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Nicolas Hulot a annoncé sa démission mardi 28 août / Dimanche 26 août, le pape François a employé le mot de « psychiatrie » au sujet de l'attitude à adopter vis-à-vis de l'homosexualité

Histoire & actualités

53 min
À retrouver dans l'émission

Dans l'actualité cette semaine, de la difficulté d'être un Ministre de l'Ecologie en France, et les scandales pédophiles qui secouent l'Eglise catholique...

Nicolas Hulot a annoncé sa démission mardi 28 août / Dimanche 26 août, le pape François a employé le mot de « psychiatrie » au sujet de l'attitude à adopter vis-à-vis de l'homosexualité
Nicolas Hulot a annoncé sa démission mardi 28 août / Dimanche 26 août, le pape François a employé le mot de « psychiatrie » au sujet de l'attitude à adopter vis-à-vis de l'homosexualité Crédits : Bertrand GUAY / Alberto PIZZOLI / AFP - AFP

Deux sujets au programme de cette émission consacrée à l'actualité, nous reviendrons à l'occasion de la démission de Nicolas Hulot sur la création du Ministère de l’environnement en 1971 en compagnie de Stéphane Frioux, maître de conférences à l’Université Lumière Lyon 2. Et pour commenter les récentes déclarations du Pape François et les affaires de pédophilie qui ont secoué les institutions cléricales catholiques cette semaine, l'éclairage de Sylvie Steinberg, directrice d'études à l'EHESS, dont Une histoire des sexualités vient de paraître aux PUF sous sa direction.

Une archive pour demain... La démission de Nicolas Hulot, un an après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire.

Le renoncement de Nicolas Hulot s’inscrit-il dans une longue tradition des ministres de l’Environnement ?

Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sur France Inter sa décision de quitter le gouvernement,
Nicolas Hulot a annoncé ce mardi sur France Inter sa décision de quitter le gouvernement, Crédits : Radio France

Stéphane Frioux : On retrouve dans les propos de Nicolas Hulot un certain nombre d’idées qu’exprimait déjà Robert Poujade dans son livre Le ministère de l’impossible publié en 1974 dans lequel il revenait sur son expérience de premier ministre de l’Environnement en France.

La démission de Nicolas Hulot révèle-t-elle une acculturation du politique à l’écologie qui ne serait toujours pas achevée ? Quel fut pourtant le bilan du premier ministère de l'Environnement en 1974 ?

Stéphane Frioux : La création du Ministère de l’Environnement marque le début d’une acculturation des Français, des élus, mais aussi des simples citoyens, qui se mettent à écrire au Ministère pour lui demander de défendre telle zone, de refuser tel projet de raffinerie. Durant les premiers mois qui suivent sa nomination, Robert Poujade reçoit des centaines de lettres qui témoignent que les Français attendent quelque chose de son Ministère. L’Environnement, on ne savait pas trop comment définir ce mot avant mais très vite, les Français se l’approprient, qui pour dénoncer une nuisance, qui pour défendre la création d'un parc national ou d'une réserve naturelle.

Bibliographie : n°262 de la revue Le Mouvement social (janvier-mars 2018), éditorial de Stéphane Frioux, "Jalons pour une histoire environnementale contemporaine"

Dimanche dernier, le Pape François s'est exprimé sur la question de l'homosexualité. Comment ces propos s'inscrivent-ils dans la longue histoire des discours normatifs de l'Eglise sur la sexualité ?

Sylvie Steinberg : A l’époque moderne, l’Eglise, les autorités ecclésiastiques, les confesseurs, les théologiens étaient les grands prescripteurs en matière de sexualité, de normes, de comportements, de pensée, d’attitudes, de procréation évidemment. C’est une chose que l’on n’a pas totalement oubliée même si aujourd’hui les déclarations du Vatican sur l’homosexualité ou des évêques sur la pédophilie ne sont plus qu’un élément parmi d’autres de tous les discours sur la sexualité qui peuvent être tenus mais certainement plus la principale source ni de norme ni débats sociaux.

Dans l’histoire religieuse, le discours de la répression et la pratique de la répression sont-ils toujours concomitants ?

Sylvie Steinberg : Loin de là. Pour ce qui concerne la sodomie par exemple, elle est théorisée juridiquement vers le XII-XIIIe siècle, c’est le moment à partir duquel le « crime sodomite » en tant que tel apparaît (qui en réalité recouvre un ensemble de pratiques : la sodomie hétérosexuelle, la sodomie homosexuelle, les relations entre femmes, la bestialité, voire la masturbation). Mais quand les historiens se sont penchés sur la réalité de la répression de ces crimes dits « abominables », « effroyables » et passibles de peines très graves, de la peine du feu, ils se sont rendu compte qu’elle était très fluctuante au cours des siècles. S’il y a bien des moments et des endroits de la répression - dans les cités italiennes au XVe siècle, dans la Genève calviniste du XVIe siècle, un petit peu à Paris - dans l’ensemble, la répression reste très en-deça de « l’énormité » du crime. Même pour les hommes. Quant aux femmes, la réalité de cette répression est quasi inexistante à cette époque.

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  • Maître de conférences en histoire contemporaine (Université Lumière-Lyon 2)
  • Historienne, spécialiste de l'époque moderne, directrice d'études à l’EHESS

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