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"Nymphéas" (1898) de Claude Monet. Musée d'art du comté de Los Angeles

Impressionnisme 4/4 : 1886, la fin d'une aventure, le début de beaucoup d'autres

52 min
À retrouver dans l'émission

Dans ce débat de conclusion de notre semaine "Fabrique de l'histoire de l'art", nous nous demandons ce que le mouvement impressionniste a changé à la peinture.

"Nymphéas" (1898) de Claude Monet. Musée d'art du comté de Los Angeles
"Nymphéas" (1898) de Claude Monet. Musée d'art du comté de Los Angeles Crédits : C.C

Après la dernière exposition impressionniste, en 1886, le groupe des impressionnistes se disloque et commence à subir les critiques de peintres plus jeunes (néo-impressionnistes, nabis, symbolistes…).

Le néo-impressionnisme est d'une certaine façon un anti-impressionnisme. Adrien Goetz

Mais les impressionnistes eux-mêmes n'ont pas terminé leur carrière : Renoir et Monet continuent à peindre et leur style évolue. Le Monet des "Meules", des "Cathédrales" et plus encore des "Nymphéas" surprend et frappe de jeunes créateurs comme Kandinsky : "Ce n'est plus la peinture de chevalet mais un espace dans lequel on pénètre."

Monet intéresse notamment Kandinski qui se souvient avoir vu dans sa jeunesse une peinture - pas une représentation - de Claude Monet, une "Meule", et quand il est devant la peinture, il ne voit pas, il ne comprend pas ce que cela représente. Grand choc évidemment ! Il s'aperçoit que la peinture en soi est plus importante qu'une peinture qui représente quelque chose. Ce sont là les prémices de l'art abstrait. Denys Riout

Avec les impressionnistes, on ne peut plus parler d'histoire, c'est un des grands aspects à mon avis de la révolution impressionniste, véritablement une révolution de ce point de vue, on ne peut plus parler de sujet et du coup le sujet c'est la peinture, la peinture qui parle d'elle-même, qui se manifeste dans sa splendeur. Denys Riout

Si les surréalistes se construisent en grande partie contre cette tradition, plusieurs décennies plus tard une partie de l'école abstraite américaine (Elllsworth Kelly, Mark Rothko…) fait ouvertement allusion au dernier Monet comme source directe d'inspiration.

On peut souligner l'éloignement considérable de ces artistes qui sont encore vivants, notamment Monet qui meurt en 1926, avec les mouvements d'avant-garde de l'époque, les dadas notamment, qui quittent le peinture, qui inventent toutes sortes d'autres pratiques. Les premiers ready-made datent de 1913-1914 (...) tout cela envoie l'impressionnisme dans un passé extrêmement lointain, la peinture est en quelque sorte déjà terminée, il y a une autre histoire qui se met en place à ce moment-là. Il y a quelque chose d'un peu tragique pour les impressionnistes de continuer à peindre dans ce monde qui finalement leur tourne le dos. Denys Riout

Il y a quand même des artistes comme Matisse, Bonnard, Picasso qui ont continué à avoir un dialogue parfois conflictuel mais parfois fécond avec l'impressionnisme. Je pense qu'il n'y a pas seulement une ringardisation. Sylvie Patry

Intervenants
  • professeur émérite d'histoire de l'art moderne et contemporain, à l'Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne
  • Directrice de la conservation et des collections du musée d’Orsay à Paris
  • Historien de l'art, journaliste et écrivain, maître de conférences à l'université Paris 4-Sorbonne et membre de l'Académie des Beaux-Arts
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