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Entre rue Drouot et Rossini , à Paris, illustration par Renard et Henri Valentin, gravure par Best, Hotelin and Co, tiré de L'Illustration, Journal Universel, No 485, Volume XIX, 12 Juin , 1852
Épisode 2 :

Quelle place pour les voix humaines dans le Paris du XVIIIe siècle ?

52 min
À retrouver dans l'émission

Une promenade sonore en compagnie d'Arlette Farge dans quelques lieux emblématiques de la capitale pour faire entendre les voix du XVIIIe siècle.

Entre rue Drouot et Rossini , à Paris, illustration par Renard et Henri Valentin, gravure par Best, Hotelin and Co, tiré de L'Illustration, Journal Universel, No 485, Volume XIX, 12 Juin , 1852
Entre rue Drouot et Rossini , à Paris, illustration par Renard et Henri Valentin, gravure par Best, Hotelin and Co, tiré de L'Illustration, Journal Universel, No 485, Volume XIX, 12 Juin , 1852 Crédits : De Agostini Picture Library / Contributeur - Getty

Les bords de Seine sont les endroits les plus bruyants de Paris, pour beaucoup de raisons, ils y a d'abord tout le ravitaillement qui arrive par bateau, il y a énormément de ports, beaucoup plus qu'il n'en reste aujourd'hui, qui de toute façon maintenant sont presque abandonnés. Il y a un trafic très intense. C'est un bruit absolument infernal, amplifié en automne puis que c'est la saison où arrive par la Seine tous les troncs de bois qui vont en fait approvisionner Paris pour se chauffer. Et dans toute la largeur de la Seine, des ouvriers sautent de tronc en tronc avec des cris très spéciaux, des "aya ! aya !" pour se donner du courage, parce qu'il y a beaucoup d'accidents.
Arlette Farge

En 2009 Arlette Farge fait paraître Pour une histoire des voix, un essai dans lequel elle tentait à travers les archives de police et la littérature du XVIIIe siècle de retrouver les traces des “parlers” de l’époque et de la façon dont ces parlers sont ressentis, perçus et mentionnés dans les sources. Dans ce livre elle s’attachait aussi à faire comprendre la place de la voix dans la vie quotidienne et le paysage sonore des parisiens.

Celles de la noblesse dans les allées du jardin des tuileries, celle des lavandières sur les berges de la Seine, celles des enfants qui peuplent les rues, celles des artisans aux portes de leurs ateliers, celles des marchands ambulants qui arpentent les ruelles, celles des rixes et des disputes dans les garnis où l’on vit les uns sur les autres, celles des processions religieuses, celles des fous et des prisonniers qui s’échappent des murs des hôpitaux et enfin aussi celles des émeutes populaires.

Pendant tout le long du XVIIIème siècle, ces voix du peuple qui ont été méprisée et pas écoutée. On disait que c'était des borborygmes de gens qui n'avaient pas d'intelligence, aucune forme de pensée, qui s'ils se révoltaient c'était totalement instinctif, ça n'avait aucune importance. Il y a déjà une amorce de communautés, qui peuvent dans certains lieux de Paris, montrer une forme d'opposition, non seulement par la voix, mais aussi par l'écrit, par les pamphlets collés sur les murs, que les gens lisent à voix haute de toute façon pour ceux qui ne savent pas lire. Donc il y a ces gens sur des échelles qui vont lire aux autres les pamphlets commis pendant la nuit puisqu'on essaye de les coller le plus haut possible pour qu'ils ne soient pas arrachés. J'appellerais ça une effervescence, je n'irais pas plus loin parce que ce n'est pas encore une véritable cohésion sociale, elle ne peut pas encore exister étant donné les conditions de vie.  

Une promenade radiophonique de Perrine Kervran, réalisée par Renaud Dalmar

Intervenants
  • historienne spécialiste du 18e siècle, directrice de recherches en histoire au CNRS
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