHMER (int. non identifié) “Srey no” (1970)
- CHANTS EPIQUES, POLITIQUES ET DE PROPAGANDE SOUS LE GVT DE MODIBO KEITA (1960-1968) « Mali et Guinée se sont donnés la main »
- HENRI SALVADOR “Dans mon île “ (1958)
- PIERRE TISSERAND "Nous aussi nous marchions” (BOF “ avoir 20 ans dans les Aurès” )(1972)
- AVI AVITAL & OMER AVITAL « Ana maghrebi » 

Intervenants
  • Maître de conférences en Histoire contemporaine à l’Université de Toulouse
  • Enseignante chercheuse à Paris-Sorbonne et à l'École militaire
  • Professeur d'histoire contemporaine à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne où il anime le Centre d’histoire de l’Asie contemporaine (CHAC), directeur de la revue Matériaux pour l’histoire de notre temps (BDIC)
  • historienne

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