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Expulsion de la religion des écoles, après la loi du 9 décembre 1905 sur la laïcité, France.
Épisode 3 :

Sur les traces de la laïcité et de sa défense

59 min
À retrouver dans l'émission

Afin de mieux comprendre ce qu'il se cache derrière la notion de laïcité, La Fabrique de l'histoire vous embarque pour une visite du bâtiment parisien de la Ligue de l'enseignement, organisation fondée en 1866 par Jean Macé et fer de lance de l'éducation populaire et laïque.

Marianne trônant dans une école élémentaire à Bourges, 2018
Marianne trônant dans une école élémentaire à Bourges, 2018 Crédits : Pierrick DELOBELLE - Maxppp

La Ligue de l'enseignement unique, créée en 1866 par Jean Macé, participa activement, dans les années naissant de la Troisième République, au développement de la notion de laïcité à la française. L'institution est installée depuis 1908 dans les mêmes locaux, rue Récamier à Paris. Des locaux fortement rénovés dont nous vous proposons une visite en compagnie de Jean-Paul Martin, historien de La ligue et enseignant en sciences de l'éducation à Lille III, Charles Conte, chargé de mission laïcité à la ligue, Paul Fahy et Albert Jenger, témoins et acteurs de cette même Ligue de l'enseignement depuis les années 1950. 

La ligue sera là où elle doit être, à proximité du ministère de l'Instruction publique, rue de Grenelle, dont elle constitue le prolongement, à côté de la Sorbonne, des grandes écoles et des maisons d'édition avec lesquelles ces rapports sont constants. L'emplacement est tout à fait approprié à ses relations et à ses besoins. Jean-Paul Martin, historien de la Ligue

A l'époque de son installation, en 1908, en pleine séparation de l'Etat de l'Eglise, les legs envers cette institution son bien perçus. C'est une façon de contrebalancer tous les dons qui étaient faits à l'Eglise auparavant. Donner à la Ligue de l'enseignement devient un moyen de montrer qu'on est un véritable laïc. 

Avant 1914, il y avait peu de subventions publiques. Il faut déjà le rappeler, l'Etat était libéral, comme on dit, et subventionnait peu les associations privées, même quand elles étaient amies. Ce qui était le cas de la ligue sous la Troisième République. Donc, effectivement, quand on regarde les budgets de la Ligue, on s'aperçoit que les financements privés sont beaucoup plus importants avant 1914. Le problème, c'était de trouver des bienfaiteurs. Souvent, les legs étaient faits pour une raison précise, avec une destination précise. Jean-Paul Martin, historien de la Ligue

Au fil des années, la Ligue de l'enseignement va trouver un écho au-delà de la capitale. Des succursales vont être créées en France, en Europe et même au Québec, où ces questions de laïcité et de formation des citoyens commencent à émerger.

Dans un contexte de guerre internationale larvée, fin XIXe et début XXe, avec un rapport à l'étranger et la perte de l'Alsace-Lorraine à la fin de la guerre de 1870, la Ligue de l'enseignement va opérer un tournant patriotique. "Pour la patrie, par l'épée et par le livre" devient le slogan de l'institution, qui compte forger des citoyens conscients, capables de reconquérir ce qui a été perdu.  

La Ligue de l'enseignement a toujours pensé en termes non pas de propagande, mais de popularisation de ses idées grâce à des moyens plus modernes de reconnaissance et de popularisation. 

C'est un mouvement d'action je dirais, par rapport à d'autres mouvements laïcs qui sont des sociétés de pensée avec lesquelles elle peut avoir des liens. Par ailleurs, la franc-maçonnerie, la libre pensée et la Ligue se caractérisent par un souci du concret, un souci pratique de vrai sur le terrain. C'est sa caractéristique fondamentale. Jean-Paul Martin, historien de la Ligue

En 2005, le Ligue de l'enseignement recevait de très nombreuses demandes de colloques, de conférences, de publications... Un constat qui fait dire à Charles Conte, chargé de mission laïcité à la Ligue, que les questions de laïcité font parties des préoccupations contemporaines. Il conclut par une définition de la laïcité : 

La laïcité, ce n'est pas la neutralité. (...) La fonction publique ne prend pas position, bien évidemment, et n'affiche même pas les positions des divers agents, des administrations, des services publics. Et l'Etat lui même n'est pas confessionnel, bien évidemment. En ce sens, évidemment, la laïcité, c'est la neutralité. Mais au-delà de ça, au contraire, la laïcité c'est une série d'engagements très profonds, philosophiques et notre engagement principal, celui dans lequel nous nous illustrons tout particulièrement, c'est celui de l'éducation populaire, qui est tout sauf neutre. Charles Conte, chargé de mission laïcité à la Ligue

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