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Une jeune femme appartenant aux F.F.I, armée d'une mitrailleuse, participe à une bataille de rue à Paris, lors de la Libération en août 1944
Épisode 1 :

Jean-Pierre Azéma : "La Libération, c'est la renaissance de la démocratie."

52 min
À retrouver dans l'émission

Les grandes commémorations peuvent être l’occasion de mises au point historiographiques comme on a pu le constater en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française. 2014 permettra-t-elle aussi un aggiornamento sur la vision que l'on a de la Libération, ou plutôt des libérations ?

Une jeune femme appartenant aux F.F.I, armée d'une mitrailleuse, participe à une bataille de rue à Paris, lors de la Libération en août 1944
Une jeune femme appartenant aux F.F.I, armée d'une mitrailleuse, participe à une bataille de rue à Paris, lors de la Libération en août 1944 Crédits : Keystone-France / Gamma - Getty

Première partie. Actualité : Le référendum écossais

Emmanuel Laurentin s'entretient avec Nathalie Duclos, maîtresse de conférences en civilisation britannique à l’université de Toulouse 2-Jean Jaurès, autrice de L’Ecosse en quête d’indépendance ? Le référendum de 2014 (PUPS) qui apporte un éclairage historique sur le référendum écossais.

Deuxième partie : 70e anniversaire de la libération de France

La France ne s’est pas libérée en un jour. Si Paris et beaucoup de villes ont été libérées en août 1944, le reste du territoire est libéré progressivement et avec beaucoup de difficulté jusqu’au 8 mai 1945. Strasbourg ou encore les poches de l’Atlantique connaîtront ce destin de libération différé. A l'occasion du 70e anniversaire de la libération de France, Emmanuel Laurentin et Anaïs Kien s'entretiennent avec Jean-Pierre Azéma, historien, président du Comité historique de la Mission interministérielle du 70e anniversaire de la Libération.

Jean-Pierre Azéma : L’histoire du temps présent est une histoire avec témoins, certains sont encore là et c’est très précieux, c’était le moment aujourd'hui de les entendre nous rappeler 70 ans après, à quel point cet événement avait été fondamental : le rétablissement de la démocratie qui était en 1940 vilipendée, décriée, qu’on disait impuissante face au progrès des régimes fascistes, voire du régime stalinien. Or voilà qu’en France, la démocratie va renaître, le pays va redémarrer et poursuivre avec les Alliés cet objectif de destruction de la vérole européenne que sont le fascisme et le nazisme.

Emmanuel Laurentin : Les grandes commémorations sont parfois l’occasion de mises au point historiographiques comme on a pu le constater en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française avait donné lieu à une énorme production scientifique. Pensez-vous que cette année 2014 permettra aussi une sorte d’aggiornamento sur la vision que l'on a de cette période 1944-1945 qui marque le établissement des pouvoirs ?

Jean-Pierre Azéma : Cette commémoration marque une évolution des préoccupations, on le voit notamment parce qu’elle dirige le projecteur sur la place de la France libre, que l’on avait un peu oublié. Pour beaucoup de Français, les Français libres étaient des résistants. Les travaux de Jean-Louis Crémieux-Brilhac viennent désormais éclairer ce sujet d’un jour nouveau. D’autre part, je pense qu’il y a encore une dizaine d’années, on aurait été obsédé par les problèmes du Parti communiste français, on se serait demandé comment il a désarmé, comment il a voulu prendre le pouvoir à la Libération. On comprend aujourd’hui que le PCF a peut-être été tenté de s'emparer du pouvoir mais n’a pas été au-delà. Il s’est mis en position de force pour l’après, mais quelque chose a beaucoup pesé dans le rapport de forces, c’est la politique menée par Staline.

Intervenants
  • Professeur émérite à Sciences Po.
  • maître de conférences en civilisation britannique à l’université de Toulouse 2-Jean Jaurès
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