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Thiaroye, d'Alexandra Badea; Katie de Christine Wunnicke; Concombres amers de Séra

Tribune des 440 historiennes, spectres de la violence coloniale, du génocide khmer et de l'Angleterre victorienne au programme de cette table ronde fiction

52 min
À retrouver dans l'émission

Littérature, théâtre et bande-dessinée seront au menu des échanges de cette table ronde fiction qui réunit les historiens Pascal Ory, Clyde Plumauzille et Etienne Anheim autour d'Emmanuel Laurentin et de Victor Macé de Lépinay.

Thiaroye, d'Alexandra Badea; Katie de Christine Wunnicke; Concombres amers de Séra
Thiaroye, d'Alexandra Badea; Katie de Christine Wunnicke; Concombres amers de Séra Crédits : Simon Gosselin

En ce premier vendredi du mois, retour de la table ronde fiction de La Fabrique de l'histoire. Au programme : la pièce « Point de non-retours [Thiaroye] » d’Alexandra Badea (au Théâtre de la Colline jusqu’au 14 octobre), le roman de Christine Wunnicke Katie (Jacqueline Chambon, 2018), et la bande-dessinée de Séra Concombres amers (MARAbulles, 2018). Une table ronde "en compagnie des spectres" puisque surgis du Sénégal de 1944, du Londres de 1870 ou encore du Phnom Penh de 1970, les fantômes viennent à la rencontre d'Emmanuel Laurentin et de Victor Macé de Lépinay, entourés des historiens Pascal Ory, Clyde Plumauzille et Etienne Anheim.

L'avis des critiques

Tout est politique dans la vie même l’amour. On ne peut pas aimer dans un sens contraire à nos existences, on aime comme on pense le monde. Je ne cherche pas l’émotion, je cherche la raison, la raison froide qui donne à l’homme la possibilité de réfléchir, la liberté de penser par lui-même, la force de prendre les idées qui orientent le monde vers la direction qu’il sent juste. Alexandra Badea, Thiaroye

Victor Macé de Lépinay : Avec Thiaroye, Alexandra Badea prend au pied de la lettre l’injonction qui lui a été faite lors de sa cérémonie de naturalisation : «assumer l’histoire de la France, avec ses moments de grandeur et ses coins d’ombre». Et pose la question que faire avec son histoire ? Est-ce qu’il faut la « connaître », « l’assumer », comment se construit-on avec une histoire qui comporte des secrets, une histoire traumatique ?

Emmanuel Laurentin : Alexandra Badea pose la question d’une sorte d’épigénétique de la violence coloniale : comment continue-t-on à porter un massacre comme celui-ci jusqu’à aujourd’hui, pas seulement psychologiquement mais aussi jusque dans les corps.

Pascal Ory : Le massacre de Thiaroye du 1er décembre 1944 est au centre de violents débats historiographiques. On est dans une situation très tendue, certains historiens se sont même retrouvés devant les tribunaux. Une polémique justifiée parce que le Sénégal notamment n'a toujours pas ouvert ses archives.

#Sénégal #mémoire #identité #métissage

« Pour Katie, délivrée de l’ennui, l’attente commença. Charles II mourut, Port-Royal fut engloutie par la mer, la Reine Anne mourut. Les colonies américaines proclamèrent leur indépendance. Katie attendait toujours. Mr Whitney déposa le brevet de l’égreneuse de coton, le duc de Wellington défit Napoléon à Waterloo. On inventa la photographie. La Reine Victoria monta sur le trône. On télégraphia par-delà l’océan. On découvrit le thalium. Le chemin de fer relia Caersws à Llanidloes en passant sous la Tamise. Katie attendait toujours. » Christine Wunnicke

Clyde Plumauzille : Esprit es-tu là ? Il est bien là ! Christine Wunnicke joue avec les codes du roman gothique anglais, on est parfois à la limite du BDSM quand on cloue les nattes de cette pauvre Florence Cook et qu’elle demande d’être attachée plus fort : « Serrez-moi plus fort ! »

#Florence Cook #William Crookes #démon de Maxwell #pseudosciences #spectre

Les Concombres se veulent une relecture critique de la lignée royale et du roi Norodom Sihanouk, monarque, puis chef de l’Etat entre 1941 et 2004. Il s’agit d’un retour sur les années méconnues qui ont précédé la guerre de 1970. Les héritiers de ce jardinier-roi, de par leurs actions, ont semé la tragédie sur la terre khmère dans les années 60 et 70 : les concombres doux ont viré à l’amer. » Séra

Etienne Anheim : Avec des citations d’archives, des Une de journaux, des portraits, des témoignages, ce roman graphique joue avec le modèle du documentaire historique, une forme sobre, sèche mais en même temps portée par un magnifique graphisme. Chaque planche est comme un tableau qui déploie le récit d’une mécanique implacable, d’un engrenage qui va aboutir à l’un des génocides les plus terribles du XXe siècle. Mais celui-ci reste hors champ : Concombres amers s’achève au moment où les Khmers Rouges prennent le pouvoir.

Musiques diffusées

  • Meissa, Thiaroye
  • Prum Manh, Two wives are twice the pro

Liens

Chroniques
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Le 9 août 1945, le journal Ce soir publie le premier récit de la disparition de Hiroshima

Bibliographie

Christine Wunnicke, Katie

KatieChristine WunnickeJacqueline Chambon, 2018

Séra, Concombres amers

Concombres amers SéraMarabulles, 2018

Intervenants
  • Directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, directeur de la Revue "Les Annales"
  • professeur émérite d’histoire à la Sorbonne
  • Secrétaire générale et chercheuse du LabEx, Ecrire une Histoire Nouvelle de l'Europe.
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