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Le réalisateur René Clément dirigeant une scène de son film "Paris brûle-t-il ?" en 1965
Épisode 4 :

Les représentations de la Libération au cinéma

52 min
À retrouver dans l'émission

Comment la libération de la France s’est-elle accompagnée de nombreuses images à la fois documentaires et de fiction ? Comment s’est préparée la prise de pouvoir sur les images avant même la Libération ? Comment fonctionnait le cinéma à la fin de l’Occupation ?

Le réalisateur René Clément dirigeant une scène de son film "Paris brûle-t-il ?" en 1965
Le réalisateur René Clément dirigeant une scène de son film "Paris brûle-t-il ?" en 1965 Crédits : Alain Nogues / Sygma - Getty

Comme pour la radio, on peut faire l’histoire de la Libération à partir de l’histoire de son cinéma, les images étant des sources, des éléments de compréhension, mais étant aussi des agents de l’histoire qui agissent sur l’événement lui-même. 

Emmanuel Laurentin et Anaïs Kien s’entretiennent avec Sylvie Lindeperg et Jean-Pierre Bertin-Maghit.

Anaïs Kien : Environ 200 films seront produits en France pendant les quatre années d’occupation. Que peut-on dire de cette période si particulière de production ?

Jean-Pierre Bertin-Maghit : En 1940, le cinéma devient l'affaire du gouvernement de Vichy, ce qui va créer une rupture profonde au sein du monde du cinéma français. Le cinéma est en crise, les professionnels demandaient une organisation du secteur. A l’époque, il n’y avait pas de structures corporatistes relatives à sa législation, l’industrie cinématographique relevait de pas moins de sept ministères différents. A la Libération, on assiste à l’affrontement de deux discours, entre ceux qui ont l’impression d’avoir vécu une sorte d’âge d’or, une période de grande liberté. Certains cinéastes pensent en effet qu’ils ont réussi à faire des chefs-d’œuvre, que contrairement à d'autres pays européens occupés, ils n’ont pas été obligés de faire des films de propagande, enfin que pendant cette période ils n’ont plus eu à subir la concurrence des films anglo-saxons, donc il y a d’un côté un discours de satisfaction pour un grand nombre d’entre eux. De l’autre, au contraire, il y a les cinéastes qui pensent que 1945 représente l’année de tous les espoirs pour le cinéma.

Intervenants
  • Professeur en études cinématographiques à la Sorbonne nouvelle Paris3, membre de l’Institut universitaire de France
  • historienne française, docteure en histoire et diplômée de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, spécialiste de la seconde guerre mondiale et de l’histoire du cinéma.
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