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Imprimerie 1/3

53 min
À retrouver dans l'émission

En raison d’un appel à la grève par plusieurs organisations syndicales portant sur les difficultés budgétaires et la défense de l’emploi à Radio France, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l'intégralité de nos programmes habituels.

La grande grève du Parisien libéré

Un documentaire de Séverine Liatard et Anne Fleury

En février 1975, la direction du Parisien libéré décide en invoquant des difficultés financières de supprimer l’édition grand format du quotidien et de transférer hors de Paris l’impression de ses éditions régionales, afin de réduire ses coûts de fabrication.

Cette décision qui prend effet début mars entraîne la fermeture de l’imprimerie de la rue d’Enghien à Paris. La direction souhaite entamer rapidement une procédure de licenciement pour réaliser des économies de gestion : 300 personnes sur 600 que compte l’entreprise devraient être congédiées.

Il est assez clair dès le début du conflit qu’Emilien Amaury, le patron du Parisien , mais aussi de L’Equipe , Marie-Claire , Point de Vue et Carrefour , souhaite régler un vieux contentieux avec le Syndicat du Livre et en finir avec le monopole de l’embauche. Il utilise deux nouvelles imprimeries installées à Saint-Ouen et à Chartres qui travaillent avec des ouvriers affiliés à Force ouvrière.

Les travailleurs du Livre parisien sont effectivement regroupés au sein d’une fédération extrêmement puissante. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, il est convenu entre le secrétariat général à l’Information, le Syndicat du Livre parisien et la Chambre typographique que les organisations de la CGT auront la responsabilité de la fabrication des journaux. C’est dans ces circonstances que le contrôle syndical de l’embauche est confirmé à Paris.

Les ouvriers du Parisien se mettent en grève au mois de mai et grâce à la solidarité des Travailleurs de la presse et du Livre qui donnent 10% de leur salaire, les grévistes du Parisien vont survivre durant 28 mois. Une commission dite des « loisirs » planifie des équipes pour empêcher la parution du Parisien et sa diffusion. Il s’agit aussi d’alerter l’opinion sur le conflit, les grévistes organisent des manifestations régulièrement mais aussi des opérations médiatiques comme l’occupation de Notre-Dame, celle du paquebot France, l’ascension de l’arc de la porte Saint-Martin, l’occupation de la mairie de Saint-Etienne dont le maire est aussi Ministre du travail…. Une édition « Spéciale grève » ainsi que des tracts sont aussi distribués régulièrement un film « Libérez le Parisien » relate et rend compte de cette grève au jour le jour.

La grève du Parisien libéré prend place dans un contexte de crise économique qui se conjugue aussi avec une révolution technologique de l’imprimerie. Ce conflit sera l’un des plus longs et des plus dures que la presse française ait connu. Il se solde finalement par une victoire pour les travailleurs de la presse : des négociations entre le ministère du Travail et le syndicat du Livre aboutissent finalement durant l’été 1977. Le monopole de l’embauche détenu par la CGT est toutefois rediscuté

Avec Gérard Poulain (typographe au journal Le Monde ) Maurice Boivin (typographe au Parisien et délégué d’atelier) Maurice Lourdez ( responsable des actions de la commission des loisirs) Salvador Sanchez (typographe) Gérard Lancry (responsable du syndicat du Livre à Paris pendant le conflit) et Daniel Légerot (ancien secrétaire général du Comité intersyndical du livre parisien et aujourd’hui responsable de l’Institut CGT d’Histoire sociale du Livre parisien) Jacques Cruet (clicheur au Parisien et parmi les réalisateurs de Libérez le Parisien ).

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