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Histoire du cheval 2/4

52 min
À retrouver dans l'émission

Hippophagie

Un documentaire de Olivier Chaumelle, réalisé par Anne Fleury.

monument à la mémoire des morts de l'industrie chevaline
monument à la mémoire des morts de l'industrie chevaline Crédits : O. Chauvelle - Radio France
Emile Decroix, propagateur de la viande de cheval
Emile Decroix, propagateur de la viande de cheval Crédits : O. Chaumelle - Radio France

C'est une très belle histoire qui lie l'Homme au Cheval, et c'est une très étrange histoire qui nous lie à la viande chevaline, avec son cortège millénaire de croyances, de légendes, de mystifications, et d'arrangements politico-religieux : c'était la papauté qui, au VIIIe siècle, avait interdit cette viande païenne en Occident.

Un bon millénaire plus tard, les braves militaires des armées napoléoniennes ont admis qu’il était un peu dommage de crever de faim et de froid tout en laissant leurs montures congelées sur le sol de la Moscovie. Nombre d’entre eux n’ont dû leur salut qu’à l’hippophagie.

La première boucherie hippophagique de France ouvre en 1866 à Nancy, rapidement suivie par Paris et bien d’autres villes.

Le siège de Paris en 1870-71 et la terrible famine qu’il occasionne rompt à son tour le tabou.

Mais celui-ci demeure, et la consommation de viande de cheval reste marginale. De nos jours, elle stagne autour de 2 à 3% de la consommation totale de viande, recule parfois soudainement si Brigitte Bardot mène campagne sur le thème : « Le cheval, vous l’aimez en ami ? ou en rôti ? » ou reprend momentanément du muscle à la faveur de l’encéphalopathie spongiforme bovine. Plusieurs scandales ont donné raison à l’ancienne comédienne, où des transports de chevaux du bout du monde vers la France occasionnaient une mortalité des bêtes allant jusqu’à 10%, et dans des conditions véritablement épouvantables.

Le cheval ayant disparu du paysage agraire, n’étant plus utilisé que pour le sport et le loisir, on est bien forcé de constater que les races chevalines de nos contrées disparaîtraient si on ne les mangeait pas, car leur élevage n’aurait plus de sens.

Moi j’en mange – Moi je n’en mange pas – Pourquoi j’en mange ? – Pourquoi je n’en mange pas ? Il est bien difficile sur ce sujet de se départir d’une position militante.

Avec :

Michel Beaubois , président de la Ffédération de la Boucherie Hippophagique de France

Jean-Pierre Digard , anthropologue

Carole Ferret , ethnologue

François Landrieu , président de l’Académie de la Viande

Otis Lebert , restaurateur

Didier Nourrisson , historien

François Sigaut , anthropologue

Et la voix de Nathalie Duong

Provenance des textes lus dans l’émission :

Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire : Lettres sur les substance alimentaires et particulièrement sur la viande de cheval . V. Masson, Paris 1856

Dr Jean-François Robinet : Lettres sur l’hippophagie . L. Leclerc, Paris 1864

Émile-François Decroix : Avantages de l’hippophagie . Paris 1895

Louis Villain : Animaux et viandes de boucherie . L. Fournier, Paris 1910

Michel Jussiaux : Le cheval à la fin du XXe siècle . Hachette, Paris 1968

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