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Prétentions du libéralisme
Épisode 1 :

Les fausses prétentions du libéralisme

52 min
À retrouver dans l'émission

Le libéralisme est-il vraiment synonyme de liberté ? Selon Domenico Losurdo, il s'agit d'une fausse narration construite par les libéraux eux-mêmes.

Prétentions du libéralisme
Prétentions du libéralisme Crédits : duncan1890 - Getty

En première partie de l'émission, avant de rentrer de plain-pied dans la thématique de cette série sur le libéralisme, c'est de la réflexion sur l'histoire par Serge Gruzinski, au travers des différents récits dans le cinéma, le jeux vidéos, etc. qu'il sera question.  

C'est beaucoup trop simple de rester, dans notre rapport aux jeux-vidéos par exemple, à la question de si c'est vrai ou non, de si c'est authentique ou non. Ce qui est important c'est que chaque individu qui a accès à ces programmes peut produire un passé, créer ses civilisations ou les détruire, c'est une dimension qu'un historien aujourd'hui ne peut pas ignorer. Parce qu'entre une diffusion qui est excessivement restreinte, même une émission comme la vôtre qui reste circonscrite à certain milieux, ces médias constituent pour beaucoup des nouvelles générations, le seul rapport qu'elles auront avec leur passé. Ce qui est nouveau aujourd'hui, parce qu'on est dans le monde du virtuel, c'est qu'il n'y a plus de médiateur en quelque sorte qui vient interpréter une version du passé, mais la possibilité pour chacun de nous de le construire, de le refaire. 

Dans la seconde partie, c'est à partir du livre Pour une contre-histoire du libéralisme de Domenico Losurdo que la série sur le libéralisme est lancée. Ouvrage critique, pour son auteur, l'histoire racontée par les libéraux ne correspond pas à la réalité historique.

Si nous considérons l'histoire des pays qui sont les plus liées à l'histoire du libéralisme, c'est-à-dire la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, nous voyons que ce sont les pays qui sont le plus impliqués dans l'histoire de l'esclavage. Pour ce qui concerne l'Angleterre libérale issue de la Glorious Revolution à la fin du XVIIe siècle, nous voyons que le premier acte politique international de l'Angleterre libérale, c'est d'attraper le monopole de la traite des esclaves noirs. Et pour ce qui est des Etats-Unis, l'esclavage a duré très longtemps.      
Domenico Losurdo

Pour l'auteur, les conséquences de l'esclavagisme sapent toute prétention que le libéralisme a quant au progrès. 

C'est Tocqueville lui-même qui nous explique que lorsqu'un maître blanc avait un enfant avec une de ses esclaves, la condition était terrible, il devait choisir entre l'exil ou accepter que son enfant devienne esclave. C'est-à-dire que même les propriétaires étaient contrôlés et persécuté dans la chambre à coucher. Il n'y a pas de sens à parler ni de démocratie, ni de libéralisme. Il y a des auteurs contemporains de Tocqueville et même avant de la fondation des Etats-Unis, qui utilisaient d'autres catégories : ils parlaient d'aristocratie raciale, de noblesse de peau. 

Domenico Losurdo reconnaît toutefois quelques avantages au libéralisme.

Le grand mérite du libéralisme a été de penser la limitation du pouvoir, tandis que Marx par exemple a pensé la disparition du pouvoir et dans dans ce cas par exemple, le libéralisme était correct.

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